<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709</id><updated>2011-07-08T03:27:22.464-07:00</updated><title type='text'>Club-poemes Azadunifr</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>62</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-9155740428495619154</id><published>2009-11-18T09:49:00.001-08:00</published><updated>2009-11-18T09:49:36.939-08:00</updated><title type='text'>la poesie contemporain francais</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;la poesie contemporain francais&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en 1997 jean-pierre Depertis a classifié comme suis les différent théses inscrites sur la poésie contemporaine :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.« La poésie contemporaine ». L'adjectif ici est très important. Si l'on ne dit pas qu'elle est « contemporaine », on ne sait plus très bien de quoi il s'agit. Il n'est pas essentiel cependant de savoir de quoi elle est « contemporaine ». Elle est « contemporaine », c'est tout.&lt;br /&gt;Ça veut surtout dire qu'elle n'est pas un genre littéraire. « Poésie » seule laisse entendre qu'on parle d'un genre : la versification. Pas « poésie contemporaine ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Comment expliquer mieux ce qu'on doit entendre par « poésie contemporaine » ?&lt;br /&gt;Disons que, quoi qu'on écrive, on peut toujours le faire innocemment, sans trop se demander ce qu'on fait. On peut être un bon romancier, par exemple, ou un bon philosophe, un bon historien, sans n'avoir jamais pensé sérieusement ce qui signifiait et supposait écrire de la littérature, de la philosophie ou de l'histoire.&lt;br /&gt;On ne peut faire de la poésie contemporaine innocemment. C'est impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Pourquoi ? Justement parce que la poésie contemporaine, d'abord, n'est pas un genre littéraire. On ne peut donc se contenter d'imiter, d'appliquer, d'employer des règles, des moyens, avec technique ou intuition. C'est impossible.&lt;br /&gt;Cela apparaîtrait immédiatement idiot, si l'on tentait de donner un « genre poésie contemporaine ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. La poésie contemporaine est obligée de savoir ce qu'elle fait. (Je ne veux pas dire savoir ce qu'est la poésie contemporaine et l'expliciter, ce qui serait aussi idiot.) Elle est obligée d'avoir quelques réponses sur ce que signifie utiliser la langue, un langage. Elle est obligée d'être critique du langage, de l'énonciation…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. C'est pourquoi « la poésie contemporaine » est nécessairement « contemporaine ». Tout énoncé étant nécessairement contemporain de quelque chose, il ne peut être critiqué ou devenir critique qu'en étant mis explicitement en relation avec sa contemporanéité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6. La poésie est devenue « contemporaine » au moins depuis Mallarmé peut-être depuis Rimbaud et Lautréamont. Et elle est devenue vraiment très « contemporaine » depuis la Première Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;On pourra observer que plus elle est « contemporaine », moins elle est un genre littéraire. Il peut sembler que « la poésie contemporaine » soit devenue moins « contemporaine » qu'à ses débuts. Il n'en est rien. La poésie qui n'est pas « contemporaine » n'est tout simplement pas de « la poésie contemporaine ». Il n'est pas toujours essentiel de trier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7. La poésie contemporaine commence là où l'énoncé éveille sur lui-même le soupçon.&lt;br /&gt;Et elle continue si elle est capable d'avancer ainsi sans se casser la figure (de style), en faisant vaciller les systèmes de représentation et leurs rapports au réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8. Dire seulement « poésie contemporaine », envisager qu'il y ait, qu'il puisse y avoir « poésie contemporaine » est déjà poser implicitement une critique de la raison discursive. C'est jeter un soupçon sur toute forme d'énoncé, pas seulement littéraire, mais aussi scientifique, juridique, philosophique, religieux, politique…&lt;br /&gt;Dire « poésie contemporaine » est déjà s'embarquer dans la poésie contemporaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9. « Je vois, la poésie contemporaine c'est se prendre la tête quand on prend la plume. -Non, c'est plutôt prendre son pied. Les pieds sont plus important que la tête, et pas seulement pour versifier. C'est d'abord savoir où on les met, partir de là, et avancer. »&lt;br /&gt;Etre « contemporain » c'est être « en même temps que », être là, dans le moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10. Faire de la poésie contemporaine, c'est placer l'énoncé dans le moment, le réel, en faire un acte, et non faire entrer le moment, le réel, dans l'énoncé.&lt;br /&gt;C'est tout bête en somme, c'est à la portée d'un enfant, mais ça chasse une illusion : celle de croire que le réel serait entré dans l'énoncé. Tout discours qui prétend énoncer le réel sans mettre en cause son rapport au réel, sa contemporanéité, s'en trouve démasqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11. En un sens, l'acte de poésie contemporaine peut bien se faire naïvement — l'acte initial, le premier pas —, et même se poursuivre naïvement, avec candeur : il ne chasse pas moins une illusion, une innocence qui peut aussi bien être érudite et retorse.&lt;br /&gt;Dans la poésie contemporaine, la naïveté ne saurait être innocente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12. La poésie est futile. Toute poésie est futile. Quiconque est convaincu de l'importance de ce qu'il énonce ne se soucie ni de figure, ni de métrique. Et pourtant tout énoncé est fait de figures et de métrique. S'en rendre compte est sortir de l'innocence de l'énonciation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;13. Prends des énoncés qui en principe ne sont pas futiles : Les Cantiques de Salomon, la Sutra de la Terre Pure, les discours de Robespierre à l'assemblée, le Tao Teu King, le Traité de la Lumière de Descartes, le Coran… On peut les lire en ignorant leur poétique ou en y étant attentif. Et la lecture peut en être profondément changée.&lt;br /&gt;La poésie est futile, et une attention à la poétique de textes qui ne sont pas poétiques peut être sentie comme une « profanation ». Mais l'ignorance de leur poétique ne cache-t-elle pas qu'on en serait seulement dupe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14. La poésie contemporaine est le remède à toute idolâtrie.&lt;br /&gt;Il peut y avoir une idolâtrie de la poésie contemporaine — il y en a une, c'est certain — mais pas de poésie contemporaine idolâtre.&lt;br /&gt;Même si le poète contemporain voulait être idolâtre, il ne serait qu'ironique, sauf à cesser d'être poète, ou contemporain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15. La poésie contemporaine ne peut être enseignée, si ce n'est sa petite histoire, les anecdotes de la poésie contemporaine.&lt;br /&gt;Enseigner la poésie contemporaine pourrait être enseigner une certaine philosophie du langage. Mais aucune philosophie du langage n'est la poésie contemporaine, et l'enseignement de la poésie contemporaine devrait apprendre à la pratiquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16. Enseigner la poésie contemporaine serait apprendre à faire tomber les soupçons sur l'énonciation. Le maître devrait donc commencer par les faire tomber sur la sienne.&lt;br /&gt;Lin Tsi aurait été un bon professeur de poésie contemporaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;17. On a cru quelquefois que la poésie était chose sérieuse, grave et profonde. Elle n'est que métrique et figures. Comment se soucier d'artifices aussi futiles quand on songe à des choses sérieuses ?&lt;br /&gt;Autant attendre que, d'intenses émotions, de claires conceptions, de précises perceptions, de pleines compréhensions… les mots justes coulent d'eux-mêmes. On n'attendrait d'ailleurs pas en vain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;18. La question n'est pas là. Plutôt est-elle : comment sentir, voir, concevoir, percevoir… avec assez d'acuité ?&lt;br /&gt;Et la langue peut en être un outil efficace.&lt;br /&gt;C'est ainsi que la poésie est devenue contemporaine &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie a depuis toujours été le lien reliant l’homme à son âme. Une voix qui s’échappe de l’être dépassant les frontières et le temps. Au Coin de la Poésie a pour but de partager avec vous l’amour des mots, la magie du verbe. Un poème ou un texte poétique vous sera offert périodiquement. L’œuvre choisie sera accompagnée d’une note biographique sur l’auteur ou auteure. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Lynne Dunn&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La mort des amants&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,&lt;br /&gt;Des divans profonds comme des tombeaux,&lt;br /&gt;Et d’étranges fleurs sur des étagères,&lt;br /&gt;Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.&lt;br /&gt;Consumant dans l’extrême nos chaleurs dernières&lt;br /&gt;Nos deux cœurs brilleront comme deux vastes flambeaux,&lt;br /&gt;Qui réfléchiront leurs doubles lumières,&lt;br /&gt;Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.&lt;br /&gt;Un soir fait de rose et de bleu mystique,&lt;br /&gt;Nous échangerons un éclair unique&lt;br /&gt;Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;&lt;br /&gt;Et plus tard un ange, entrouvrant les portes,&lt;br /&gt;Viendra ranimer, fidèle et joyeux,&lt;br /&gt;Les miroirs ternis et les flammes mortes.&lt;br /&gt;Charles Beaudelaire&lt;br /&gt;Charles Beaudelaire est né à Paris en 1821 et il y est mort en 1867.&lt;br /&gt;Du Romantisme, Beaudelaire hérite la vision du poète en marge de la société humaine, plus près de Dieu ou de Satan que du monde terrestre.&lt;br /&gt;Son œuvre montre bien son détachement matériel et sa recherche de la spiritualité.&lt;br /&gt;Savanes infinies&lt;br /&gt;savanes infinies qu’on croyait éteintes depuis toujours&lt;br /&gt;la tendresse des fruits que nous mangeons vient&lt;br /&gt;sans jamais cesser d’éveiller un travail&lt;br /&gt;rendu visible un cou évitant pour mieux jouer&lt;br /&gt;la gorge tremble accrochée aux frémissements&lt;br /&gt;qui la font basculer en rêve sans répit&lt;br /&gt;entendre l’énergie de cette rivière insensée&lt;br /&gt;qui court se régénère et nous poursuit&lt;br /&gt;rompue qui finit par se diviser&lt;br /&gt;pied des monts selon qu’on arrive on repart&lt;br /&gt;le secret de ces repaires encore mal détachés&lt;br /&gt;la visite rythmée par la frappe la promesse&lt;br /&gt;d’un avenir projeté et morcelé dans le récit~&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;François Charron (1952 -…)&lt;br /&gt;Né à Longueuil au Québec, poète, essayiste, il se destine d’abord à l’enseignement, puis en 1977 il se consacre entièrement à la littérature.&lt;br /&gt;Auteur de nombreux recueils, récipiendaire de plusieurs prix littéraires, sa poésie s’ouvre au cheminement de l’être. Le temps, la langue, la communauté, l’identité sont les thèmes les plus souvent abordés.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Savanes infinies&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;savanes infinies qu’on croyait éteintes depuis toujours&lt;br /&gt;la tendresse des fruits que nous mangeons vient&lt;br /&gt;sans jamais cesser d’éveiller un travail&lt;br /&gt;rendu visible un cou évitant pour mieux jouer&lt;br /&gt;la gorge tremble accrochée aux frémissements&lt;br /&gt;qui la font basculer en rêve sans répit&lt;br /&gt;entendre l’énergie de cette rivière insensée&lt;br /&gt;qui court se régénère et nous poursuit&lt;br /&gt;rompue qui finit par se diviser&lt;br /&gt;pied des monts selon qu’on arrive on repart&lt;br /&gt;le secret de ces repaires encore mal détachés&lt;br /&gt;la visite rythmée par la frappe la promesse&lt;br /&gt;d’un avenir projeté et morcelé dans le récit&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;François Charron&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le soleil brillera demain&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Ce matin il pleuvait sur la ville&lt;br /&gt;Et ton cœur est mouillé de chagrin&lt;br /&gt;Car le soleil a gagné l’exil&lt;br /&gt;Et ton amour le même chemin&lt;br /&gt;Tu refuses d’ouvrir les paupières&lt;br /&gt;T’as fermé ta fenêtre à la vie&lt;br /&gt;Tu ne respires plus que de la poussière&lt;br /&gt;Tu ne crois plus à la poésie&lt;br /&gt;Mais le soleil brillera demain&lt;br /&gt;Ses rayons forceront ta fenêtre&lt;br /&gt;Tu sentiras en toi tout renaître&lt;br /&gt;Et la vie te tendra la main&lt;br /&gt;Quant à l’amour que tu as perdu&lt;br /&gt;C’est peut-être aussi bien de la sorte&lt;br /&gt;Et dis-toi que la vie t’emporte&lt;br /&gt;T’emporte vers un cœur inconnu&lt;br /&gt;Monsieur Soleil depuis quelque temps&lt;br /&gt;A séché les pavés de la ville&lt;br /&gt;Et la fillette au bras d’un amant&lt;br /&gt;Se promène, amoureuse et fragile&lt;br /&gt;Moi, je la regarde tristement&lt;br /&gt;À mon tour, j’ai perdu le sourire&lt;br /&gt;Mais c’est elle qui est là pour me dire&lt;br /&gt;Avec un petit air d’enfant&lt;br /&gt;Le soleil brillera demain&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Gauthier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Claude Gauthier (1939…)&lt;br /&gt;Né au Lac-Saguay dans les Laurentides. auteur, compositeur, chanteur, comédien, il fit ses débuts à l’époque des Boîtes à chansons.&lt;br /&gt;Il remporte en 1961 avec sa chanson Le soleil brillera demain, le concours Les Étoiles de demain à CKVL ce qui donne le coup d’envoi à une belle et fructueuse carrière.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Profondeur de rêve&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Tout l’eau des solitudes&lt;br /&gt;Et le sable lent, lisse à souhait&lt;br /&gt;Dans l’instant ou ton être a surgi .&lt;br /&gt;L’ombre jetée sur la mer. pâle&lt;br /&gt;Comme un débris de couleur&lt;br /&gt;L’ouvrage agrandi de tes prunelles&lt;br /&gt;Dans le sang suspendu aux embruns .&lt;br /&gt;L’or pris à la gorge, l’or rare&lt;br /&gt;Des feuilles captives du vent .&lt;br /&gt;Le grand désordre des graminées&lt;br /&gt;Dans le bois des avalanches endormies .&lt;br /&gt;Quand épée de pluie, phares,&lt;br /&gt;frondes, herses, pales, pics&lt;br /&gt;et couteaux de chair vive ,&lt;br /&gt;sous l’abondance de ciels troués&lt;br /&gt;plantent leurs larmes, leurs crocs de lumière&lt;br /&gt;dans le ventre lacéré des écorces&lt;br /&gt;en arrachant un cri à la hauteur du temps&lt;br /&gt;du feu porté aux fleurs de l’écume&lt;br /&gt;pour disparaître avec l’épave des nuits&lt;br /&gt;dans la fournaise blanche de mes songes.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Éric Allard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Éric Allard (1959 - ….)&lt;br /&gt;Né à Charleroi en Belgique, il est professeur de mathématiques.&lt;br /&gt;Il nous offre des poèmes inspirés par l’amour et la nature. &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le secret &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Tout au fond de l’océan&lt;br /&gt;Gît un coquillage arc-en-ciel,&lt;br /&gt;Il est là, toujours, brillant paisiblement&lt;br /&gt;Sous les plus hautes vagues des tempêtes&lt;br /&gt;Comme sous les bienheureuses vaguelettes&lt;br /&gt;Que le vieux Grec appelait rides de rire.&lt;br /&gt;Écoute – tout au fond de l’océan&lt;br /&gt;Le coquillage arc-en-ciel chante,&lt;br /&gt;Il est là, toujours, chantant silencieusement.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Katherine Mansfield&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Née à Wellington en Nouvelle Zélande, son premier ouvrage fut publié alors qu’elle n’avait&lt;br /&gt;que 9 ans.&lt;br /&gt;Ses écrits mettent en relief sa grande solitude et l’étroitesse d’esprit de la société dans&lt;br /&gt;laquelle elle évoluait. Elle fut fortement influencée par Anton Chekhov. &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Lettre &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Tu m’as dit si tu m’écris&lt;br /&gt;Ne tape pas tout à la machine&lt;br /&gt;Ajoute une ligne de ta main&lt;br /&gt;Un mot un rien oh pas grand chose&lt;br /&gt;Oui oui oui oui oui oui oui&lt;br /&gt;Ma Remington est belle pourtant&lt;br /&gt;Je l’aime beaucoup et travaille bien&lt;br /&gt;Mon écriture est nette est claire&lt;br /&gt;On voit très bien que c’est moi&lt;br /&gt;qui l’ai tapée&lt;br /&gt;Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire&lt;br /&gt;Vois donc l’œil qu’à ma page&lt;br /&gt;Pourtant, pour te faire plaisir j’ajoute&lt;br /&gt;à l’encre&lt;br /&gt;Deux trois mots&lt;br /&gt;Et une grosse tache d’encre&lt;br /&gt;Pour que tu ne puisses pas les lire. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Blaise Cendrars&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Poète et nouvelliste, né à Chaux-de-Fonds en Suisse, il quitta le foyer paternel à l’âge de 15 ans et se rendit à Moscou.&lt;br /&gt;Il est considéré comme une figure dominante de la littérature d’avant la Première Guerre Mondiale. Son célèbre poème-fleuve La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France est sans doute la plus connue de ses œuvres.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Quand il neige sur mon pays&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Quand il neige sur mon pays&lt;br /&gt;De gros flocons couvrent les branches.&lt;br /&gt;Et les regards sont éblouis&lt;br /&gt;Par la clarté des routes blanches .&lt;br /&gt;Et dans les champs ensevelis,&lt;br /&gt;La terre reprend le grand somme&lt;br /&gt;Qu’elle fait pour mieux nourrir l’homme,&lt;br /&gt;Quand il neige sur mon pays&lt;br /&gt;Quand il neige sur mon pays,&lt;br /&gt;On voit s’ébattre dans les rues&lt;br /&gt;Les petits enfants réjouis&lt;br /&gt;Par tant de splendeurs reparues.&lt;br /&gt;Et ce sont des appels, des cris,&lt;br /&gt;Des extases et des délires,&lt;br /&gt;Des courses, des jeux et des rires,&lt;br /&gt;Quand il neige sur mon pays.&lt;br /&gt;Quand il neige sur mon pays&lt;br /&gt;C’est que tout le ciel se disperse&lt;br /&gt;Sur la montagne et les toits gris&lt;br /&gt;Qu’il revêt de sa claire averse, ou qu’une avalanche de lis&lt;br /&gt;De sa pureté nous inonde…&lt;br /&gt;C’est le plus beau pays du monde&lt;br /&gt;Quand il neige sur mon pays ! &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Albert Lozeau&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Né à Montréal. Devenu paralysé à 18 ans, il se consacre alors entièrement à l’écriture.&lt;br /&gt;Sa poésie exprime son amour de la nature québécoise. « L’âme solitaire » publié en 1907 montre bien ses émotions et l’étendue de sa solitude.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-9155740428495619154?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/9155740428495619154/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=9155740428495619154' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/9155740428495619154'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/9155740428495619154'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/la-poesie-contemporain-francais.html' title='la poesie contemporain francais'/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3664121754887351378</id><published>2009-11-18T09:38:00.000-08:00</published><updated>2009-11-18T09:47:55.698-08:00</updated><title type='text'>Histoire de la poésie française</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;explosion de l’Humanisme : Renaissance, poésie lyrique&lt;br /&gt;retour aux œuvres gréco-latines&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.renaissance-amboise.com/dossier_renaissance/ses_personnages/les_ecrivains/pleiade.htm"&gt;&lt;strong&gt;La Pléiade&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Groupe de jeunes amis poètes réunis pendant une dizaine d’années autour de la création de la création d’une grande poésie française. Ce sont des humanistes. Ronsard, Du Bellay,… ; premier nom : « La Brigade » &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Buts :&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;• Enrichir la langue par l’importation de mots grecs et latins&lt;br /&gt;• Règles précise de versification&lt;br /&gt;• Retour aux formes antiques (satire, élégie, épître, comédie, tragédie, épopée)&lt;br /&gt;• Parmi les formes poétiques récentes, seul le sonnet est conservé&lt;br /&gt;• Poésie orale&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;XVIIème siècle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;: mouvements divergents : baroque / classicisme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le baroque précède et accompagne le classicisme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;1)&lt;/span&gt; Le Baroque&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• Richesse des images et de l’imaginaire&lt;br /&gt;• Composition complexe&lt;br /&gt;• Métaphores pittoresques et expressives&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A partir de 1620 :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• Progrès de l’imprimerie&lt;br /&gt;• Paix (Edit de Nantes)&lt;br /&gt;• développement des cours princières &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;ce qui favorise la création poétique.&lt;br /&gt;Exemple : Pierre de Marbeuf&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1640 :&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;• Guerre civile ( La Fronde)&lt;br /&gt;• Farce, œuvres burlesques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exemple : Paul Scarron&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• &lt;strong&gt;Poésie précieuse&lt;/strong&gt; : rendre les mœurs de la Cour et de la société moins grossière et cultiver la délicatesse et les jeux de mots qui révèlent « L’esprit »&lt;br /&gt;Exemple : Madeleine de Scudéry&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#cc0000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff0000;"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;2)&lt;/span&gt; Le Classicisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;• Clarté du vocabulaire&lt;br /&gt;• Rigueur des règles d’écriture&lt;br /&gt;• C’est Boileau, au début du XVIIème siècle qui définit les règles du classicisme et les formes :&lt;br /&gt;• Tragédies&lt;br /&gt;Exemple : Racine&lt;br /&gt;• Epopées ( + allégories)&lt;br /&gt;• Comédies&lt;br /&gt;Exemple : Molière&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;XVIIIème siècle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;: Les Lumières&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• Peu de poésie&lt;br /&gt;• André Chénier, marqué par le classicisme et l’Antiquité&lt;br /&gt;• Rousseau et Diderot mettent en place le préromantisme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#660000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc0000;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;XIXème :&lt;/span&gt; l’age d’or de la poésie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;• le romantisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;1. Il commence à la fin du XVIIIème avec Rousseau et en France et surtout Goethe en Allemagne.&lt;br /&gt;2. Favorise la sensibilité et l’individualisme&lt;br /&gt;3. Le mouvement se renforce en Allemagne, Angleterre, Italie&lt;br /&gt;4. Tardif en France&lt;br /&gt;5. Concerne aussi la peinture et la musique&lt;br /&gt;6. Attirance pour l’absolu : amour, idéal, religion&lt;br /&gt;7. Retour à l’irrationnel et à l’affectif&lt;br /&gt;8. Malaise vague : « Le mal du siècle »&lt;br /&gt;9. Insatisfaction devant un monde décevant dominé par des considérations matérielles&lt;br /&gt;10. Refus des règles classiques ; amour de la liberté mais la Pléiade n’est pas remise en cause&lt;br /&gt;11. Culte du moi et expression des sentiments et états d’âmes personnels&lt;br /&gt;12. Cependant, chaque auteur adopte des esthétiques différentes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exemples : &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;A:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Lamartine&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; « &lt;strong&gt;Méditations poétiques&lt;/strong&gt; » grand succès&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;B :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Alfred de Vigny « &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Eloa&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; » (épopée)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;C :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Théophile Gautier&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;D :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Alfred de Musset&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;E :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Modèle : Victor Hugo (drames), célèbre grâce à sa &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;préface de Cromwell&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; (1827)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;F :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Shakespeare (drames)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;• Le Parnasse&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;1. Un groupe de jeunes poètes, réunis sous un éditeur commun, donne à sa revue le nom de la montagne sur laquelle les anciens Grecs plaçaient le séjour d’Apollon et des Muses : le Parnasse&lt;br /&gt;2. Garde du romantisme l’horreur du quotidien, l’absolu&lt;br /&gt;3. Rejette les lamentations&lt;br /&gt;4. Certains poèmes en prose&lt;br /&gt;5. &lt;strong&gt;Baudelaire&lt;/strong&gt; : « sonnets libertins » &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Exemples : &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;A:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Leconte de Lisle (le principal)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;B :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; José Maria de Heredia&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;C :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Théodore de Banville (« Petit traité de versification française » très rigoureux)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;D :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Baudelaire, Verlaine, Mallarmé, Rimbaud, pendant un certain temps seulement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;• Le symbolisme&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;1. Mis en place par Jean Moréas. Veut s’opposer au réalisme dit « scientifique » &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;But : exprimer une vérité idéale qui se cache sous le monde concret des apparences : « L’Idéal » &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;1. Tristes réalités quotidiennes&lt;br /&gt;2. Nombreuses analogies, métaphores&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exemples :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A : Baudelaire&lt;br /&gt;B : Rimbaud&lt;br /&gt;C : Verlaine&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff0000;"&gt;Mouvement dispersé :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;-Laforgue : « décadent » invente le vers libre&lt;br /&gt;-Moréas revient vers le classicisme et l’Antiquité&lt;br /&gt;-Mallarmé : poésie ésotérique et formelle &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;* Contestation de plus en plus radicale des règles de versification&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#cc0000;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;XXème siècle&lt;/span&gt; : Rupture&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;• le surréalisme&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;1. Début du siècle : &lt;strong&gt;Apollinaire&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;2 .Puis dadaïsme :&lt;br /&gt;-fondé par Tristan Tzara en 1916, vise la démolition totale de l’art&lt;br /&gt;-groupe du Cabaret Voltaire : soirées et manifestations anarchistes et destinées à scandaliser les spectateurs&lt;br /&gt;- « écriture automatique » : écrire spontanément sans aucune logique &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;1. 1925 : Aragon, Eluard&lt;br /&gt;2. confits internes , suicides, exclusions…&lt;br /&gt;3. les poètes surréalistes se veulent plus proche de l’alchimie ou de la « science » que de la création littéraire habituelle&lt;br /&gt;4. hypnose&lt;br /&gt;5. jeu des cadavres exquis&lt;br /&gt;6. hasard&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;•&lt;span style="color:#ff0000;"&gt; héritage du symbolisme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Péguy, Claudel, Valery…&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_po%C3%A9sie_fran%C3%A7aise"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Histoire de la poésie française&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3664121754887351378?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3664121754887351378/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3664121754887351378' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3664121754887351378'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3664121754887351378'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/histoire-de-la-poesie-francaise.html' title='Histoire de la poésie française'/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8693117469397865792</id><published>2009-11-18T03:27:00.000-08:00</published><updated>2009-11-18T03:28:34.614-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;LE CORBEAU ET LE RENARD&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître corbeau, sur un arbre perché,&lt;br /&gt;Tenait en son bec un fromage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître renard, par l'odeur alléché,&lt;br /&gt;Lui tint à peu près ce langage :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Hé ! bonjour, monsieur du Corbeau !&lt;br /&gt;Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans mentir, si votre ramage&lt;br /&gt;Se rapporte à votre plumage,&lt;br /&gt;Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie :&lt;br /&gt;Et pour montrer sa belle voix,&lt;br /&gt;Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le renard s'en saisit, et dit : "Mon bon monsieur,&lt;br /&gt;Apprenez que tout flatteur,&lt;br /&gt;Vit aux dépens de celui qui l'écoute :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette leçon vaut bien un fromage sans doute."&lt;br /&gt;Le corbeau, honteux et confus,&lt;br /&gt;Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jean de la Fontaine&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8693117469397865792?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8693117469397865792/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8693117469397865792' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8693117469397865792'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8693117469397865792'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/le-corbeau-et-le-renard-maitre-corbeau.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-2594735357650272060</id><published>2009-11-18T03:26:00.000-08:00</published><updated>2009-11-18T03:27:26.703-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La perdrix&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand la perdrix&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voit ses petits&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En danger, et n'ayant qu'une plume nouvelle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui ne peut fuir encor par les airs le trépas,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fait la blessée, et va traînant de l'aile,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attirant le chasseur et le chien sur ses pas,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Détourne le danger, sauve ainsi sa famille ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis quand le chasseur croit que son chien la pille,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui dit adieu, prend sa volée, et rit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'homme qui, confus, des yeux en vain la suit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean de la Fontaine&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-2594735357650272060?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/2594735357650272060/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=2594735357650272060' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2594735357650272060'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2594735357650272060'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/la-perdrix-quand-la-perdrix-voit-ses.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-405836710089685904</id><published>2009-11-18T03:25:00.000-08:00</published><updated>2009-11-18T03:26:21.661-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le lion et le rat&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Entre les pattes d'un lion,&lt;br /&gt;Un rat sortit de terre assez a l'étourdie.&lt;br /&gt;Le roi des animaux, en cette occasion,&lt;br /&gt;Montra ce qu'il était et lui donna la vie.&lt;br /&gt;Ce bienfait ne fut pas perdu.&lt;br /&gt;Quelqu'un aurait-il jamais cru&lt;br /&gt;Qu'un lion d'un rat eut affaire?&lt;br /&gt;Cependant, il advint qu'au sortir des forets&lt;br /&gt;Ce lion fut pris dans des rets,&lt;br /&gt;Dont ses rugissements ne purent défaire&lt;br /&gt;Sire rat accourut, et fit tant par ses dents&lt;br /&gt;Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patience et longueur de temps&lt;br /&gt;Font plus que force ni rage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean de La Fontaine&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-405836710089685904?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/405836710089685904/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=405836710089685904' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/405836710089685904'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/405836710089685904'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/le-lion-et-le-rat-entre-les-pattes-dun.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5092646831598542196</id><published>2009-11-18T03:13:00.000-08:00</published><updated>2009-11-18T03:22:06.895-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;Le héron&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le héron au long bec emmanché d'un long cou :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il côtoyait une rivière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma commère la carpe y faisait mille tours&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le brochet son compère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le héron en eût fait aisément son profit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il crut mieux faire d'attendre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'il eût un peu plus d'appétit ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques moments, l'appétit vint : l'oiseau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'approchant du bord, vit sur l'eau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et montrait un goût dédaigneux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le rat du bon Horace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Moi, des tanches ! dit-il ; moi, héron, que je fasse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tanche rebutée, il trouva du goujon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un héron !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux dieux ne plaise !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'il ne vit plus aucun poisson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De rencontrer un limaçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne soyons pas si difficiles ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On hasarde de perdre en voulant trop gagner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gardez-vous de rien dédaigner,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surtout quand vous aurez à peu près votre compte...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean de La Fontaine&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;a href="http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/jean_de_la_fontaine.html"&gt;&lt;font color="#009900"&gt;&lt;strong&gt;LISTE DES POÈMES DE L´AUTEUR : Jean de LA FONTAINE&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt; &lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5092646831598542196?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5092646831598542196/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5092646831598542196' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5092646831598542196'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5092646831598542196'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/le-heron-un-jour-sur-ses-longs-pieds.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3217771444548751087</id><published>2009-11-17T09:12:00.000-08:00</published><updated>2009-11-17T09:14:33.781-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font color="#009900"&gt;Le vent&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Sur la bruyère longue infiniment,&lt;br /&gt;Voici le vent cornant Novembre ;&lt;br /&gt;Sur la bruyère, infiniment,&lt;br /&gt;Voici le vent&lt;br /&gt;Qui se déchire et se démembre,&lt;br /&gt;En souffles lourds, battant les bourgs ;&lt;br /&gt;Voici le vent,&lt;br /&gt;Le vent sauvage de Novembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux puits des fermes,&lt;br /&gt;Les seaux de fer et les poulies&lt;br /&gt;Grincent ;&lt;br /&gt;Aux citernes des fermes.&lt;br /&gt;Les seaux et les poulies&lt;br /&gt;Grincent et crient&lt;br /&gt;Toute la mort, dans leurs mélancolies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vent rafle, le long de l'eau,&lt;br /&gt;Les feuilles mortes des bouleaux,&lt;br /&gt;Le vent sauvage de Novembre ;&lt;br /&gt;Le vent mord, dans les branches,&lt;br /&gt;Des nids d'oiseaux ;&lt;br /&gt;Le vent râpe du fer&lt;br /&gt;Et peigne, au loin, les avalanches,&lt;br /&gt;Rageusement du vieil hiver,&lt;br /&gt;Rageusement, le vent,&lt;br /&gt;Le vent sauvage de Novembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les étables lamentables,&lt;br /&gt;Les lucarnes rapiécées&lt;br /&gt;Ballottent leurs loques falotes&lt;br /&gt;De vitres et de papier.&lt;br /&gt;- Le vent sauvage de Novembre ! -&lt;br /&gt;Sur sa butte de gazon bistre,&lt;br /&gt;De bas en haut, à travers airs,&lt;br /&gt;De haut en bas, à coups d'éclairs,&lt;br /&gt;Le moulin noir fauche, sinistre,&lt;br /&gt;Le moulin noir fauche le vent,&lt;br /&gt;Le vent,&lt;br /&gt;Le vent sauvage de Novembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vieux chaumes, à cropetons,&lt;br /&gt;Autour de leurs clochers d'église.&lt;br /&gt;Sont ébranlés sur leurs bâtons ;&lt;br /&gt;Les vieux chaumes et leurs auvents&lt;br /&gt;Claquent au vent,&lt;br /&gt;Au vent sauvage de Novembre.&lt;br /&gt;Les croix du cimetière étroit,&lt;br /&gt;Les bras des morts que sont ces croix,&lt;br /&gt;Tombent, comme un grand vol,&lt;br /&gt;Rabattu noir, contre le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vent sauvage de Novembre,&lt;br /&gt;Le vent,&lt;br /&gt;L'avez-vous rencontré le vent,&lt;br /&gt;Au carrefour des trois cents routes,&lt;br /&gt;Criant de froid, soufflant d'ahan,&lt;br /&gt;L'avez-vous rencontré le vent,&lt;br /&gt;Celui des peurs et des déroutes ;&lt;br /&gt;L'avez-vous vu, cette nuit-là,&lt;br /&gt;Quand il jeta la lune à bas,&lt;br /&gt;Et que, n'en pouvant plus,&lt;br /&gt;Tous les villages vermoulus&lt;br /&gt;Criaient, comme des bêtes,&lt;br /&gt;Sous la tempête ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la bruyère, infiniment,&lt;br /&gt;Voici le vent hurlant,&lt;br /&gt;Voici le vent cornant Novembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Emile Verhaeren&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3217771444548751087?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3217771444548751087/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3217771444548751087' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3217771444548751087'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3217771444548751087'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/le-vent-sur-la-bruyere-longue.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-7869098063126894832</id><published>2009-11-17T09:10:00.000-08:00</published><updated>2009-11-17T09:12:34.282-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;Le moulin&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le moulin tourne au fond du soir, très lentement,&lt;br /&gt;Sur un ciel de tristesse et de mélancolie,&lt;br /&gt;Il tourne et tourne, et sa voile, couleur de lie,&lt;br /&gt;Est triste et faible et lourde et lasse, infiniment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l'aube, ses bras, comme des bras de plainte,&lt;br /&gt;Se sont tendus et sont tombés ; et les voici&lt;br /&gt;Qui retombent encor, là-bas, dans l'air noirci&lt;br /&gt;Et le silence entier de la nature éteinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour souffrant d'hiver sur les hameaux s'endort,&lt;br /&gt;Les nuages sont las de leurs voyages sombres,&lt;br /&gt;Et le long des taillis qui ramassent leurs ombres,&lt;br /&gt;Les ornières s'en vont vers un horizon mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autour d'un vieil étang, quelques huttes de hêtre&lt;br /&gt;Très misérablement sont assises en rond ;&lt;br /&gt;Une lampe de cuivre éclaire leur plafond&lt;br /&gt;Et glisse une lueur aux coins de leur fenêtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans la plaine immense, au bord du flot dormeur,&lt;br /&gt;Ces torpides maisons, sous le ciel bas, regardent,&lt;br /&gt;Avec les yeux fendus de leurs vitres hagardes,&lt;br /&gt;Le vieux moulin qui tourne et, las, qui tourne et meurt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Émile VERHAEREN&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-7869098063126894832?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/7869098063126894832/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=7869098063126894832' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7869098063126894832'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7869098063126894832'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/le-moulin-le-moulin-tourne-au-fond-du.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1559072149036502272</id><published>2009-11-14T09:15:00.000-08:00</published><updated>2009-11-14T09:19:53.853-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;La ville&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les chemins vont vers la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du fond des brumes,&lt;br /&gt;Avec tous ses étages en voyage&lt;br /&gt;Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,&lt;br /&gt;Comme d'un rêve, elle s'exhume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là-bas,&lt;br /&gt;Ce sont des ponts musclés de fer,&lt;br /&gt;Lancés, par bonds, à travers l'air ;&lt;br /&gt;Ce sont des blocs et des colonnes&lt;br /&gt;Que décorent Sphinx et Gorgones ;&lt;br /&gt;Ce sont des tours sur des faubourgs ;&lt;br /&gt;Ce sont des millions de toits&lt;br /&gt;Dressant au ciel leurs angles droits :&lt;br /&gt;C'est la ville tentaculaire,&lt;br /&gt;Debout,&lt;br /&gt;Au bout des plaines et des domaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des clartés rouges&lt;br /&gt;Qui bougent&lt;br /&gt;Sur des poteaux et des grands mâts,&lt;br /&gt;Même à midi, brûlent encor&lt;br /&gt;Comme des oeufs de pourpre et d'or ;&lt;br /&gt;Le haut soleil ne se voit pas :&lt;br /&gt;Bouche de lumière, fermée&lt;br /&gt;Par le charbon et la fumée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un fleuve de naphte et de poix&lt;br /&gt;Bat les môles de pierre et les pontons de bois ;&lt;br /&gt;Les sifflets crus des navires qui passent&lt;br /&gt;Hurlent de peur dans le brouillard ;&lt;br /&gt;Un fanal vert est leur regard&lt;br /&gt;Vers l'océan et les espaces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des quais sonnent aux chocs de lourds fourgons ;&lt;br /&gt;Des tombereaux grincent comme des gonds ;&lt;br /&gt;Des balances de fer font choir des cubes d'ombre&lt;br /&gt;Et les glissent soudain en des sous-sols de feu ;&lt;br /&gt;Des ponts s'ouvrant par le milieu,&lt;br /&gt;Entre les mâts touffus dressent des gibets sombres&lt;br /&gt;Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,&lt;br /&gt;Immensément, par à travers&lt;br /&gt;Les toits, les corniches et les murailles,&lt;br /&gt;Face à face, comme en bataille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et tout là-bas, passent chevaux et roues,&lt;br /&gt;Filent les trains, vole l'effort,&lt;br /&gt;Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues&lt;br /&gt;Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.&lt;br /&gt;Des rails ramifiés y descendent sous terre&lt;br /&gt;Comme en des puits et des cratères&lt;br /&gt;Pour reparaître au loin en réseaux clairs d'éclairs&lt;br /&gt;Dans le vacarme et la poussière.&lt;br /&gt;C'est la ville tentaculaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rue - et ses remous comme des câbles&lt;br /&gt;Noués autour des monuments -&lt;br /&gt;Fuit et revient en longs enlacements ;&lt;br /&gt;Et ses foules inextricables,&lt;br /&gt;Les mains folles, les pas fiévreux,&lt;br /&gt;La haine aux yeux,&lt;br /&gt;Happent des dents le temps qui les devance.&lt;br /&gt;A l'aube, au soir, la nuit,&lt;br /&gt;Dans la hâte, le tumulte, le bruit,&lt;br /&gt;Elles jettent vers le hasard l'âpre semence&lt;br /&gt;De leur labeur que l'heure emporte.&lt;br /&gt;Et les comptoirs mornes et noirs&lt;br /&gt;Et les bureaux louches et faux&lt;br /&gt;Et les banques battent des portes&lt;br /&gt;Aux coups de vent de la démence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le long du fleuve, une lumière ouatée,&lt;br /&gt;Trouble et lourde, comme un haillon qui brûle,&lt;br /&gt;De réverbère en réverbère se recule.&lt;br /&gt;La vie avec des flots d'alcool est fermentée.&lt;br /&gt;Les bars ouvrent sur les trottoirs&lt;br /&gt;Leurs tabernacles de miroirs&lt;br /&gt;Où se mirent l'ivresse et la bataille ;&lt;br /&gt;Une aveugle s'appuie à la muraille&lt;br /&gt;Et vend de la lumière, en des boîtes d'un sou ;&lt;br /&gt;La débauche et le vol s'accouplent en leur trou ;&lt;br /&gt;La brume immense et rousse&lt;br /&gt;Parfois jusqu'à la mer recule et se retrousse&lt;br /&gt;Et c'est alors comme un grand cri jeté&lt;br /&gt;Vers le soleil et sa clarté :&lt;br /&gt;Places, bazars, gares, marchés,&lt;br /&gt;Exaspèrent si fort leur vaste turbulence&lt;br /&gt;Que les mourants cherchent en vain le moment de silence&lt;br /&gt;Qu'il faut aux yeux pour se fermer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle, le jour - pourtant, lorsque les soirs&lt;br /&gt;Sculptent le firmament, de leurs marteaux d'ébène,&lt;br /&gt;La ville au loin s'étale et domine la plaine&lt;br /&gt;Comme un nocturne et colossal espoir ;&lt;br /&gt;Elle surgit : désir, splendeur, hantise ;&lt;br /&gt;Sa clarté se projette en lueurs jusqu'aux cieux,&lt;br /&gt;Son gaz myriadaire en buissons d'or s'attise,&lt;br /&gt;Ses rails sont des chemins audacieux&lt;br /&gt;Vers le bonheur fallacieux&lt;br /&gt;Que la fortune et la force accompagnent ;&lt;br /&gt;Ses murs se dessinent pareils à une armée&lt;br /&gt;Et ce qui vient d'elle encor de brume et de fumée&lt;br /&gt;Arrive en appels clairs vers les campagnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est la ville tentaculaire,&lt;br /&gt;La pieuvre ardente et l'ossuaire&lt;br /&gt;Et la carcasse solennelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini&lt;br /&gt;Vers elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/mile_verhaeren/index.html#"&gt;&lt;font color="#009900"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;LISTE DES POÈMES DE L´AUTEUR : Émile VERHAEREN&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1559072149036502272?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1559072149036502272/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1559072149036502272' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1559072149036502272'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1559072149036502272'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2009/11/la-ville-tous-les-chemins-vont-vers-la.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5179996332064624350</id><published>2008-10-19T03:33:00.000-07:00</published><updated>2008-10-19T03:44:26.840-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SPsNTKqDKrI/AAAAAAAAAIY/eb1DCixGAE8/s1600-h/villon.gif"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; FLOAT: left; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5258811612814584498" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SPsNTKqDKrI/AAAAAAAAAIY/eb1DCixGAE8/s200/villon.gif" width="242" height="234" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;François Villon&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;(1431 - 1463)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le triste, le méchant, le joyeux et le fou,&lt;br /&gt;Je t’évoque, Villon, maudit d’un autre temps,&lt;br /&gt;Dont les rythmes, comme un éclair éblouissant,&lt;br /&gt;Des cieux du Moyen Âge ont strié l’azur flou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Galle parmi les rues après le couvre-feu&lt;br /&gt;Pour festoyer ensuite à la Pomme de Pin,&lt;br /&gt;Ta bohème commence et de nonchaloir plein,&lt;br /&gt;Chante le Pet au Diable et Tabarie le Gueux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Va-t’en par les chemins détrousser les marchands&lt;br /&gt;Coquillard éhonté et pauvre de chevance ;&lt;br /&gt;Va ! pauvre gueux honni, rythmer dans ta souffrance&lt;br /&gt;Ta profonde nostalgie des neiges d’antan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la Coquille est morte et tous les gais compaings&lt;br /&gt;Sont jetés dans les puits, pendus ou échaudés&lt;br /&gt;Et par l’azur noirci des beaux soirs étoilés,&lt;br /&gt;L’Errant demande grâce en dérobant son pain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rentre à Paris, Villon, jouer au Trou Perrette,&lt;br /&gt;Léandre renié de Rose ou Catherine,&lt;br /&gt;Et sur un rythme cher, chanter ces gourgandines,&lt;br /&gt;Lourdes d’âmes d’amour de ton coeur de poète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fuis les cours où tu dois plier comme un roseau&lt;br /&gt;Car aucun des puissants ne se souciera mie&lt;br /&gt;De Villon expiant les fautes de sa vie&lt;br /&gt;En l’humide nuit des cachots de Montpipeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis sois libre ! voici l’avènement du roy ;&lt;br /&gt;Comme une aube plus blanche après un mauvais rêve,&lt;br /&gt;Sentant couler en toi l’émoi des vertes sèves,&lt;br /&gt;Note une autre nuance aux symphonies du moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Va, plein de clair de lune et du frôlis des vents&lt;br /&gt;L’âme meurtrie à tous les cailloux de la vie&lt;br /&gt;Tisser avec le fil de ton coeur en charpie&lt;br /&gt;Aux trames de misère un poème vibrant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et superbe, maudit, faible, triste et pervers,&lt;br /&gt;Incompris des puissants qui t’ont drapé de crime,&lt;br /&gt;T’éteindre à Saint-Benoît, méprisé, pauvre, infime :&lt;br /&gt;Les aubes sont à naître où fleuriront tes vers …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que les grands aient chargé ce génial vagabond&lt;br /&gt;Parce qu’il fut goupil en un siècle de loups,&lt;br /&gt;J’aime à travers les temps mon grand frère Villon,&lt;br /&gt;Le triste, le méchant, le joyeux et le fou !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Ballade de la belle Heaulmière&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Aux filles de joie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Or y pensez, belle Gantiere&lt;br /&gt;Qui escoliere souliez estre,&lt;br /&gt;Et vous, Blanche la Savetiere,&lt;br /&gt;Or est il temps de vous cognoistre :&lt;br /&gt;Prenez a destre et a senestre,&lt;br /&gt;N'espargniez homme, je vous prie,&lt;br /&gt;Car vielles n'ont ne cours ne estre&lt;br /&gt;Ne que monnoye qu'on descrye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et vous, la gente Saulcissiere,&lt;br /&gt;Qui de dancer estes adestre,&lt;br /&gt;Guillemete la Tappiciere,&lt;br /&gt;Ne mesprenez vers vostre maistre :&lt;br /&gt;Tost vous fauldra clore fenestre ;&lt;br /&gt;Quant deviendrez, vielle, fleterye,&lt;br /&gt;Plus ne servirez q'un viel prestre&lt;br /&gt;Ne que monnoye c'on descrye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Jehanneton la Chapperonniere,&lt;br /&gt;Gardez qu'amy ne vous empestre ;&lt;br /&gt;Et Katherine la Bourciere,&lt;br /&gt;N'envoyez plus les hommes paistre,&lt;br /&gt;Car qui belle n'est ne perpestre&lt;br /&gt;Leur male grace mais leur rie,&lt;br /&gt;Laide viellesse amour n'impestre&lt;br /&gt;Ne que monnoye c'on descrye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Filles, vueilliez vous entremectre&lt;br /&gt;D'escouter pourquoy pleure et crye :&lt;br /&gt;Pource que je ne me puis mectre&lt;br /&gt;Ne que monnoye c'on descrye.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LVII&lt;br /&gt;Ceste leçon icy leur baille&lt;br /&gt;La belle et bonne de jadiz.&lt;br /&gt;Bien dit ou mal, vaille que vaille,&lt;br /&gt;Enregistrer j'ay fait ses diz&lt;br /&gt;Par mon clerc Fremin l'estourdiz,&lt;br /&gt;Aussi rassiz que je pense estre,&lt;br /&gt;S'il me desment, je le mauldiz :&lt;br /&gt;Selon le clerc est deu le maistre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LVIII&lt;br /&gt;Sy aperçoy le grant danger&lt;br /&gt;Ouquel omme amoureux se boute.&lt;br /&gt;Et qui me vouldroit laidanger&lt;br /&gt;De ce mot, en disant : « Escoute !&lt;br /&gt;Se d'amer t'estrange et reboute&lt;br /&gt;Le barrat de celles nommees,&lt;br /&gt;Tu faiz une bien folle doubte,&lt;br /&gt;Car ce sont femmes diffamees.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LIX&lt;br /&gt;S'ilz n'ayment fors que pour l'argent,&lt;br /&gt;On ne les ayme que pour l'eure ;&lt;br /&gt;Rondement ayment toute gent&lt;br /&gt;Et rient lors quant bourse pleure.&lt;br /&gt;De celles cy n'est qui ne queure ;&lt;br /&gt;Mais en femmes d'onneur et nom&lt;br /&gt;Franc homme, se Dieu me sequeure,&lt;br /&gt;Se doit emploier; ailleurs non. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LX&lt;br /&gt;Je prens qu'aucune dye cecy,&lt;br /&gt;Sy ne me contente il en rien.&lt;br /&gt;En effect il conclud ainsi,&lt;br /&gt;Et je le cuide entendre bien,&lt;br /&gt;Qu'on doit amer en lieu de bien.&lt;br /&gt;Assavoir mon se ces fillectes&lt;br /&gt;Qu'en parolles toute jour tien,&lt;br /&gt;Ne furent ilz femmes honnestes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXI&lt;br /&gt;Honnestes si furent vrayment,&lt;br /&gt;Sans avoir reprouches ne blasmes.&lt;br /&gt;Sy est vray qu'au commencement&lt;br /&gt;Une chacune de ces femmes&lt;br /&gt;Lors prindrent, ainsi qu'eussent diffames.&lt;br /&gt;L'une ung clerc, ung lay, l'autre ung moyne,&lt;br /&gt;Pour estaindre d'amours les flasmes&lt;br /&gt;Plus chaudes que feu saint Antoyne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXII&lt;br /&gt;Or firent selon ce decret&lt;br /&gt;Leurs amys, et bien y appert :&lt;br /&gt;Ilz amoient en lieu secret,&lt;br /&gt;Car autre d'eulx n'avoit part.&lt;br /&gt;Touteffoiz ceste amour se part,&lt;br /&gt;Car celle qui n'en avoit q'um&lt;br /&gt;De celluy s'eslongne et depart&lt;br /&gt;Et ayme mieulx aymer chascun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXIII&lt;br /&gt;Qui les meut a ce ? G'ymagine,&lt;br /&gt;Sans l'onneur des dames blasmer,&lt;br /&gt;Que c'est nature femininne&lt;br /&gt;Qui tout unyement veult amer.&lt;br /&gt;Autre chose n'y sçay rimer&lt;br /&gt;Fors qu'on dit a Rains et a Troys,&lt;br /&gt;Voire a L'Isle et a Saint Omer,&lt;br /&gt;Que six ouvriers font plus que trois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXIV&lt;br /&gt;Or ont ces folz amans le bont&lt;br /&gt;Et les dames prins la vollee ;&lt;br /&gt;C'est le droit loier qu'amans ont,&lt;br /&gt;Toute foy y est vïollee,&lt;br /&gt;Quelque doulx baisier n'acollee.&lt;br /&gt;De chiens, d'oiseaulx, d'armes, d'amours,&lt;br /&gt;C'est pure verité devollee&lt;br /&gt;Pour ung joye cent doulours&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Ballade de Villon et de la Grosse Margot&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Se j'ayme et sers la belle de bon het,&lt;br /&gt;M'en devez vous tenir ne vil ne sot ?&lt;br /&gt;Elle a en soy des biens affin soubzhet ;&lt;br /&gt;Pour son amour seins boucler et passot.&lt;br /&gt;Quant viennent gens, je cours et happe ung pot,&lt;br /&gt;Au vin m'en voys, sans demener grant bruyt ;&lt;br /&gt;Je leur tens eaue, froumaige, pain et fruyt.&lt;br /&gt;S'ilz paient bien, je leur diz : «Bene stat,&lt;br /&gt;Retournez cy, quant vous serez en ruyt,&lt;br /&gt;En ce bordeau ou tenons nostre estat. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais adoncques, il y a grant deshet,&lt;br /&gt;Quant sans argent s'en vient coucher Mergot ;&lt;br /&gt;Voir ne la puis, mon cueur a mort la het.&lt;br /&gt;Sa robe prens, demy seint et seurcot,&lt;br /&gt;Sy luy jure qu'il tendra pour l'escot.&lt;br /&gt;Par les costez se prent, c'est Antecrist,&lt;br /&gt;Crye et jure, par la mort Jhesucrist&lt;br /&gt;Que non fera. Lors empoingne ung esclat,&lt;br /&gt;Dessus son nez lui en faiz ung escript,&lt;br /&gt;En ce bordeau ou tenons nostre estat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis paix se fait, et me fait ung groz pet,&lt;br /&gt;Plus enffle qu'un velimeux escarbot.&lt;br /&gt;Riant, m'assiet son poing sur mon sommet,&lt;br /&gt;Gogo me dit, et me fiert le jambot ;&lt;br /&gt;Tous deux yvres dormons comme ung sabot.&lt;br /&gt;Et au resveil, quant le ventre lui bruyt,&lt;br /&gt;Monte sur moy, que ne gaste son fruyt,&lt;br /&gt;Soubz elle geins, plus qu'un aiz me fait plat ;&lt;br /&gt;De paillarder tout elle me destruyt,&lt;br /&gt;En ce bordeau ou tenons nostre estat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vente, gresle, gesle, j'ay mon pain cuyt.&lt;br /&gt;Je suis paillart, la paillarde me suyt.&lt;br /&gt;Lequel vault mieulx ? Chascun bien s'entressuyt,&lt;br /&gt;L'un vault l'autre, c'est a mau rat mau chat.&lt;br /&gt;Ordure aimons, ordure nous affuyt;&lt;br /&gt;Nous deffuyons honneur, il nous deffuyt,&lt;br /&gt;En ce bordeau ou tenons nostre estat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CLI&lt;br /&gt;Item, a Marïon l'Idolle&lt;br /&gt;Et la grant Jehanne de Bretaigne&lt;br /&gt;Donne tenir publicque escolle&lt;br /&gt;Ou l'escollier le maistre enseigne.&lt;br /&gt;Lieu n'est ou ce merchié ne tiengne,&lt;br /&gt;Synom a la grisle de Meun ;&lt;br /&gt;De quoy je diz: « Fy de l'enseigne,&lt;br /&gt;Puisque l'ouvrage est si commun ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CLII&lt;br /&gt;Item, et a Noel Jolis,&lt;br /&gt;Autre chose je ne lui donne&lt;br /&gt;Fors plain poing d'oziers frez cueilliz&lt;br /&gt;En mon jardin - je l'abandonne :&lt;br /&gt;Chastoy est une belle aumosne,&lt;br /&gt;Ame n'en doit estre marry - :&lt;br /&gt;Unze vings coups luy en ordnne&lt;br /&gt;Livrez par les mains de Henry.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CLIII&lt;br /&gt;Item, ne sçay qu'a l'Ostel Dieu&lt;br /&gt;Donner, n'a povres hospitaulx.&lt;br /&gt;Bourdes n'ont icy temps ne lieu,&lt;br /&gt;Car povres gens ont assez maulx.&lt;br /&gt;Chacun leur envoyë leurs oz :&lt;br /&gt;Les Mendïans ont eu mon oye ;&lt;br /&gt;Au fort, ilz en auront lez oz ;&lt;br /&gt;A meunes gens menue monnoye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CLIV&lt;br /&gt;Item, je donne a mon barbier,&lt;br /&gt;Qui se nomme Colin Galerne,&lt;br /&gt;Pres voisin d'Angelot l'erbier,&lt;br /&gt;Ung gros glaçon - prins ou ? en Marne -,&lt;br /&gt;Afin qu'a son aise s'yverne.&lt;br /&gt;De l'estomac le tiengne pres :&lt;br /&gt;Se l'iver ainsi se gouverne,&lt;br /&gt;Il aura chault l'esté d'aprés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CLV&lt;br /&gt;Item, riens aux Enffans Trouvés,&lt;br /&gt;Mais les perduz falut que consolle ;&lt;br /&gt;Sy doivent estre retrouvez,&lt;br /&gt;Par droit sur Marïon l'Idolle.&lt;br /&gt;Une lecon de ma escolle&lt;br /&gt;Leur liray, qui ne dure guerre ;&lt;br /&gt;Teste n'ayent dure ne folle,&lt;br /&gt;Escoutent ! et car c'est la derniere&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Ballade des dames du temps jadis&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dites-moi où, n'en quel pays,&lt;br /&gt;Est Flora la belle Romaine,&lt;br /&gt;Archipiades, ni Thaïs,&lt;br /&gt;Qui fut sa cousine germaine,&lt;br /&gt;Écho parlant quand bruit on mène&lt;br /&gt;Dessus rivière ou sur étang,&lt;br /&gt;Qui beauté eut trop plus qu'humaine&lt;br /&gt;Mais où sont les neiges d'antan?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où est la très sage Héloïs,&lt;br /&gt;Pour qui fut châtré et puis moine&lt;br /&gt;Pierre Abelard à Saint-Denis?&lt;br /&gt;Pour son amour eut cette essoine.&lt;br /&gt;Semblablement, où est la reine&lt;br /&gt;Qui commanda que Buridan&lt;br /&gt;Fut jeté en un sac en Seine?&lt;br /&gt;Mais où sont les neiges d'antan?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La reine Blanche comme lis&lt;br /&gt;Qui chantait à voix de sirène,&lt;br /&gt;Berthe au grand pied, Bietris, Alis,&lt;br /&gt;Haremburgis qui tint le Maine,&lt;br /&gt;Et Jeanne la bonne Lorraine&lt;br /&gt;Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;&lt;br /&gt;Où sont-ils, où, Vierge souvraine?&lt;br /&gt;Mais où sont les neiges d'antan?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prince, n'enquerez de semaine&lt;br /&gt;Où elles sont, ne de cest an,&lt;br /&gt;Qu'à ce refrain ne vous remaine:&lt;br /&gt;Mais où sont les neiges d'antan?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Ballade des femmes de Paris&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Quoy qu'on tient belles langagieres&lt;br /&gt;Florentines, Veniciennes,&lt;br /&gt;Assez pour estre messagieres,&lt;br /&gt;Et mesmement les anciennes;&lt;br /&gt;Mais, soient Lombardes, Rommaines,&lt;br /&gt;Genevoises, à mes perilz,&lt;br /&gt;Pimontoises, Savoisiennes,&lt;br /&gt;Il n'est bon bec que de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tres beau parler tiennent chayeres,&lt;br /&gt;Se dit-on, les Neapolitaines,&lt;br /&gt;Et sont tres bonnes caquetieres&lt;br /&gt;Allemandes et Pruciennes;&lt;br /&gt;Soient Grecques, Egipciennes,&lt;br /&gt;De Hongrie ou d'autre pays,&lt;br /&gt;Espaignolles ou Castellaines,&lt;br /&gt;Il n'est bon bec que de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brettes, Suysses, n'y sçavent gueres,&lt;br /&gt;Gasconnes, n'aussi Toulousaines;&lt;br /&gt;De Petit Pont deux harangieres&lt;br /&gt;Les concluront; et les Lorraines,&lt;br /&gt;Engloises et Calaisiennes,&lt;br /&gt;-- Ay je beaucoup de lieux compris? --&lt;br /&gt;Picardes de Valenciennes;&lt;br /&gt;Il n'est bon bec que de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ENVOI&lt;br /&gt;Prince, aux dames Parisiennes&lt;br /&gt;De beau parler donne le pris;&lt;br /&gt;Quoy qu'on die d'Italiennes,&lt;br /&gt;Il n'est bon bec que de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CXLV&lt;br /&gt;Regarde m'en deux, troys assises&lt;br /&gt;Sur le bas du ply de leurs robes&lt;br /&gt;En ces moustiers, en ces eglises ;&lt;br /&gt;Tire t'en près et ne te hobes ;&lt;br /&gt;Tu trouveras la que Macrobes&lt;br /&gt;Oncques ne fist telz jugemens.&lt;br /&gt;Entens, quelque chose en desrobes :&lt;br /&gt;Ce sont tous beaulx enseignemens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CXLVI&lt;br /&gt;Item, et au mont de Montmartre,&lt;br /&gt;Qui est ung lieu moult ancïen,&lt;br /&gt;Je lui donne et adjoincts le tertre&lt;br /&gt;Qu'on dit de mont Valerïen,&lt;br /&gt;Et oultre plus un quartier d'an&lt;br /&gt;Du pardon qu'apportay de Romme ;&lt;br /&gt;Sy yra maint bon chrestïen&lt;br /&gt;En l'abbaye ou il n'entre homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CXLVII&lt;br /&gt;Item, varletz et chamberieres&lt;br /&gt;De bons hostelz - riens ne me unyt ! -&lt;br /&gt;Feront tartes, flans et goyeres&lt;br /&gt;Et grans ralïatz a mye nuyt&lt;br /&gt;- Riens n'y font sept pintes ne huit&lt;br /&gt;Tant que gisent seigneur et dame -,&lt;br /&gt;Puis aprés, sans mener grant bruyt,&lt;br /&gt;Je leur ramentoy le jeu d'asne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CXLVIII&lt;br /&gt;Item, et a filles de bien,&lt;br /&gt;Qui ont peres, meres et antes,&lt;br /&gt;Par m'ame, je ne donne rien,&lt;br /&gt;Car j'ay tout donné aux servantes.&lt;br /&gt;Sy feussent ilz de peu contentes ...&lt;br /&gt;Grant bien leur feissent mains loppins,&lt;br /&gt;Aux povres filles, ennementes,&lt;br /&gt;Qui se perdent aux Jacoppins,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CXLIX&lt;br /&gt;Aux Celestins et aux Chartreux ;&lt;br /&gt;Quoy que vie mainent estroicte,&lt;br /&gt;Sy ont ilz largement entre eulx&lt;br /&gt;Dont povres filles ont souffrecte;&lt;br /&gt;Tesmoing Jacqueline, et Perrecte,&lt;br /&gt;Et Ysabeau qui dit : « Enné ! ».&lt;br /&gt;Puis qu'ilz en ont telle disecte,&lt;br /&gt;A peine en seroit on dampné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CL&lt;br /&gt;Item, a la Grosse Margot,&lt;br /&gt;Tres doulce face et pourtraicture,&lt;br /&gt;- Foy que doy, brulare bigot,&lt;br /&gt;A si devocte creature,&lt;br /&gt;Je l'ayme de propre nature,&lt;br /&gt;Et elle moy, la doulce sade -,&lt;br /&gt;Qui la trouvera d'aventure,&lt;br /&gt;Qu'on lui lise ceste ballade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Double ballade sur le même propos&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce, aimez tant que vouldrez,&lt;br /&gt;Suyvez assemblées et festes,&lt;br /&gt;En la fin ja mieulx n'en vauldrez&lt;br /&gt;Et si n'y romprez que vos testes:&lt;br /&gt;Folles amours font les gens bestes;&lt;br /&gt;Salmon en ydolatria;&lt;br /&gt;Samson en perdit ses lunetes.&lt;br /&gt;Bien est eureux qui riens n'y a!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orpheüs, le doux menestrier,&lt;br /&gt;Jouant de fleustes et musetes,&lt;br /&gt;En fut en danger de murtrier&lt;br /&gt;Chien Cerberus à quatre testes;&lt;br /&gt;Et Narcisus, le bel honnestes,&lt;br /&gt;En ung parfont puis se noya,&lt;br /&gt;Pour l'amour de ses amouretes ...&lt;br /&gt;Bien est eureux qui riens n'y a!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sardana, le preux chevalier,&lt;br /&gt;Qui conquist le regne de Cretes,&lt;br /&gt;En voulut devenir moullier&lt;br /&gt;Et filler entre pucelletes.&lt;br /&gt;David le roy, sage prophetes,&lt;br /&gt;Crainte de Dieu en oublia,&lt;br /&gt;Voyant laver cuisses bien faites...&lt;br /&gt;Bien est eureux qui riens n'y a!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amon en voulst deshonnourer,&lt;br /&gt;Faignant de menger tarteletes,&lt;br /&gt;Sa seur Thamar, et desflourer,&lt;br /&gt;Qui fut inceste deshonnestes;&lt;br /&gt;Herodes -- pas ne sont sornetes --&lt;br /&gt;Saint Jean Baptiste en decola&lt;br /&gt;Pour dances, saulx, et chansonnetes...&lt;br /&gt;Bien est eureux qui riens n'y a!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De moy, povre, je vueil parler;&lt;br /&gt;J'en fuz batu, comme à ru toiles,&lt;br /&gt;Tout nu, ja ne le quiers celer.&lt;br /&gt;Qui me feist mascher ces groselles,&lt;br /&gt;Fors Katherine de Vausselles?&lt;br /&gt;Noel le tiers est, qui fut là.&lt;br /&gt;Mitaines à ces nopces telles,&lt;br /&gt;Bien est eureux qui riens n'y a!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais que ce jeune bachelier&lt;br /&gt;Laissast ces jeunes bacheletes,&lt;br /&gt;Non! et, le deust on vif brusler&lt;br /&gt;Comme ung chevaucheur d'escouvetes,&lt;br /&gt;Plus doulces luy sont que civetes.&lt;br /&gt;Mais toutesfoys fol s'y fya:&lt;br /&gt;Soient blanches, soient brunetes,&lt;br /&gt;Bien est eureux qui riens n'y a!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXV&lt;br /&gt;Se celle que jadiz servoye&lt;br /&gt;De si bon cueur et loyaulment,&lt;br /&gt;Dont tant de maulx et griefz j'avoye&lt;br /&gt;Et souffroye tant de tourment,&lt;br /&gt;Se dit m'eust au commencement,&lt;br /&gt;Sa voulenté, mais nennil, las !&lt;br /&gt;J'eusse mis paine aucunement&lt;br /&gt;De moy retraire de ses las.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXVI&lt;br /&gt;Quoy que je lui voulsisse dire,&lt;br /&gt;Elle estoit preste d'escouter&lt;br /&gt;Sans m'acorder ne contredire.&lt;br /&gt;Qui plus, me souffroit acouter&lt;br /&gt;Joignant d'elle, près sacouter ...&lt;br /&gt;Et ainsi m'aloit amusant&lt;br /&gt;Et me souffroit tout raconter,&lt;br /&gt;Mais ce n'estoit qu'en m'abusant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXVII&lt;br /&gt;Abusé m'a et fait entendre&lt;br /&gt;Tousjours d'un que ce feust ung aultre :&lt;br /&gt;De farine que ce feut cendre,&lt;br /&gt;D'un mortier ung chappel de faultre,&lt;br /&gt;De viel machefer que feust peaultre,&lt;br /&gt;D'ambesars que c'estoïent ternes&lt;br /&gt;- Tousjours trompeur autruy engautre&lt;br /&gt;Et rent vecyes pour lanternes -,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXVIII&lt;br /&gt;Du ciel, une paille d'arrain,&lt;br /&gt;Des nues une peau de veau,&lt;br /&gt;Du main que c'estoit le serain,&lt;br /&gt;D'ung troignon de chou, ung naviau,&lt;br /&gt;D'ordre servoyse vin nouveau,&lt;br /&gt;D'une truye ung molin a vent&lt;br /&gt;Et d'une hart ung escheveau,&lt;br /&gt;D'ung graz abé ung poursuivant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXIX&lt;br /&gt;Ainsi m'ont Amours abusé&lt;br /&gt;Et pourmené de l'uys au pesle.&lt;br /&gt;Je croy qu'omme n'est si rusé,&lt;br /&gt;Fust fin com argent de coupelle,&lt;br /&gt;Qui n'y laissat linge, drappelle,&lt;br /&gt;Mais qu'il fut ainsi manïé&lt;br /&gt;Comme moy, qui partout m'appelle&lt;br /&gt;L'amant remys et regnÿé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXX&lt;br /&gt;Je regnye Amours et despite&lt;br /&gt;Et deffie a feu et a sang.&lt;br /&gt;Mort par elles me precepicte,&lt;br /&gt;Et ne leur en chault pas d'un blanc.&lt;br /&gt;Ma vïelle ay mis soubz le banc,&lt;br /&gt;Amans je ne suiveray ja maiz ;&lt;br /&gt;Se jadiz je fuz de leur renc,&lt;br /&gt;Je declaire que n'en suis maiz ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXI&lt;br /&gt;Car j'ay mis le plumail au vent :&lt;br /&gt;Or les suive qui a actente !&lt;br /&gt;De ce me taiz doresnavent,&lt;br /&gt;Car poursuivre je vueil mon entente.&lt;br /&gt;Et s'aucun m'interrogue ou tente&lt;br /&gt;Comment d'Amours j'ose mesdire,&lt;br /&gt;Ceste parolle le contente :&lt;br /&gt;« Qui meurt a ses loix de tout dire » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXII&lt;br /&gt;Je congnois approucher ma seuf,&lt;br /&gt;Je crache blanc comme coton&lt;br /&gt;Jacoppins groz comme ung esteuf.&lt;br /&gt;Qu'esse a dire ? que Jehanneton&lt;br /&gt;Plus ne me tient pour valleton,&lt;br /&gt;Mais pour ung viel usé rocquart :&lt;br /&gt;De viel porte voix et le ton,&lt;br /&gt;Et ne suis q'un jeune cocquart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXIII&lt;br /&gt;Dieu mercy ... et Tacque Thibault,&lt;br /&gt;Qui tant d'eaue froide m'a fait boire,&lt;br /&gt;En ung bas, non pas en ung hault,&lt;br /&gt;Menger d'angoisse mainte poire,&lt;br /&gt;Enferré ... Quant j'en ay memoire,&lt;br /&gt;Je prie pour luy, et relicqua ,&lt;br /&gt;Que Dieu luy doint, et voire voire,&lt;br /&gt;Ce qui je pense, et cetera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXIV&lt;br /&gt;Toutesfoiz, je n'y pense mal&lt;br /&gt;Pour lui, et pour son lieutenant,&lt;br /&gt;Aussi pour son officïal&lt;br /&gt;Qui est paisant et advenant,&lt;br /&gt;Que faire n'ay du remenant&lt;br /&gt;Mais du petit maistre Robert :&lt;br /&gt;Je les ayme tout d'un tenant,&lt;br /&gt;Ainsi que fait Dieu le Lombart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXV&lt;br /&gt;Sy me souvient bien, Dieu mercis,&lt;br /&gt;Que je feiz a mon partement&lt;br /&gt;Certains laiz, l'an cinquante six,&lt;br /&gt;Qu'aucuns, sans mon consentement,&lt;br /&gt;Voulurent nommer testament ;&lt;br /&gt;Leur plaisir fut, non pas le myen.&lt;br /&gt;Mais quoy ! on dit communement&lt;br /&gt;Q'ung chacun n'est maistre du sien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXVI&lt;br /&gt;Pour les revocquer ne le diz,&lt;br /&gt;Et y courrust toute ma terre.&lt;br /&gt;De pictié ne suis reffroydiz&lt;br /&gt;Envers le bastart de la Barre :&lt;br /&gt;Parmy ses troys gluyons de feurre&lt;br /&gt;Je lui donne mes vieilles nattes ;&lt;br /&gt;Bonnes seront pour tenir serre&lt;br /&gt;Et soy soustenir sur les pates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXVII&lt;br /&gt;S'ainsi estoit qu'aucun n'eust pas&lt;br /&gt;Receu le laiz que je lui mande,&lt;br /&gt;J'ordonne qu'aprés mon trespas&lt;br /&gt;A mes hoirs en face demande.&lt;br /&gt;Mais qui sont ilz ? Si le demande&lt;br /&gt;Morreau, Prouvins, Robin Turgis :&lt;br /&gt;De moy, dictes que je leur mande,&lt;br /&gt;Ont eu jusqu'au lit ou je gis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXVIII&lt;br /&gt;Somme, plus ne diray qu'un mot,&lt;br /&gt;Car commencer vueil a tester.&lt;br /&gt;Devant mon clerc Fremin qui m'ot,&lt;br /&gt;S'il ne dort, je vueil protester&lt;br /&gt;Que n'entens homme detester&lt;br /&gt;En ceste presente ordonnance,&lt;br /&gt;Et ne la vueil manifester ...&lt;br /&gt;Synon ou royaume de France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXIX&lt;br /&gt;Je sens mon cueur qui s'affoiblist&lt;br /&gt;Et plus je ne puis papïer.&lt;br /&gt;Fremin, siez toy pres de mon lit,&lt;br /&gt;Que l'en m'y viengne espïer.&lt;br /&gt;Pren ancre tost, plume et pappier,&lt;br /&gt;Ce que nomme escriptz vistement,&lt;br /&gt;Puis fay le partout coppïer.&lt;br /&gt;Et vecy le commencement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXX&lt;br /&gt;Ou nom de Dieu, Pere eternel,&lt;br /&gt;Et du Filz que vierge parit,&lt;br /&gt;Dieu au Pere coeternel&lt;br /&gt;Ensemble et le Saint Esperit,&lt;br /&gt;Qui sauva ce qu'Adam perit&lt;br /&gt;Et du pery parre les cyeulx ...&lt;br /&gt;Qui bien ce croit peu ne merit,&lt;br /&gt;Gens mors estre faiz petiz dieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXI&lt;br /&gt;Mors estoïent et corps et ames,&lt;br /&gt;En dampnee perdicïon,&lt;br /&gt;Corps pourriz et ames en flasmes,&lt;br /&gt;De quelconcque condicïon.&lt;br /&gt;Toutesffoiz fais excepcïon&lt;br /&gt;Des patriarches et prophectes,&lt;br /&gt;Car, selon ma concepcïon,&lt;br /&gt;Oncques grant chault n'eurent aux fesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXII&lt;br /&gt;Qui me diroit : « Qui vous fait mectre&lt;br /&gt;Si tres avant ceste parolle,&lt;br /&gt;Qui n'estes en theologie maistre ?&lt;br /&gt;A vous est presumpcïon folle »,&lt;br /&gt;C'est de Jhesus la parabolle&lt;br /&gt;Touchant du riche ensevely&lt;br /&gt;En feu, non pas en couche molle,&lt;br /&gt;Et du ladre de dessus ly.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXIII&lt;br /&gt;Se du ladre eust veu le doyt ardre;&lt;br /&gt;Ja n'en eust requis reffrigere&lt;br /&gt;N'au bout d'icelluy doiz aerdre&lt;br /&gt;Pour raffreschir sa machoüoire.&lt;br /&gt;Pÿons y feront macte chierre,&lt;br /&gt;Qui boyvent pourpoint et chemise !&lt;br /&gt;Puis que boiture y est si chiere.&lt;br /&gt;Dieux nous garde de la main mise !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXIV&lt;br /&gt;Ou nom de Dieu, comme j'ay dit,&lt;br /&gt;Et de sa glorïeuse Mere,&lt;br /&gt;Sans pechié soit parfait ce dit&lt;br /&gt;Par moy, plus maigre que chimere;&lt;br /&gt;Se je n'ay eu fievre enfumere,&lt;br /&gt;Ce m'a fait divine clemence ;&lt;br /&gt;Mais d'autre dueil et perte amere&lt;br /&gt;Je me tais, et ainsi commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXV&lt;br /&gt;Premier doue de ma povre ame&lt;br /&gt;La glorïeuse Trinité,&lt;br /&gt;Et la commande a Nostre Dame,&lt;br /&gt;Chambre de la divinité,&lt;br /&gt;Priant toute la charité&lt;br /&gt;Des dignes neuf ordres des cieulx&lt;br /&gt;Que par eulx soit ce dont porté&lt;br /&gt;Devant le trosne precïeulx.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXVI&lt;br /&gt;Item, mon corps j'ordonne et laisse&lt;br /&gt;A nostre grant mere la terre ;&lt;br /&gt;Les vers n'y trouveront grant gresse,&lt;br /&gt;Trop lui a fait fain dure guerre.&lt;br /&gt;Or luy soit delivré grant erre,&lt;br /&gt;De terre vint, en terre tourne !&lt;br /&gt;Toute chose, se par trop n'erre,&lt;br /&gt;Voulentiers en son lieu retourne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXVII&lt;br /&gt;Item, et a mon plus que pere,&lt;br /&gt;Maistre Guillaume de Villon,&lt;br /&gt;Qui esté m'a plus doulx que mere,&lt;br /&gt;Enffant eslevé de maillon&lt;br /&gt;- Degecté m'a de maint boullon&lt;br /&gt;Et de cestuy pas ne s'esjoye ;&lt;br /&gt;Sy lui requier a genoullon&lt;br /&gt;Qu'il m'en laisse toute la joye -,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXVIII&lt;br /&gt;Je luy donne ma librairye&lt;br /&gt;Et le roumant du Pet au Deable,&lt;br /&gt;Lequel maistre Guy Tabarye&lt;br /&gt;Grossa, qui est homs veritable.&lt;br /&gt;Par cayeulx est soubz une table ;&lt;br /&gt;Combien qu'il soit rudement fait,&lt;br /&gt;La matiere est si tres notable&lt;br /&gt;Qu'elle admende tout le meffait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LXXXIX&lt;br /&gt;Item, donne a ma povre mere,&lt;br /&gt;Pour saluer nostre Maistresse,&lt;br /&gt;Qui pour moy ot douleur amere,&lt;br /&gt;Dieu le scet, et mainte tristesse&lt;br /&gt;- Autre chastel n'ay ne forteresse&lt;br /&gt;Ou me retraye corps ne ame&lt;br /&gt;Quant sur moy court malle destresse,&lt;br /&gt;Ne ma mere, la povre femme -.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5179996332064624350?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5179996332064624350/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5179996332064624350' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5179996332064624350'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5179996332064624350'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/10/franois-villon-1431-1463-le-triste-le.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SPsNTKqDKrI/AAAAAAAAAIY/eb1DCixGAE8/s72-c/villon.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-22200530607989929</id><published>2008-09-21T04:21:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T04:22:29.726-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Romance - Le Cid&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Air des Folies d'Espagne*.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prêt à partir pour la rive africaine,&lt;br /&gt;Le Cid armé, tout brillant de valeur,&lt;br /&gt;Sur la guitare, aux pieds de sa Chimène,&lt;br /&gt;Chantait ces vers que lui dictait l'honneur :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chimène a dit : Va combattre le Maure ;&lt;br /&gt;De ce combat surtout reviens vainqueur.&lt;br /&gt;Oui, je croirai que Rodrigue m'adore,&lt;br /&gt;S'il fait céder son amour à l'honneur.&lt;br /&gt;- Donnez, donnez et mon casque et ma lance !&lt;br /&gt;Je veux montrer que Rodrigue a du coeur :&lt;br /&gt;Dans les combats signalant sa vaillance,&lt;br /&gt;Son cri sera pour sa dame et l'honneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maure vanté par ta galanterie,&lt;br /&gt;De tes accents mon noble chant vainqueur&lt;br /&gt;D'Espagne un jour deviendra la folie,&lt;br /&gt;Car il peindra l'amour avec l'honneur.&lt;br /&gt;Dans le vallon de notre Andalousie,&lt;br /&gt;Les vieux chrétiens conteront ma valeur :&lt;br /&gt;Il préféra, diront-ils, à la vie&lt;br /&gt;Son Dieu, son roi, sa Chimène et l'honneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Tout le monde connaît l'air des Folies d'Espagne. Cet air était&lt;br /&gt;sans paroles, du moins il n'y avait point de paroles qui en rendissent&lt;br /&gt;le caractère grave, religieux et chevaleresque. J'ai essayé d'exprimer&lt;br /&gt;ce carctère dans la romance du Cid. Cette romance s'étant répandue&lt;br /&gt;dans le public sans mon aveu, des maîtres célèbres m'ont fait l'honneur&lt;br /&gt;de l'embellir de leur musique. Mais comme je l'avais expressément&lt;br /&gt;composé pour l'air des Folies d'Espagne, il y a un couplet qui&lt;br /&gt;devient un vrai galimathias, s'il ne se rapporte à mon intention&lt;br /&gt;primitive:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;... Mon noble chant vainqueur&lt;br /&gt;D'Espagne un jour deviendra la folie, etc . .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;François-René de Chateaubriand&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-22200530607989929?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/22200530607989929/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=22200530607989929' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/22200530607989929'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/22200530607989929'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/romance-le-cid-air-des-folies-despagne.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-6153899458006813989</id><published>2008-09-21T04:16:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T04:17:59.799-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Clarisse (Imitation d'un poète écossais)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Oui, je me plais, Clarisse, à la saison tardive,&lt;br /&gt;Image de cet âge où le temps m'a conduit ;&lt;br /&gt;Du vent à tes foyers j'aime la voix plaintive&lt;br /&gt;Durant la longue nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philomèle a cherché des climats plus propices ;&lt;br /&gt;Progné fuit à son tour : sans en être attristé,&lt;br /&gt;Des beaux jours près de toi retrouvant les délices,&lt;br /&gt;Ton vieux cygne est resté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viens dans ces champs déserts où la bise murmure&lt;br /&gt;Admirer le soleil, qui s'éloigne de nous ;&lt;br /&gt;Viens goûter de ces bois qui perdent leur parure&lt;br /&gt;Le charme triste et doux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des feuilles que le vent détache avec ses ailes&lt;br /&gt;Voltige dans les airs le défaillant essaim :&lt;br /&gt;Ah ! puissé-je en mourant me reposer comme elles&lt;br /&gt;Un moment sur ton sein !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pâle et dernière fleur qui survit à Pomone,&lt;br /&gt;La veilleuse* en ces prés peint mon sort et ma foi :&lt;br /&gt;De mes ans écoulés tu fais fleurir l'automne,&lt;br /&gt;Et je veille pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce ruisseau, sous tes pas, cache au sein de la terre&lt;br /&gt;Son cours silencieux et ses flots oubliés :&lt;br /&gt;Que ma vie inconnue, obscure et solitaire,&lt;br /&gt;Ainsi passe à tes pieds !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux portes du couchant le ciel se décolore ;&lt;br /&gt;Le jour n'éclaire plus notre aimable entretien :&lt;br /&gt;Mais est-il un sourire aux lèvres de l'Aurore&lt;br /&gt;Plus charmant que le tien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'astre des nuits s'avance en chassant les orages :&lt;br /&gt;Clarisse, sois pour moi l'astre calme et vainqueur&lt;br /&gt;Qui de mon front troublé dissipe les nuages&lt;br /&gt;Et fait rêver mon coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;François-René de Chateaubriand&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-6153899458006813989?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/6153899458006813989/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=6153899458006813989' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/6153899458006813989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/6153899458006813989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/clarisse-imitation-dun-pote-cossais-oui.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-6331313699667258814</id><published>2008-09-21T04:14:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T04:16:09.065-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;A Lydie (Imitation d'Alcée, poète grec)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Lydie, es-tu sincère ? Excuse mes alarmes :&lt;br /&gt;Tu t'embellis en accroissant mes feux ;&lt;br /&gt;Et le même moment qui t'apporte des charmes&lt;br /&gt;Ride mon front et blanchit mes cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au matin de tes ans, de la foule chérie,&lt;br /&gt;Tout est pour toi joie, espérance, amour ;&lt;br /&gt;Et moi, vieux voyageur, sur ta route fleurie&lt;br /&gt;Je marche seul et vois finir le jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi qu'un doux rayon quand ton regard humide&lt;br /&gt;Pénètre au fond de mon coeur ranimé,&lt;br /&gt;J'ose à peine effleurer d'une lèvre timide&lt;br /&gt;De ton beau front le voile parfumé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout à la fois honteux et fier de ton caprice,&lt;br /&gt;Sans croire en toi, je m'en laisse enivrer.&lt;br /&gt;J'adore tes attraits, mais je me rends justice :&lt;br /&gt;Je sens l'amour et ne puis l'inspirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par quel enchantement ai-je pu te séduire ?&lt;br /&gt;N'aurais-tu point dans mon dernier soleil&lt;br /&gt;Cherché l'astre de feu qui sur moi semblait luire&lt;br /&gt;Quand de Sapho je chantais le réveil ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai point le talent qu'on encense au Parnasse.&lt;br /&gt;Eussé-je un temple au sommet d'Hélicon,&lt;br /&gt;Le talent ne rend point ce que le temps efface ;&lt;br /&gt;La gloire, hélas ! ne rajeunit qu'un nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Guerrier de Samos , le Berger d'Aphélie,&lt;br /&gt;Mes fils ingrats, m'ont-ils ravi ta foi ?&lt;br /&gt;Ton admiration me blesse et m'humilie :&lt;br /&gt;Le croirais-tu ? je suis jaloux de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que m'importe de vivre au delà de ma vie ?&lt;br /&gt;Qu'importe un nom par la mort publié ?&lt;br /&gt;Pour moi-même un moment aime-moi, ma Lydie,&lt;br /&gt;Et que je sois à jamais oublié !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;François-René de Chateaubriand&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-6331313699667258814?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/6331313699667258814/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=6331313699667258814' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/6331313699667258814'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/6331313699667258814'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/lydie-imitation-dalce-pote-grec-lydie.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5885368694710951611</id><published>2008-09-21T04:03:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T04:04:13.832-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;Si tu veux nous nous aimerons&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu veux nous nous aimerons&lt;br /&gt;Avec tes lèvres sans le dire&lt;br /&gt;Cette rose ne l'interromps&lt;br /&gt;Qu'à verser un silence pire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais de chants ne lancent prompts&lt;br /&gt;Le scintillement du sourire&lt;br /&gt;Si tu veux nous nous aimerons&lt;br /&gt;Avec tes lèvres sans le dire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Muet muet entre les ronds&lt;br /&gt;Sylphe dans la pourpre d'empire&lt;br /&gt;Un baiser flambant se déchire&lt;br /&gt;Jusqu'aux pointes des ailerons&lt;br /&gt;Si tu veux nous nous aimerons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5885368694710951611?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5885368694710951611/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5885368694710951611' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5885368694710951611'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5885368694710951611'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/si-tu-veux-nous-nous-aimerons-si-tu.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-9195365201065372780</id><published>2008-09-21T04:01:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T04:02:46.856-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;Rien au réveil que vous n'ayez&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien au réveil que vous n'ayez&lt;br /&gt;Envisagé de quelque moue&lt;br /&gt;Pire si le rire secoue&lt;br /&gt;Votre aile sur les oreillers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Indifféremment sommeillez&lt;br /&gt;Sans crainte qu'une haleine avoue&lt;br /&gt;Rien au réveil que vous n'ayez&lt;br /&gt;Envisagé de quelque moue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les rêves émerveillés&lt;br /&gt;Quand cette beauté les déjoue&lt;br /&gt;Ne produisent fleur sur la joue&lt;br /&gt;Dans l'oeil diamants impayés&lt;br /&gt;Rien au réveil que vous n'ayez&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-9195365201065372780?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/9195365201065372780/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=9195365201065372780' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/9195365201065372780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/9195365201065372780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/rien-au-rveil-que-vous-nayez-rien-au.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8009803499402335519</id><published>2008-09-21T04:00:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T04:01:11.201-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;Quelle soie aux baumes de temps&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle soie aux baumes de temps&lt;br /&gt;Où la Chimère s'exténue&lt;br /&gt;Vaut la torse et native nue&lt;br /&gt;Que, hors de ton miroir, tu tends!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trous de drapeaux méditants&lt;br /&gt;S'exaltent dans notre avenue:&lt;br /&gt;Moi, j'ai la chevelure nue&lt;br /&gt;Pour enfouir mes yeux contents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non! La bouche ne sera sûre&lt;br /&gt;De rien goûter à sa morsure&lt;br /&gt;S'il ne fait, ton princier amant,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la considérable touffe&lt;br /&gt;Expirer, comme un diamant,&lt;br /&gt;Le cri des Gloires qu'il étouffe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8009803499402335519?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8009803499402335519/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8009803499402335519' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8009803499402335519'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8009803499402335519'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/quelle-soie-aux-baumes-de-temps-quelle.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-812887693605658424</id><published>2008-09-21T03:58:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T03:59:40.792-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;M'introduire dans ton histoire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;M'introduire dans ton histoire&lt;br /&gt;C'est en héros effarouché&lt;br /&gt;S'il a du talon nu touché&lt;br /&gt;Quelque gazon de territoire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À des glaciers attentatoire&lt;br /&gt;Je ne sais le naïf péché&lt;br /&gt;Que tu n'auras pas empêché&lt;br /&gt;De rire très haut sa victoire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dis si je ne suis pas joyeux&lt;br /&gt;Tonnerre et rubis aux moyeux&lt;br /&gt;De voir en l'air que ce feu troue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec des royaumes épars&lt;br /&gt;Comme mourir pourpre la roue&lt;br /&gt;Du seul vespéral de mes chars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-812887693605658424?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/812887693605658424/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=812887693605658424' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/812887693605658424'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/812887693605658424'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/mintroduire-dans-ton-histoire.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3092375830465858782</id><published>2008-09-21T03:56:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T03:58:05.027-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;À la nue accablante tu&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;À la nue accablante tu&lt;br /&gt;Basse de basaltes et de laves&lt;br /&gt;À même les échos esclaves&lt;br /&gt;Par une trompe sans vertu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel sépulcral naufrage (tu&lt;br /&gt;Le sais, écume, mais y baves)&lt;br /&gt;Suprême une entre les épaves&lt;br /&gt;Abolit le mât dévêtu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou cela que furibond faute&lt;br /&gt;De quelque perdition haute&lt;br /&gt;Tout l'abîme vain éployé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le si blanc cheveu qui traîne&lt;br /&gt;Avarement aura noyé&lt;br /&gt;Le flanc enfant d'une sirène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3092375830465858782?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3092375830465858782/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3092375830465858782' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3092375830465858782'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3092375830465858782'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-nue-accablante-tu-la-nue-accablante.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4423315454860791601</id><published>2008-09-21T03:54:00.000-07:00</published><updated>2008-09-21T03:56:12.403-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#33cc00;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;La chevelure&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La chevelure vol d'une flamme à l'extrême&lt;br /&gt;Occident de désirs pour la tout déployer&lt;br /&gt;Se pose (je dirais mourir un diadème)&lt;br /&gt;Vers le front couronné son ancien foyer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais sans or soupirer que cette vie nue&lt;br /&gt;L'ignition du feu toujours intérieur&lt;br /&gt;Originellement la seule continue&lt;br /&gt;Dans le joyau de l'oeil véridique ou rieur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une nudité de héros tendre diffame&lt;br /&gt;Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt&lt;br /&gt;Rien qu'à simplifier avec gloire la femme&lt;br /&gt;Accomplit par son chef fulgurante l'exploit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De semer de rubis le doute qu'elle écorche&lt;br /&gt;Ainsi qu'une joyeuse et tutélaire torche&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4423315454860791601?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4423315454860791601/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4423315454860791601' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4423315454860791601'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4423315454860791601'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-chevelure-la-chevelure-vol-dune.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4287471590821600421</id><published>2008-09-19T03:14:00.006-07:00</published><updated>2008-09-20T02:30:27.932-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;a double tour&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je suis si loin des voix&lt;br /&gt;Des rumeurs de la fête&lt;br /&gt;Le moulin d'écume tourne à rebours&lt;br /&gt;Le sanglot des sources s'arrête&lt;br /&gt;L'heure a glissé péniblement&lt;br /&gt;Sur les grandes plages de lune&lt;br /&gt;Et dans l'espace tiède étroit sans une faille&lt;br /&gt;je dors la tête au coude&lt;br /&gt;Sur le désert placide du cercle de la lampe&lt;br /&gt;Temps terrible temps inhumain&lt;br /&gt;Chassé sur les trottoirs de boue&lt;br /&gt;Loin du cirque limpide qui décline des verres&lt;br /&gt;Loin du chant décanté naissant de la paresse&lt;br /&gt;Dans une âpre mêlée de rîtes entre les dents&lt;br /&gt;Une douleur fanée qui tremble à tes racines&lt;br /&gt;je préfère la mort l'oubli l'a dignité&lt;br /&gt;je suis si loin quand je compte tout ce que j'aime&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pierre Reverdy&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;le chant des morts (extraits)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4287471590821600421?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4287471590821600421/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4287471590821600421' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4287471590821600421'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4287471590821600421'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/double-tour-je-suis-si-loin-des-voix.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3409634311610585560</id><published>2008-09-19T03:14:00.005-07:00</published><updated>2008-09-20T02:28:47.979-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;outre mesure&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde est ma prison&lt;br /&gt;Si je suis loin de ce que j'aime&lt;br /&gt;Vous n'êtes pas trop loin barreaux de l'horizon&lt;br /&gt;L'amour la liberté dans le ciel trop vide&lt;br /&gt;Sur la terre gercée de douleurs&lt;br /&gt;Un visage éclaire et réchauffe les choses dures&lt;br /&gt;Qui faisaient partie de la mort&lt;br /&gt;A partir de cette figure&lt;br /&gt;De ces gestes de cette voix&lt;br /&gt;Ce n'est que moi-même qui parle&lt;br /&gt;Mon coeur qui résonne et qui bat&lt;br /&gt;Un écran de feu abat-jour tendre&lt;br /&gt;Entre les murs familiers de la nuit&lt;br /&gt;Cercle enchanté des fausses solitudes&lt;br /&gt;Faisceaux de reflets lumineux&lt;br /&gt;Regrets&lt;br /&gt;Tous ces débris du temps crépitent au foyer&lt;br /&gt;Encore un plan qui se déchire&lt;br /&gt;Un acte qui manque à l'appel&lt;br /&gt;Il reste peu de chose à prendre&lt;br /&gt;Dans un homme qui va mourir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pierre Reverdy&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;le chant des morts (extraits)&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3409634311610585560?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3409634311610585560/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3409634311610585560' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3409634311610585560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3409634311610585560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/outre-mesure-le-monde-est-ma-prison-si.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1468591120813840440</id><published>2008-09-19T03:14:00.004-07:00</published><updated>2008-09-20T02:26:37.801-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;chemin tournant&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IL y a un terrible gris de poussière dans le temps&lt;br /&gt;Un vent du sud avec de fortes ailes&lt;br /&gt;Les échos sourds de l'eau dans le soir chavirant&lt;br /&gt;Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant&lt;br /&gt;des voix rugueuses qui se plaignent&lt;br /&gt;Un goût de cendre sur la langue&lt;br /&gt;Un bruit d'orgue dans les sentiers&lt;br /&gt;Le navire du coeur qui tangue&lt;br /&gt;Tous les désastres du métier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand les feux du désert s'éteignent un à un&lt;br /&gt;Quand les yeux sont mouillés comme&lt;br /&gt;des brins d'herbe&lt;br /&gt;Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles Le matin à peine levé&lt;br /&gt;Il y a quelqu'un qui cherche&lt;br /&gt;Une adresse perdue dans le chemin caché&lt;br /&gt;Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent&lt;br /&gt;A travers les branches cassées&lt;br /&gt;Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;règle le mouvement et pousse l'horizon&lt;br /&gt;Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons&lt;br /&gt;Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête&lt;br /&gt;Des visages vivants&lt;br /&gt;Tout ce qui s'est passé au monde&lt;br /&gt;Et cette fête&lt;br /&gt;Où j'ai perdu mon temps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pierre Reverdy&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Sources du vent&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1468591120813840440?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1468591120813840440/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1468591120813840440' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1468591120813840440'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1468591120813840440'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/chemin-tournant-il-y-un-terrible-gris.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-6088406846636271387</id><published>2008-09-19T03:14:00.003-07:00</published><updated>2008-09-20T02:21:19.149-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;le temps et moi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans le sous-sol le plus secret de ma détresse&lt;br /&gt;Où le vice a reçu la trempe de la mort&lt;br /&gt;je redonne le ton au disque&lt;br /&gt;Le refrain à la vie&lt;br /&gt;Un terme à mon remords&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cercle sans horizon où se lamente la nature&lt;br /&gt;Si la chaleur-qui passe du sang à ton esprit&lt;br /&gt;Tu pouvais suivre la mesure&lt;br /&gt;En te hâtant sans bruit au tournant de la peur&lt;br /&gt;To ut ce qu'on m'a repris des roues de la poitrine&lt;br /&gt;Cette montre qui sonne l'heure sans arrêt&lt;br /&gt;Et l'amère lueur qui coulait goutte à goutte&lt;br /&gt;Entre la main et l'oeil&lt;br /&gt;Le chemin de la peau&lt;br /&gt;La débâcle au bruit sec de la glace légère qui se brise au réveil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je vais plus loin la main tendue au mouvement inconscient de la pendule&lt;br /&gt;Une curiosité perçante au fond du coeur&lt;br /&gt;Et pour toi dans la tempe le bruit sourd qui ondule&lt;br /&gt;Des lièvres du péché à l'haleine des fleurs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Va-et-vient lumineux&lt;br /&gt;Ressac de la fatigue&lt;br /&gt;Goutte à goutte le temps creuse ta pierre nue&lt;br /&gt;Poitrine ravinée par l'acier des minutes&lt;br /&gt;Et la main dans le dos qui pousse à l'inconnu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Pierre Reverdy&lt;br /&gt;ferrailles (extraits)&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-6088406846636271387?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/6088406846636271387/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=6088406846636271387' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/6088406846636271387'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/6088406846636271387'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/le-temps-et-moi-dans-le-sous-sol-le.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-7284218299745046320</id><published>2008-09-19T03:14:00.002-07:00</published><updated>2008-09-19T03:19:33.212-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;A ma maistresse&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mignonne, allons voir si la rose&lt;br /&gt;Qui se matin avoit déclose&lt;br /&gt;Sa robe de pourpre au Soleil,&lt;br /&gt;A point perdu ceste vesprée&lt;br /&gt;Les plis de sa robe pourprée,&lt;br /&gt;Et son teint au vostre pareil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Las ! voyez comme en peu d'espace,&lt;br /&gt;Mignonne, elle a dessus la place&lt;br /&gt;Las las ses beautez laisse cheoir !&lt;br /&gt;O vrayment marastre Nature,&lt;br /&gt;Puis qu'une telle fleure ne dure&lt;br /&gt;Que du matin jusques au soir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, si vous me croyez mignonne,&lt;br /&gt;Tandis que vostre age fleuronne&lt;br /&gt;En sa plus verte nouveauté,&lt;br /&gt;Cueillez cueillez vostre jeunesse :&lt;br /&gt;Comme à ceste fleure la vieillesse&lt;br /&gt;Fera ternir vostre beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pierre de Ronsard ("Le Premier Livre des Odes, Ode XVII")&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-7284218299745046320?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/7284218299745046320/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=7284218299745046320' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7284218299745046320'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7284218299745046320'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/ma-maistresse-mignonne-allons-voir-si.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1823116897516135649</id><published>2008-09-19T03:14:00.001-07:00</published><updated>2008-09-19T03:17:42.580-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Chanson &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le printemps n'a point tant de fleurs,&lt;br /&gt;L'autonne tant de raisins meurs,&lt;br /&gt;L'este tant de chaleurs halées,&lt;br /&gt;L'hyver tant de froides gelées,&lt;br /&gt;Ny la mer a tant de poissons,&lt;br /&gt;Ny la Beauce tant de moissons,&lt;br /&gt;Ny la Bretagne tant d'arènes,&lt;br /&gt;Ny l'Auvergne tant de fonteines,&lt;br /&gt;Ny la nuict tant de clairs flambeaux,&lt;br /&gt;Ny les forests tant de rameaux,&lt;br /&gt;Que je porte au coeur, ma maitresse,&lt;br /&gt;Pour vous de peine et de tristesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pierre de Ronsard&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1823116897516135649?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1823116897516135649/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1823116897516135649' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1823116897516135649'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1823116897516135649'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/chanson-le-printemps-na-point-tant-de.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3132533737982843541</id><published>2008-09-19T03:14:00.000-07:00</published><updated>2008-09-19T03:16:38.992-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Amour &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amour, je prends congé de ta menteuse école,&lt;br /&gt;Où j'ay perdu l'esprit, la raison et le sens,&lt;br /&gt;Où je me suis trompé, où j'ay gasté mes ans,&lt;br /&gt;Où j'ay mal employé ma jeunesse trop folle,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malheureux qui se fie en un enfant qui vole,&lt;br /&gt;Qui a l'esprit soudain, les effets inconstants,&lt;br /&gt;Qui moissonne nos fleurs avant nostre printans,&lt;br /&gt;Qui nous paist de créance et d'un songe frivole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeunesse l'allaicta, le sang chaud le nourrit,&lt;br /&gt;Cuider l'ensorcela, Paresse le pourrit&lt;br /&gt;Entre les voluptés vaines comme fumées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cassandre me ravit, Marie me tint pris,&lt;br /&gt;Ja grison à la Cour, d'une autre je m'espris,&lt;br /&gt;L'ardeur d'Amour ressemble aux pailles allumées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pierre de Ronsard &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3132533737982843541?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3132533737982843541/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3132533737982843541' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3132533737982843541'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3132533737982843541'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/amour-amour-je-prends-cong-de-ta.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-830293001739751116</id><published>2008-09-18T02:20:00.010-07:00</published><updated>2008-09-18T02:38:40.618-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Apparition &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs&lt;br /&gt;Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs&lt;br /&gt;Vaporeuses, tiraient de mourantes violes&lt;br /&gt;De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.&lt;br /&gt;- C'était le jour béni de ton premier baiser.&lt;br /&gt;Ma songerie aimant à me martyriser&lt;br /&gt;S'enivrait savamment du parfum de tristesse&lt;br /&gt;Que même sans regret et sans déboire laisse&lt;br /&gt;La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.&lt;br /&gt;J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli&lt;br /&gt;Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue&lt;br /&gt;Et dans le soir, tu m'es en riant apparue&lt;br /&gt;Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté&lt;br /&gt;Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté&lt;br /&gt;Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées&lt;br /&gt;Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-830293001739751116?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/830293001739751116/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=830293001739751116' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/830293001739751116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/830293001739751116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/apparition-la-lune-sattristait.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4760321442183475113</id><published>2008-09-18T02:20:00.008-07:00</published><updated>2008-09-18T02:34:54.864-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Angoisse &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête&lt;br /&gt;En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser&lt;br /&gt;Dans tes cheveux impurs une triste tempête&lt;br /&gt;Sous l'incurable ennui que verse mon baiser:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes&lt;br /&gt;Planant sous les rideaux inconnus du remords,&lt;br /&gt;Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,&lt;br /&gt;Toi qui sur le néant en sais plus que les morts:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le Vice, rongeant ma native noblesse,&lt;br /&gt;M'a comme toi marqué de sa stérilité,&lt;br /&gt;Mais tandis que ton sein de pierre est habité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,&lt;br /&gt;Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,&lt;br /&gt;Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4760321442183475113?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4760321442183475113/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4760321442183475113' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4760321442183475113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4760321442183475113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/angoisse-je-ne-viens-pas-ce-soir.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-470820298739861447</id><published>2008-09-18T02:20:00.007-07:00</published><updated>2008-09-18T02:33:07.231-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Renouveau &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le printemps maladif a chassé tristement&lt;br /&gt;L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,&lt;br /&gt;Et, dans mon être à qui le sang morne préside&lt;br /&gt;L'impuissance s'étire en un long bâillement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne&lt;br /&gt;Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau&lt;br /&gt;Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,&lt;br /&gt;Par les champs où la sève immense se pavane&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,&lt;br /&gt;Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,&lt;br /&gt;Mordant la terre chaude où poussent les lilas,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...&lt;br /&gt;- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil&lt;br /&gt;De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-470820298739861447?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/470820298739861447/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=470820298739861447' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/470820298739861447'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/470820298739861447'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/renouveau-le-printemps-maladif-chass.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8518160642608704987</id><published>2008-09-18T02:20:00.006-07:00</published><updated>2008-09-18T02:36:22.790-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les fleurs&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des avalanches d'or du vieil azur, au jour&lt;br /&gt;Premier et de la neige éternelle des astres&lt;br /&gt;Jadis tu détachas les grand calices pour&lt;br /&gt;La terre jeune encore et vierge de désastres,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin,&lt;br /&gt;Et ce divin laurier des âmes exilées&lt;br /&gt;Vermeil comme le pur orteil du séraphin&lt;br /&gt;Que rougit la pudeur des aurores foulées,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair&lt;br /&gt;Et, pareille à la chair de la femme, la rose&lt;br /&gt;Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,&lt;br /&gt;Celle qu'un sang farouche et radieux arrose!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et tu fis la blancheur sanglotante des lys&lt;br /&gt;Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure&lt;br /&gt;À travers l'encens bleu des horizons pâlis&lt;br /&gt;Monte rêveusement vers la lune qui pleure!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs,&lt;br /&gt;Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes!&lt;br /&gt;Et finisse l'écho par les célestes soirs,&lt;br /&gt;Extase des regards, scintillements des nimbes!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O Mère qui créas en ton sein juste et fort,&lt;br /&gt;Calice balançant la future fiole,&lt;br /&gt;De grandes fleurs avec la balsamique Mort&lt;br /&gt;Pour le poëte las que la vie étiole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8518160642608704987?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8518160642608704987/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8518160642608704987' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8518160642608704987'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8518160642608704987'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/les-fleurs-des-avalanches-dor-du-vieil.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5210679764817351518</id><published>2008-09-18T02:20:00.005-07:00</published><updated>2008-09-18T02:30:23.711-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les fenêtres&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Las du triste hôpital, et de l'encens fétide&lt;br /&gt;Qui monte en la blancheur banale des rideaux&lt;br /&gt;Vers le grand crucifix ennuyé du mur vide,&lt;br /&gt;Le moribond sournois y redresse un vieux dos,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture&lt;br /&gt;Que pour voir du soleil sur les pierres, coller&lt;br /&gt;Les poils blancs et les os de la maigre figure&lt;br /&gt;Aux fenêtres qu'un beau rayon clair veut hâler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la bouche, fiévreuse et d'azur bleu vorace,&lt;br /&gt;Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,&lt;br /&gt;Une peau virginale et de jadis! encrasse&lt;br /&gt;D'un long baiser amer les tièdes carreaux d'or.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ivre, il vit, oubliant l'horreur des saintes huiles,&lt;br /&gt;Les tisanes, l'horloge et le lit infligé,&lt;br /&gt;La toux; et quand le soir saigne parmi les tuiles,&lt;br /&gt;Son oeil, à l'horizon de lumière gorgé,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voit des galères d'or, belles comme des cygnes,&lt;br /&gt;Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir&lt;br /&gt;En berçant l'éclair fauve et riche de leurs lignes&lt;br /&gt;Dans un grand nonchaloir chargé de souvenirs!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, pris du dégoût de l'homme à l'âme dure&lt;br /&gt;Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits&lt;br /&gt;Mangent, et qui s'entête à chercher cette ordure&lt;br /&gt;Pour l'offrir à la femme allaitant ses petits,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées&lt;br /&gt;D'ou l'on tourne l'épaule à la vie et, béni,&lt;br /&gt;Dans leur verre, lavé d'éternelles rosées,&lt;br /&gt;Que dore le matin chaste de l'Infini&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me mire et me vois ange! et je meurs, et j'aime&lt;br /&gt;- Que la vitre soit l'art, soit la mysticité -&lt;br /&gt;À renaître, portant mon rêve en diadème,&lt;br /&gt;Au ciel antérieur où fleurit la Beauté!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais hélas! Ici-bas est maître: sa hantise&lt;br /&gt;Vient m'écoeurer parfois jusqu'en cet abri sûr,&lt;br /&gt;Et le vomissement impur de la Bêtise&lt;br /&gt;Me force à me boucher le nez devant l'azur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-il moyen, ô Moi qui connais l'amertume,&lt;br /&gt;D'enfoncer le cristal par le monstre insulté&lt;br /&gt;Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plume&lt;br /&gt;- Au risque de tomber pendant l'éternité?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5210679764817351518?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5210679764817351518/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5210679764817351518' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5210679764817351518'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5210679764817351518'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/les-fentres-las-du-triste-hpital-et-de.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-2719933777592418567</id><published>2008-09-18T02:20:00.004-07:00</published><updated>2008-09-18T02:28:56.255-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Une négresse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Une négresse par le démon secouée&lt;br /&gt;Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux&lt;br /&gt;Et criminels aussi sous leur robe trouée&lt;br /&gt;Cette goinfre s'apprête à de rusés travaux:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À son ventre compare heureuse deux tétines&lt;br /&gt;Et, si haut que la main ne le saura saisir,&lt;br /&gt;Elle darde le choc obscur de ses bottines&lt;br /&gt;Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contre la nudité peureuse de gazelle&lt;br /&gt;Qui tremble, sur le dos tel un fol éléphant&lt;br /&gt;Renversée elle attend et s'admire avec zèle,&lt;br /&gt;En riant de ses dents naïves à l'enfant;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, dans ses jambes où la victime se couche,&lt;br /&gt;Levant une peau noire ouverte sous le crin,&lt;br /&gt;Avance le palais de cette étrange bouche&lt;br /&gt;Pâle et rose comme un coquillage marin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-2719933777592418567?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/2719933777592418567/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=2719933777592418567' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2719933777592418567'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2719933777592418567'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/une-ngresse-une-ngresse-par-le-dmon.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-7300565302352586360</id><published>2008-09-18T02:20:00.003-07:00</published><updated>2008-09-18T02:27:17.269-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Le pitre châtié&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître&lt;br /&gt;Autre que l'histrion qui du geste évoquais&lt;br /&gt;Comme plume la suie ignoble des quinquets,&lt;br /&gt;J'ai troué dans le mur de toile une fenêtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ma jambe et des bras limpide nageur traître,&lt;br /&gt;À bonds multipliés, reniant le mauvais&lt;br /&gt;Hamlet! c'est comme si dans l'onde j'innovais&lt;br /&gt;Mille sépulcres pour y vierge disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilare or de cymbale à des poings irrité,&lt;br /&gt;Tout à coup le soleil frappe la nudité&lt;br /&gt;Qui pure s'exhala de ma fraîcheur de nacre,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,&lt;br /&gt;Ne sachant pas, ingrat! que c'était tout mon sacre,&lt;br /&gt;Ce fard noyé dans l'eau perfide des glaciers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-7300565302352586360?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/7300565302352586360/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=7300565302352586360' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7300565302352586360'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7300565302352586360'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/le-pitre-chti-yeux-lacs-avec-ma-simple.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-676550922372139545</id><published>2008-09-18T02:20:00.002-07:00</published><updated>2008-09-18T02:25:43.196-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Placet futile&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Princesse! à jalouser le destin d'une Hébé&lt;br /&gt;Qui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres,&lt;br /&gt;J'use mes feux mais n'ai rang discret que d'abbé&lt;br /&gt;Et ne figurerai même nu sur le Sèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je ne suis pas ton bichon embarbé,&lt;br /&gt;Ni la pastille ni du rouge, ni jeux mièvres&lt;br /&gt;Et que sur moi je sais ton regard clos tombé,&lt;br /&gt;Blonde dont les coiffeurs divins sont des orfèvres!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nommez-nous... toi de qui tant de ris framboisés&lt;br /&gt;Se joignent en troupeau d'agneaux apprivoisés&lt;br /&gt;Chez tous broutant les voeux et bêlant aux délires,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nommez-nous... pour qu'Amour ailé d'un éventail&lt;br /&gt;M'y peigne flûte aux doigts endormant ce bercail,&lt;br /&gt;Princesse, nommez-nous berger de vos sourires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-676550922372139545?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/676550922372139545/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=676550922372139545' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/676550922372139545'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/676550922372139545'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/placet-futile-princesse-jalouser-le.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-9038584737943232239</id><published>2008-09-18T02:20:00.001-07:00</published><updated>2008-09-18T02:24:07.999-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Le guignon&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-dessus du bétail ahuri des humains&lt;br /&gt;Bondissaient en clarté les sauvages crinières&lt;br /&gt;Des mendiants d'azur le pied dans nos chemins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières&lt;br /&gt;La flagellait de froid tel jusque dans la chair,&lt;br /&gt;Qu'il y creusait aussi d'irritables ornières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours avec l'espoir de rencontrer la mer,&lt;br /&gt;Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes,&lt;br /&gt;Mordant au citron d'or de l'idéal amer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart râla dans les défilés nocturnes,&lt;br /&gt;S'enivrant du bonheur de voir couler son sang,&lt;br /&gt;O Mort le seul baiser aux bouches taciturnes!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur défaite, c'est par un ange très puissant&lt;br /&gt;Debout à l'horizon dans le nu de son glaive:&lt;br /&gt;Une pourpre se caille au sein reconnaissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils tettent la douleur comme ils tétaient le rêve&lt;br /&gt;Et quand ils vont rythmant de pleurs voluptueux&lt;br /&gt;Le peuple s'agenouille et leur mère se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux;&lt;br /&gt;Mais traînent à leurs pas cent frères qu'on bafoue,&lt;br /&gt;Dérisoires martyrs de hasards tortueux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue,&lt;br /&gt;Ils mangent de la cendre avec le même amour,&lt;br /&gt;Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour&lt;br /&gt;La servile pitié des races à voix terne,&lt;br /&gt;Égaux de Prométhée à qui manque un vautour!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, vils et fréquentant les déserts sans citerne,&lt;br /&gt;Ils courent sous le fouet d'un monarque rageur,&lt;br /&gt;Le Guignon, dont le rire inouï les prosterne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amants, il saute en croupe à trois, le partageur!&lt;br /&gt;Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare&lt;br /&gt;Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à lui, si l'un souffle à son buccin bizarre,&lt;br /&gt;Des enfants nous tordront en un rire obstiné&lt;br /&gt;Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à lui, si l'une orne à point un sein fané&lt;br /&gt;Par une rose qui nubile le rallume,&lt;br /&gt;De la bave luira sur son bouquet damné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce squelette nain, coiffé d'un feutre à plume&lt;br /&gt;Et botté, dont l'aisselle a pour poils vrais des vers,&lt;br /&gt;Est pour eux l'infini de la vaste amertume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers,&lt;br /&gt;Leur rapière grinçant suit le rayon de lune&lt;br /&gt;Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désolés sans l'orgueil qui sacre l'infortune,&lt;br /&gt;Et tristes de venger leurs os de coups de bec,&lt;br /&gt;Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont l'amusement des racleurs de rebec,&lt;br /&gt;Des marmots, des putains et de la vieille engeance&lt;br /&gt;Des loqueteux dansant quand le broc est à sec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les poëtes bons pour l'aumône ou la vengeance,&lt;br /&gt;Ne connaissent le mal de ces dieux effacés,&lt;br /&gt;Les disent ennuyeux et sans intelligence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez,&lt;br /&gt;» Comme un vierge cheval écume de tempête&lt;br /&gt;» Plutôt que de partir en galops cuirassés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;» Nous soûlerons d'encens le vainqueur de la fête:&lt;br /&gt;» Mais eux, pourquoi n'endosser pas, ces baladins,&lt;br /&gt;» D'écarlate haillon hurlant que l'on s'arrête! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand en face tous leur ont craché les dédains,&lt;br /&gt;Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre,&lt;br /&gt;Ces héros excédés de malaises badins&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vont ridiculement se pendre au réverbère&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-9038584737943232239?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/9038584737943232239/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=9038584737943232239' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/9038584737943232239'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/9038584737943232239'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/le-guignon-au-dessus-du-btail-ahuri-des.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5423990756663534706</id><published>2008-09-18T02:20:00.000-07:00</published><updated>2008-09-18T02:22:29.988-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Salut &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien, cette écume, vierge vers&lt;br /&gt;À ne désigner que la coupe;&lt;br /&gt;Telle loin se noie une troupe&lt;br /&gt;De sirènes mainte à l'envers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous naviguons, ô mes divers&lt;br /&gt;Amis, moi déjà sur la poupe&lt;br /&gt;Vous l'avant fastueux qui coupe&lt;br /&gt;Le flot de foudres et d'hivers;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une ivresse belle m'engage&lt;br /&gt;Sans craindre même son tangage&lt;br /&gt;De porter debout ce salut&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Solitude, récif, étoile&lt;br /&gt;À n'importe ce qui valut&lt;br /&gt;Le blanc souci de notre toile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5423990756663534706?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5423990756663534706/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5423990756663534706' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5423990756663534706'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5423990756663534706'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/salut-rien-cette-cume-vierge-vers-ne.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8616080590472669696</id><published>2008-09-16T22:51:00.001-07:00</published><updated>2008-09-16T22:54:22.343-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Le Bal&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La harpe tremble encore et la flûte soupire,&lt;br /&gt;Car la Walse bondit dans son sphérique empire ;&lt;br /&gt;Des couples passagers éblouissent les yeux,&lt;br /&gt;Volent entrelacés en cercle gracieux,&lt;br /&gt;Suspendent des repos balancés en mesure,&lt;br /&gt;Aux reflets d'une glace admirent leur parure,&lt;br /&gt;Repartent ; puis, troublés par leur groupe riant,&lt;br /&gt;Dans leurs tours moins adroits se heurtent en criant.&lt;br /&gt;La danseuse, enivrée aux transports de la fête,&lt;br /&gt;Sème et foule en passant les bouquets de sa tête,&lt;br /&gt;Au bras qui la soutient se livre, et, pâlissant,&lt;br /&gt;Tourne, les yeux baissés sur un sein frémissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Courez, jeunes beautés, formez la double danse :&lt;br /&gt;Entendez-vous l'archet du bal joyeux,&lt;br /&gt;Jeunes beautés ? Bientôt la légère cadence&lt;br /&gt;Toutes va, tout à coup, vous mêler à mes yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dansez et couronnez de fleurs vos fronts d'albâtre ;&lt;br /&gt;Liez au blanc muguet l'hyacinthe bleuâtre,&lt;br /&gt;Et que vos pas moelleux, délices d'un amant,&lt;br /&gt;Sur le chêne poli glissent légèrement ;&lt;br /&gt;Dansez, car dès demain vos mères exigeantes&lt;br /&gt;A vos jeunes travaux vous diront négligentes ;&lt;br /&gt;L'aiguille détestée aura fui de vos doigts,&lt;br /&gt;Ou, de la mélodie interrompant les lois,&lt;br /&gt;Sur l'instrument mobile, harmonieux ivoire,&lt;br /&gt;Vos mains auront perdu la touche blanche et noire ;&lt;br /&gt;Demain, sous l'humble habit du jour laborieux,&lt;br /&gt;Un livre, sans plaisir, fatiguera vos yeux... ;&lt;br /&gt;Ils chercheront en vain, sur la feuille indocile,&lt;br /&gt;De ses simples discours le sens clair et facile ;&lt;br /&gt;Loin du papier noirci votre esprit égaré,&lt;br /&gt;Partant, seul et léger, vers le Bal adoré,&lt;br /&gt;Laissera de vos yeux l'indécise prunelle&lt;br /&gt;Recommencer vingt fois une page éternelle.&lt;br /&gt;Prolongez, s'il se peut, oh ! prolongez la nuit&lt;br /&gt;Qui d'un pas diligent plus que vos pas s'enfuit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le signal est donné, l'archet frémit encore :&lt;br /&gt;Elancez-vous, liez ces pas nouveaux&lt;br /&gt;Que l'Anglais inventa, nœuds chers à Terpsichore,&lt;br /&gt;Qui d'une molle chaîne imitent les anneaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dansez, un soir encore usez de votre vie :&lt;br /&gt;L'étincelante nuit d'un long jour est suivie ;&lt;br /&gt;A l'orchestre brillant le silence fatal&lt;br /&gt;Succède, et les dégoûts aux doux propos du bal.&lt;br /&gt;Ah ! reculez le jour où, surveillantes mères,&lt;br /&gt;Vous saurez du berceau les angoisses amères :&lt;br /&gt;Car, dès que de l'enfant le cri s'est élevé,&lt;br /&gt;Adieu, plaisir, long voile à demi relevé,&lt;br /&gt;Et parure éclatante, et beaux joyaux des fêtes,&lt;br /&gt;Et le soir, en passant, les riantes conquêtes&lt;br /&gt;Sous les ormes, le soir, aux heures de l'amour,&lt;br /&gt;Quand les feux suspendus ont rallumé le jour.&lt;br /&gt;Mais, aux yeux maternels, les veilles inquiètes&lt;br /&gt;Ne manquèrent jamais, ni les peines muettes&lt;br /&gt;Que dédaigne l'époux, que l'enfant méconnaît,&lt;br /&gt;Et dont le souvenir dans les songes renaît.&lt;br /&gt;Ainsi, toute au berceau qui la tient asservie,&lt;br /&gt;La mère avec ses pleurs voit s'écouler sa vie.&lt;br /&gt;Rappelez les plaisirs, ils fuiront votre voix,&lt;br /&gt;Et leurs chaînes de fleurs se rompront sous vos doigts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensemble, à pas légers, traversez la carrière ;&lt;br /&gt;Que votre main touche une heureuse main,&lt;br /&gt;Et que vos pieds savants à leur place première&lt;br /&gt;Reviennent, balancés dans leur double chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dansez : un jour, hélas ! ô reines éphémères !&lt;br /&gt;De votre jeune empire auront fui les chimères;&lt;br /&gt;Rien n'occupera plus vos cœurs désenchantés,&lt;br /&gt;Que des rêves d'amour, bien vite épouvantés,&lt;br /&gt;Et le regret lointain de ces fraîches années&lt;br /&gt;Qu'un souffle a fait mourir, en moins de temps fanées&lt;br /&gt;Que la rose et l'oeillet, l'honneur de votre front ;&lt;br /&gt;Et, du temps indompté lorsque viendra l'affront,&lt;br /&gt;Quelles seront alors vos tardives alarmes ?&lt;br /&gt;Un teint, déjà flétri, pâlira sous les larmes,&lt;br /&gt;Les larmes, à présent doux trésor des amours,&lt;br /&gt;Les larmes, contre l'âge inutile secours :&lt;br /&gt;Car les ans maladifs, avec un doigt de glace,&lt;br /&gt;Des chagrins dans vos cœurs auront marqué la place,&lt;br /&gt;La morose vieillesse... O légères beautés !&lt;br /&gt;Dansez, multipliez vos pas précipités,&lt;br /&gt;Et dans les blanches mains les mains entrelacées,&lt;br /&gt;Et les regards de feu, les guirlandes froissées,&lt;br /&gt;Et le rire éclatant, cri des joyeux loisirs,&lt;br /&gt;Et que la salle au loin tremble de vos plaisirs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Alfred de Vigny&lt;br /&gt;du LIVRE MODERNE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8616080590472669696?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8616080590472669696/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8616080590472669696' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8616080590472669696'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8616080590472669696'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/le-bal-la-harpe-tremble-encore-et-la_16.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3654182213157475386</id><published>2008-09-16T22:48:00.001-07:00</published><updated>2008-09-16T22:56:25.642-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Dolorida &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce la Volupté qui, pour ses doux mystères,&lt;br /&gt;Furtive, a rallumé ces lampes solitaires ?&lt;br /&gt;La gaze et le cristal sont leur pâle prison.&lt;br /&gt;Aux souffles purs d'un soir de l'ardente saison&lt;br /&gt;S'ouvre sur le balcon la moresque fenêtre ;&lt;br /&gt;Une aurore imprévue à minuit semble naître,&lt;br /&gt;Quand la lune apparaît, quand ses gerbes d'argent&lt;br /&gt;Font pâlir les lueurs du feu rose et changeant ;&lt;br /&gt;Les deux clartés à l'oeil offrent partout leurs pièges,&lt;br /&gt;Caressent mollement le velours bleu des sièges,&lt;br /&gt;La soyeuse ottomane où le livre est encor,&lt;br /&gt;La pendule mobile entre deux vases d'or,&lt;br /&gt;La Madone d'argent, sous des roses cachée,&lt;br /&gt;Et sur un lit d'azur une beauté couchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh ! jamais dans Madrid un noble cavalier&lt;br /&gt;Ne verra tant de grâce à plus d'art s'allier ;&lt;br /&gt;Jamais pour plus d'attraits, lorsque la nuit commence,&lt;br /&gt;N'a frémi la guitare et langui la romance ;&lt;br /&gt;Jamais, dans nulle église, on ne vit plus beaux yeux&lt;br /&gt;Des grains du chapelet se tourner vers les cieux ;&lt;br /&gt;Sur les mille degrés du vaste amphithéâtre&lt;br /&gt;On n'admira jamais plus belles mains d'albâtre,&lt;br /&gt;Sous la mantille noire et ses paillettes d'or,&lt;br /&gt;Applaudissant, de loin, l'adroit Toréador.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, ô vous qu'en secret nulle oeillade attentive&lt;br /&gt;Dans ses rayons brillants ne chercha pour captive,&lt;br /&gt;Jeune foule d'amants, Espagnols à l'oeil noir,&lt;br /&gt;Si sous la perle et l'or vous l'adoriez le soir,&lt;br /&gt;Qui de vous ne voudrait (dût la dague andalouse&lt;br /&gt;Le frapper au retour de sa pointe jalouse)&lt;br /&gt;Prosterner ses baisers sur ces pieds découverts,&lt;br /&gt;Ce col, ce sein d'albâtre, à l'air nocturne ouverts,&lt;br /&gt;Et ces longs cheveux noirs tombant sur son épaule,&lt;br /&gt;Comme tombe à ses pieds le vêtement du saule ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dolorida n'a plus que ce voile incertain,&lt;br /&gt;Le premier que revêt le pudique matin&lt;br /&gt;Et le dernier rempart que, dans sa nuit folâtre,&lt;br /&gt;L'amour ose enlever d'une main idolâtre.&lt;br /&gt;Ses bras nus à sa tête offrent un mol appui,&lt;br /&gt;Mais ses yeux sont ouverts, et bien du temps a fui&lt;br /&gt;Depuis que, sur l'émail, dans ses douze demeures,&lt;br /&gt;Ils suivent ce compas qui tourne avec les heures.&lt;br /&gt;Que fait-il donc, celui que sa douleur attend ?&lt;br /&gt;Sans doute il n'aime pas, celui qu'elle aime tant.&lt;br /&gt;A peine chaque jour l'épouse délaissée&lt;br /&gt;Voit un baiser distrait sur sa lèvre empressée&lt;br /&gt;Tomber seul, sans l'amour ; son amour cependant&lt;br /&gt;S'accroît par les dédains et souffre plus ardent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Près d'un constant époux, peut-être, ô jeune femme !&lt;br /&gt;Quelque infidèle espoir eût égaré ton âme ;&lt;br /&gt;Car l'amour d'une femme est semblable à l'enfant&lt;br /&gt;Qui, las de ses jouets, les brise triomphant,&lt;br /&gt;Foule d'un pied volage une rose immobile,&lt;br /&gt;Et suit l'insecte ailé qui fuit sa main débile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi Dolorida seule en ce grand palais,&lt;br /&gt;Où l'on n'entend, ce soir, ni le pied des valets,&lt;br /&gt;Ni, dans la galerie et les corridors tristes,&lt;br /&gt;Les enfantines voix des vives caméristes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois heures cependant ont lentement sonné ;&lt;br /&gt;La voix du temps est triste au coeur abandonné ;&lt;br /&gt;Ses coups y réveillaient la douleur de l'absence,&lt;br /&gt;Et la lampe luttait ; sa flamme sans puissance&lt;br /&gt;Décroissait inégale, et semblait un mourant&lt;br /&gt;Qui sur la vie encor jette un regard errant.&lt;br /&gt;A ses yeux fatigués tout se montre plus sombre,&lt;br /&gt;Le crucifix penché semble agiter son ombre ;&lt;br /&gt;Un grand froid la saisit, mais les fortes douleurs&lt;br /&gt;Ignorent les sanglots, les soupirs et les pleurs :&lt;br /&gt;Elle reste immobile, et, sous un air paisible&lt;br /&gt;Mord, d'une dent jalouse, une main insensible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que le silence est long ! Mais on entend des pas ;&lt;br /&gt;La porte s'ouvre, il entre : elle ne tremble pas !&lt;br /&gt;Elle ne tremble pas, à sa pâle figure&lt;br /&gt;Qui de quelque malheur semble traîner l'augure ;&lt;br /&gt;Elle voit sans effroi son jeune époux, si beau,&lt;br /&gt;Marcher jusqu'à son lit comme on marche au tombeau.&lt;br /&gt;Sous les plis du manteau se courbe sa faiblesse ;&lt;br /&gt;Même sa longue épée est un poids qui le blesse.&lt;br /&gt;Tombé sur ses genoux, il parle à demi-voix :&lt;br /&gt;« — Je viens te dire adieu ; je me meurs, tu le vois,&lt;br /&gt;Dolorida, je meurs ! une flamme inconnue,&lt;br /&gt;Errante, est de mon sang jusqu'au coeur parvenue.&lt;br /&gt;Mes pieds sont froids et lourds, mon oeil est obscurci ;&lt;br /&gt;Je suis tombé trois fois en revenant ici.&lt;br /&gt;Mais je voulais te voir ; mais, quand l'ardente fièvre&lt;br /&gt;Par des frissons brûlants a fait trembler ma lèvre,&lt;br /&gt;J'ai dit : Je vais mourir ; que la fin de mes jours&lt;br /&gt;Lui fasse au moins savoir qu'absent j'aimais toujours.&lt;br /&gt;Alors je suis partis ne demandant qu'une heure&lt;br /&gt;Et qu'un peu de soutien pour trouver ta demeure.&lt;br /&gt;Je me sens plus vivant à genoux devant toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi mourir ici, quand vous viviez sans moi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ô coeur inexorable ! oui, tu fus offensée !&lt;br /&gt;Mais écoute mon souffle, et sens ma main glacée ;&lt;br /&gt;Viens toucher sur mon front cette froide sueur,&lt;br /&gt;Du trépas dans mes yeux vois la terne lueur ;&lt;br /&gt;Donne, oh ! donne une main ; dis mon nom. Fais entendre&lt;br /&gt;Quelque mot consolant, s'il ne peut être tendre.&lt;br /&gt;Des jours qui m'étaient dus je n'ai pas la moitié :&lt;br /&gt;Laisse en aller mon âme en rêvant ta pitié !&lt;br /&gt;Hélas ! devant la mort montre un peu d'indulgence !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— La mort n'est que la mort et n'est pas la vengeance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ô Dieux ! si jeune encor ! tout son coeur endurci !&lt;br /&gt;Qu'il t'a fallu souffrir pour devenir ainsi !&lt;br /&gt;Tout mon crime est empreint au fond de ton langage,&lt;br /&gt;Faible amie, et ta force horrible est mon ouvrage.&lt;br /&gt;Mais viens, écoute-moi, viens, je mérite et veux&lt;br /&gt;Que ton âme apaisée entende mes aveux.&lt;br /&gt;Je jure, et tu le vois, en expirant, ma bouche&lt;br /&gt;Jure devant ce Christ qui domine ta couche,&lt;br /&gt;Et si par leur faiblesse ils n'étaient pas liés,&lt;br /&gt;Je lèverais mes bras jusqu'au sang de ses pieds ;&lt;br /&gt;Je jure que jamais mon amour égarée&lt;br /&gt;N'oublia loin de toi ton image adorée ;&lt;br /&gt;L'infidélité même était pleine de toi,&lt;br /&gt;Je te voyais partout entre ma faute et moi,&lt;br /&gt;Et sur un autre coeur mon coeur rêvait tes charmes&lt;br /&gt;Plus touchants par mon crime et plus beaux par tes larmes.&lt;br /&gt;Séduit par ces plaisirs qui durent peu de temps !&lt;br /&gt;Je fus bien criminel ; mais, hélas ! j'ai vingt ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— T'a-t-elle vu pâlir ce soir dans tes souffrances ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'ai vu son désespoir passer tes espérances,&lt;br /&gt;Oui, sois heureuse, elle a sa part dans nos douleurs ;&lt;br /&gt;Quand j'ai crié ton nom, elle a versé des pleurs ;&lt;br /&gt;Car je ne sais quel mal circule dans mes veines ;&lt;br /&gt;Mais je t'invoquais seule avec des plaintes vaines.&lt;br /&gt;J'ai cru d'abord mourir et n'avoir pas le temps&lt;br /&gt;D'appeler ton pardon sur mes derniers instants.&lt;br /&gt;Oh ! parle ; mon coeur fuit ; quitte ce dur langage ;&lt;br /&gt;Qu'un regard... Mais quel est ce blanchâtre breuvage&lt;br /&gt;Que tu bois à longs traits et d'un air insensé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le reste du poison qu'hier je t'ai versé. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Alfred de Vigny&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Du livre moderne&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3654182213157475386?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3654182213157475386/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3654182213157475386' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3654182213157475386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3654182213157475386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/dolorida-est-ce-la-volupt-qui-pour-ses.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-2093327980014641916</id><published>2008-09-16T22:45:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T22:48:01.911-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La fille de Jephté&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce qu'ont chanté les filles d'Israël,&lt;br /&gt;Et leurs pleurs ont coulé sur l'herbe du Carmel :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Jephté de Galaad a ravagé trois villes ;&lt;br /&gt;Abel ! la flamme a lui sur tes vignes fertiles !&lt;br /&gt;Aroër sous la cendre éteignit ses chansons,&lt;br /&gt;Et Mennith s'est assise en pleurant ses moissons !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les guerriers d'Ammon sont détruits, et leur terre&lt;br /&gt;Du Seigneur notre Dieu reste la tributaire.&lt;br /&gt;Israël est vainqueur, et par ses cris perçants&lt;br /&gt;Reconnaît du Très-Haut les secours tout-puissants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'hymne universel que le désert répète&lt;br /&gt;Se mêle en longs éclats le son de la trompette,&lt;br /&gt;Et l'armée, en marchant vers les tours de Maspha,&lt;br /&gt;Leur raconte de loin que Jephté triompha.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le peuple tout entier tressaille de la fête.&lt;br /&gt;— Mais le sombre vainqueur marche en baissant la tête ;&lt;br /&gt;Sourd à ce bruit de gloire, et seul, silencieux,&lt;br /&gt;Tout à coup il s'arrête, il a fermé ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a fermé ses yeux, car, au loin, de la ville,&lt;br /&gt;Les vierges, en chantant, d'un pas lent et tranquille,&lt;br /&gt;Venaient ; il entrevoit le chœur religieux ;&lt;br /&gt;C'est pourquoi, plein de crainte, il a fermé ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entend le concert qui s'approche et l'honore :&lt;br /&gt;La harpe harmonieuse et le tambour sonore,&lt;br /&gt;Et la lyre aux dix voix, et le kinnor, léger,&lt;br /&gt;Et les sons argentins du nebel étranger,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, de plus près, les chants, leurs paroles pieuses,&lt;br /&gt;Et les pas mesurés en des danses joyeuses,&lt;br /&gt;Et, par des bruits flatteurs, les mains frappant les mains,&lt;br /&gt;Et de rameaux fleuris parfumant les chemins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses genoux ont tremblé sous le poids de ses armes ;&lt;br /&gt;Sa paupière s'entr'ouvre à ses premières larmes :&lt;br /&gt;C'est que, parmi les voix, le père a reconnu&lt;br /&gt;La voix la plus aimée à ce chant ingénu :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— « Ô vierges d'Israël ! ma couronne s'apprête&lt;br /&gt;La première à parer les cheveux de sa tête ;&lt;br /&gt;C'est mon père, et jamais un autre enfant que moi&lt;br /&gt;N'augmenta la famille heureuse sous sa loi. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ses bras à Jephté donnés avec tendresse,&lt;br /&gt;Suspendant à son col leur pieuse caresse :&lt;br /&gt;« Mon père, embrassez-moi ! D'où naissent vos retards ?&lt;br /&gt;Je ne vois que vos pleurs et non pas vos regards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai point oublié l'encens du sacrifice :&lt;br /&gt;J'offrais pour vous hier la naissante génisse.&lt;br /&gt;Qui peut vous affliger ? Le Seigneur n'a-t-il pas&lt;br /&gt;Renversé les cités au seul bruit de vos pas ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— « C'est vous, hélas ! c'est vous, ma fille bien-aimée ? »&lt;br /&gt;Dit le père en rouvrant sa paupière enflammée ;&lt;br /&gt;« Faut-il que ce soit vous ! ô douleur des douleurs !&lt;br /&gt;Que vos embrassements feront couler de pleurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seigneur, vous êtes bien le Dieu de la vengeance ;&lt;br /&gt;En échange du crime il vous faut l'innocence.&lt;br /&gt;C'est la vapeur du sang qui plaît au Dieu jaloux !&lt;br /&gt;Je lui dois une hostie, ô ma fille ! et c'est vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— « Moi ! » dit-elle. Et ses yeux se remplirent de larmes.&lt;br /&gt;Elle était jeune et belle, et la vie a des charmes.&lt;br /&gt;Puis elle répondit : « Oh ! si votre serment&lt;br /&gt;Dispose de mes jours, permettez seulement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qu'emmenant avec moi les vierges mes compagnes,&lt;br /&gt;J'aille, deux mois entiers, sur le haut des montagnes,&lt;br /&gt;Pour la dernière fois, errante en liberté,&lt;br /&gt;Pleurer sur ma jeunesse et ma virginité ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Car je n'aurai jamais, de mes mains orgueilleuses,&lt;br /&gt;Purifié mon fils sous les eaux merveilleuses ;&lt;br /&gt;Vous n'aurez pas béni sa venue, et mes pleurs&lt;br /&gt;Et mes chants n'auront pas endormi ses douleurs ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et, le jour de ma mort, nulle vierge jalouse&lt;br /&gt;Ne viendra demander de qui je fus l'épouse,&lt;br /&gt;Quel guerrier prend pour moi le cilice et le deuil :&lt;br /&gt;Et seul vous pleurerez autour de mon cercueil. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ces mots, l'armée assise tout entière&lt;br /&gt;Pleurait, et sur son front répandait la poussière.&lt;br /&gt;Jephté sous un manteau tenait ses pleurs voilés ;&lt;br /&gt;Mais, parmi les sanglots, on entendit : « Allez. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle inclina la tête et partit. Ses compagnes,&lt;br /&gt;Comme nous la pleurons, pleuraient sur les montagnes,&lt;br /&gt;Puis elle vint s'offrir au couteau paternel.&lt;br /&gt;- Voilà ce qu'ont chanté les filles d'Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Alfred de Vigny&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Du livre antique&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-2093327980014641916?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/2093327980014641916/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=2093327980014641916' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2093327980014641916'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2093327980014641916'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-fille-de-jepht-voil-ce-quont-chant.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-7129811406942356403</id><published>2008-09-16T22:41:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T22:44:51.642-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Moise &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil prolongeait sur la cime des tentes&lt;br /&gt;Ces obliques rayons, ces flammes éclatantes,&lt;br /&gt;Ces larges traces d’or qu’il laisse dans les airs,&lt;br /&gt;Lorsqu’en un lit de sable il se couche aux déserts.&lt;br /&gt;La pourpre et l’or semblaient revêtir la campagne.&lt;br /&gt;Du stérile Nébo gravissant la montagne,&lt;br /&gt;Moïse, homme de Dieu, s’arrête, et, sans orgueil,&lt;br /&gt;Sur le vaste horizon promène un long coup d’œil.&lt;br /&gt;Il voit d’abord Phasga, que des figuiers entourent,&lt;br /&gt;Puis, au-delà des monts que ses regards parcourent,&lt;br /&gt;S’étend tout Galaad, Éphraïm, Manassé,&lt;br /&gt;Dont le pays fertile à sa droite est placé ;&lt;br /&gt;Vers le Midi, Juda, grand et stérile, étale&lt;br /&gt;Ses sables où s’endort la mer occidentale ;&lt;br /&gt;Plus loin, dans un vallon que le soir a pâli,&lt;br /&gt;Couronné d’oliviers, se montre Nephtali ;&lt;br /&gt;Dans des plaines de fleurs magnifiques et calmes,&lt;br /&gt;Jéricho s’aperçoit, c’est la ville des palmes ;&lt;br /&gt;Et, prolongeant ses bois, des plaines de Phogor&lt;br /&gt;Le lentisque touffu s’étend jusqu’à Ségor.&lt;br /&gt;Il voit tout Chanaan, et la terre promise,&lt;br /&gt;Où sa tombe, il le sait, ne sera point admise.&lt;br /&gt;Il voit ; sur les Hébreux étend sa grande main,&lt;br /&gt;Puis vers le haut du mont il reprend son chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, des champs de Moab couvrant la vaste enceinte,&lt;br /&gt;Pressés au large pied de la montagne sainte,&lt;br /&gt;Les enfants d’Israël s’agitaient au vallon&lt;br /&gt;Comme les blés épais qu’agite l’aquilon.&lt;br /&gt;Dès l’heure où la rosée humecte l’or des sables&lt;br /&gt;Et balance sa perle au sommet des érables,&lt;br /&gt;Prophète centenaire, environné d’honneur,&lt;br /&gt;Moïse était parti pour trouver le Seigneur.&lt;br /&gt;On le suivait des yeux aux flammes de sa tête,&lt;br /&gt;Et, lorsque du grand mont il atteignit le faîte,&lt;br /&gt;Lorsque son front perça le nuage de Dieu&lt;br /&gt;Qui couronnait d’éclairs la cime du haut lieu,&lt;br /&gt;L’encens brûla partout sur les autels de pierre,&lt;br /&gt;Et six cent mille Hébreux, courbés dans la poussière,&lt;br /&gt;À l’ombre du parfum par le soleil doré,&lt;br /&gt;Chantèrent d’une voix le cantique sacré ;&lt;br /&gt;Et les fils de Lévi, s’élevant sur la foule,&lt;br /&gt;Tels qu’un bois de cyprès sur le sable qui roule,&lt;br /&gt;Du peuple avec la harpe accompagnant les voix,&lt;br /&gt;Dirigeaient vers le ciel l’hymne du Roi des Rois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, debout devant Dieu, Moïse ayant pris place,&lt;br /&gt;Dans le nuage obscur lui parlait face à face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il disait au Seigneur : « Ne finirai-je pas ?&lt;br /&gt;Où voulez-vous encor que je porte mes pas ?&lt;br /&gt;Je vivrai donc toujours puissant et solitaire ?&lt;br /&gt;Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre. —&lt;br /&gt;Que vous ai-je donc fait pour être votre élu ?&lt;br /&gt;J’ai conduit votre peuple où vous avez voulu.&lt;br /&gt;Voilà que son pied touche à la terre promise,&lt;br /&gt;De vous à lui qu’un autre accepte l’entremise,&lt;br /&gt;Au coursier d’Israël qu’il attache le frein ;&lt;br /&gt;Je lui lègue mon livre et la verge d’airain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Pourquoi vous fallut-il tarir mes espérances,&lt;br /&gt;Ne pas me laisser homme avec mes ignorances,&lt;br /&gt;Puisque du mont Horeb jusques au mont Nébo&lt;br /&gt;Je n’ai pas pu trouver le lieu de mon tombeau ?&lt;br /&gt;Hélas ! vous m’avez fait sage parmi les sages !&lt;br /&gt;Mon doigt du peuple errant a guidé les passages.&lt;br /&gt;J’ai fait pleuvoir le feu sur la tête des rois ;&lt;br /&gt;L’avenir à genoux adorera mes lois ;&lt;br /&gt;Des tombes des humains j’ouvre la plus antique,&lt;br /&gt;La mort trouve à ma voix une voix prophétique,&lt;br /&gt;Je suis très grand, mes pieds sont sur les nations,&lt;br /&gt;Ma main fait et défait les générations. —&lt;br /&gt;Hélas ! je suis, Seigneur, puissant et solitaire,&lt;br /&gt;Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Hélas ! je sais aussi tous les secrets des cieux,&lt;br /&gt;Et vous m’avez prêté la force de vos yeux.&lt;br /&gt;Je commande à la nuit de déchirer ses voiles ;&lt;br /&gt;Ma bouche par leur nom a compté les étoiles,&lt;br /&gt;Et, dès qu’au firmament mon geste l’appela,&lt;br /&gt;Chacune s’est hâtée en disant : Me voilà.&lt;br /&gt;J’impose mes deux mains sur le front des nuages&lt;br /&gt;Pour tarir dans leurs flancs la source des orages ;&lt;br /&gt;J’engloutis les cités sous les sables mouvants ;&lt;br /&gt;Je renverse les monts sous les ailes des vents ;&lt;br /&gt;Mon pied infatigable est plus fort que l’espace ;&lt;br /&gt;Le fleuve aux grandes eaux se range quand je passe,&lt;br /&gt;Et la voix de la mer se tait devant ma voix.&lt;br /&gt;Lorsque mon peuple souffre, ou qu’il lui faut des lois,&lt;br /&gt;J’élève mes regards, votre esprit me visite ;&lt;br /&gt;La terre alors chancelle et le soleil hésite,&lt;br /&gt;Vos anges sont jaloux et m’admirent entre eux.&lt;br /&gt;Et cependant, Seigneur, je ne suis pas heureux ;&lt;br /&gt;Vous m’avez fait vieillir puissant et solitaire,&lt;br /&gt;Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Sitôt que votre souffle a rempli le berger,&lt;br /&gt;Les hommes se sont dit : Il nous est étranger ;&lt;br /&gt;Et les yeux se baissaient devant mes yeux de flamme,&lt;br /&gt;Car ils venaient, hélas ! d’y voir plus que mon âme.&lt;br /&gt;J’ai vu l’amour s’éteindre et l’amitié tarir,&lt;br /&gt;Les vierges se voilaient et craignaient de mourir.&lt;br /&gt;M’enveloppant alors de la colonne noire,&lt;br /&gt;J’ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire,&lt;br /&gt;Et j’ai dit dans mon cœur : Que vouloir à présent ?&lt;br /&gt;Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant,&lt;br /&gt;Ma main laisse l’effroi sur la main qu’elle touche,&lt;br /&gt;L’orage est dans ma voix, l’éclair est sur ma bouche ;&lt;br /&gt;Aussi, loin de m’aimer, voilà qu’ils tremblent tous,&lt;br /&gt;Et, quand j’ouvre les bras, on tombe à mes genoux.&lt;br /&gt;Ô Seigneur ! j’ai vécu puissant et solitaire,&lt;br /&gt;Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, le peuple attendait, et, craignant son courroux,&lt;br /&gt;Priait sans regarder le mont du Dieu jaloux ;&lt;br /&gt;Car s’il levait les yeux, les flancs noirs du nuage&lt;br /&gt;Roulaient et redoublaient les foudres de l’orage,&lt;br /&gt;Et le feu des éclairs, aveuglant les regards,&lt;br /&gt;Enchaînait tous les fronts courbés de toutes parts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt le haut du mont reparut sans Moïse. —&lt;br /&gt;Il fut pleuré. — Marchant vers la terre promise,&lt;br /&gt;Josué s’avançait pensif et pâlissant,&lt;br /&gt;Car il était déjà l’élu du Tout-Puissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de Vigny&lt;br /&gt;Du livre mystique&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-7129811406942356403?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/7129811406942356403/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=7129811406942356403' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7129811406942356403'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/7129811406942356403'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/moise-le-soleil-prolongeait-sur-la-cime.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8055729971468557541</id><published>2008-09-16T07:03:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T07:05:16.835-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La neige&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;I&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,&lt;br /&gt;Des histoires du temps passé,&lt;br /&gt;Quand les branches d'arbres sont noires,&lt;br /&gt;Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !&lt;br /&gt;Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s'élance,&lt;br /&gt;Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher&lt;br /&gt;L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,&lt;br /&gt;Comme la girouette au bout du long clocher !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont petits et seuls, ces deux pieds dans la neige.&lt;br /&gt;Derrière les vitraux dont l'azur le protège,&lt;br /&gt;Le Roi pourtant regarde et voudrait ne pas voir,&lt;br /&gt;Car il craint sa colère et surtout son pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De cheveux longs et gris son front brun s'environne,&lt;br /&gt;Et porte en se ridant le fer de la couronne ;&lt;br /&gt;Sur l'habit dont la pourpre a peint l'ample velours&lt;br /&gt;L'empereur a jeté la lourde peau d'un ours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avidement courbé, sur le sombre vitrage&lt;br /&gt;Ses soupirs inquiets impriment un nuage.&lt;br /&gt;Contre un marbre frappé d'un pied appesanti,&lt;br /&gt;Sa sandale romaine a vingt fois retenti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce vous, blanche Emma, princesse de la Gaule ?&lt;br /&gt;Quel amoureux fardeau pèse à sa jeune épaule ?&lt;br /&gt;C'est le page Eginard, qu'à ses genoux le jour&lt;br /&gt;Surprit, ne dormant pas, dans la secrète tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Doucement son bras droit étreint un cou d'ivoire,&lt;br /&gt;Doucement son baiser suit une tresse noire,&lt;br /&gt;Et la joue inclinée, et ce dos où les lys&lt;br /&gt;De l'hermine entourés sont plus blancs que ses plis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il retient dans son coeur une craintive haleine,&lt;br /&gt;Et de sa dame ainsi pense alléger la peine,&lt;br /&gt;Et gémit de son poids, et plaint ses faibles pieds&lt;br /&gt;Qui, dans ses mains, ce soir, dormiront essuyés ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu'arrêtée Emma vante sa marche sûre,&lt;br /&gt;Lève un front caressant, sourit et le rassure,&lt;br /&gt;D'un baiser mutuel implore le secours,&lt;br /&gt;Puis repart chancelante et traverse les cours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les voix des soldats résonnent sous les voûtes,&lt;br /&gt;Les hommes d'armes noirs en ont fermé les routes ;&lt;br /&gt;Eginard, échappant à ses jeunes liens,&lt;br /&gt;Descend des bras d'Emma, qui tombe dans les siens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand trône, ombragé des drapeaux d'Allemagne,&lt;br /&gt;De son dossier de pourpre entoure Charlemagne.&lt;br /&gt;Les douze pairs debout sur ses larges degrés&lt;br /&gt;Y font luire l'orgueil des lourds manteaux dorés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous posent un bras fort sur une longue épée,&lt;br /&gt;Dans le sang des Saxons neuf fois par eux trempée ;&lt;br /&gt;Par trois vives couleurs se peint sur leurs écus&lt;br /&gt;La gothique devise autour des rois vaincus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous les triples piliers des colonnes moresques,&lt;br /&gt;En cercle sont placés des soldats gigantesques,&lt;br /&gt;Dont le casque fermé, chargé de cimiers blancs,&lt;br /&gt;Laisse à peine entrevoir les yeux étincelants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous deux joignant les mains, à genoux sur la pierre,&lt;br /&gt;L'un pour l'autre en leur coeur cherchant une prière,&lt;br /&gt;Les beaux enfants tremblaient en abaissant leur front&lt;br /&gt;Tantôt pâle de crainte ou rouge de l'affront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un silence glacé régnait la paix profonde.&lt;br /&gt;Bénissant en secret sa chevelure blonde,&lt;br /&gt;Avec un lent effort, sous ce voile, Eginard&lt;br /&gt;Tente vers sa maîtresse un timide regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous l'abri de ses mains Emma cache sa tête,&lt;br /&gt;Et, pleurant, elle attend l'orage qui s'apprête :&lt;br /&gt;Comme on se tait encore, elle donne à ses yeux&lt;br /&gt;A travers ses beaux doigts un jour audacieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Empereur souriait en versant une larme&lt;br /&gt;Qui donnait à ses traits un ineffable charme ;&lt;br /&gt;Il appela Turpin, l'évêque du palais,&lt;br /&gt;Et d'une voix très douce il dit : Bénissez-les.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,&lt;br /&gt;Des histoires du temps passé,&lt;br /&gt;Quand les branches d'arbres sont noires,&lt;br /&gt;Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)&lt;br /&gt;(Recueil : Poèmes antiques et modernes )&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8055729971468557541?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8055729971468557541/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8055729971468557541' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8055729971468557541'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8055729971468557541'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-neige-i-quil-est-doux-quil-est-doux.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3171390048516088622</id><published>2008-09-16T06:58:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T07:00:28.025-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;L'apres-midi d'un faune&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Faune:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces nymphes, je les veux perpétuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si clair,&lt;br /&gt;Leur incarnat léger, qu'il voltige dans l'air&lt;br /&gt;Assoupi de sommeils touffus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aimai-je un rêve?&lt;br /&gt;Mon doute, amas de nuit ancienne, s'achève&lt;br /&gt;En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais&lt;br /&gt;Bois même, prouve, hélas! que bien seul je m'offrais&lt;br /&gt;Pour triomphe la faute idéale de roses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réfléchissons...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ou si les femmes dont tu gloses&lt;br /&gt;Figurent un souhait de tes sens fabuleux!&lt;br /&gt;Faune, l'illusion s'échappe des yeux bleus&lt;br /&gt;Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, l'autre tout soupirs, dis-tu qu'elle contraste&lt;br /&gt;Comme brise du jour chaude dans ta toison?&lt;br /&gt;Que non! par l'immobile et lasse pâmoison&lt;br /&gt;Suffoquant de chaleurs le matin frais s'il lutte,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne murmure point d'eau que ne verse ma flûte&lt;br /&gt;Au bosquet arrosé d'accords; et le seul vent&lt;br /&gt;Hors des deux tuyaux prompt à s'exhaler avant&lt;br /&gt;Qu'il disperse le son dans une pluie aride,&lt;br /&gt;C'est, à l'horizon pas remué d'une ride&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le visible et serein souffle artificiel&lt;br /&gt;De l'inspiration, qui regagne le ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O bords siciliens d'un calme marécage&lt;br /&gt;Qu'à l'envi de soleils ma vanité saccage&lt;br /&gt;Tacite sous les fleurs d'étincelles, CONTEZ&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Que je coupais ici les creux roseaux domptés&lt;br /&gt;» Par le talent; quand, sur l'or glauque de lointaines&lt;br /&gt;» Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,&lt;br /&gt;» Ondoie une blancheur animale au repos:&lt;br /&gt;» Et qu'au prélude lent où naissent les pipeaux&lt;br /&gt;» Ce vol de cygnes, non! de naïades se sauve&lt;br /&gt;» Ou plonge...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inerte, tout brûle dans l'heure fauve&lt;br /&gt;Sans marquer par quel art ensemble détala&lt;br /&gt;Trop d'hymen souhaité de qui cherche le la:&lt;br /&gt;Alors m'éveillerai-je à la ferveur première,&lt;br /&gt;Droit et seul, sous un flot antique de lumière,&lt;br /&gt;Lys! et l'un de vous tous pour l'ingénuité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,&lt;br /&gt;Le baiser, qui tout bas des perfides assure,&lt;br /&gt;Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure&lt;br /&gt;Mystérieuse, due à quelque auguste dent;&lt;br /&gt;Mais, bast! arcane tel élut pour confident&lt;br /&gt;Le jonc vaste et jumeau dont sous l'azur on joue:&lt;br /&gt;Qui, détournant à soi le trouble de la joue,&lt;br /&gt;Rêve, dans un solo long, que nous amusions&lt;br /&gt;La beauté d'alentour par des confusions&lt;br /&gt;Fausses entre elle-même et notre chant crédule;&lt;br /&gt;Et de faire aussi haut que l'amour se module&lt;br /&gt;Évanouir du songe ordinaire de dos&lt;br /&gt;Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,&lt;br /&gt;Une sonore, vaine et monotone ligne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne&lt;br /&gt;Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m'attends!&lt;br /&gt;Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps&lt;br /&gt;Des déesses; et par d'idolâtres peintures&lt;br /&gt;À leur ombre enlever encore des ceintures:&lt;br /&gt;Ainsi, quand des raisins j'ai sucé la clarté,&lt;br /&gt;Pour bannir un regret par ma feinte écarté,&lt;br /&gt;Rieur, j'élève au ciel d'été la grappe vide&lt;br /&gt;Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide&lt;br /&gt;D'ivresse, jusqu'au soir je regarde au travers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O nymphes, regonflons des SOUVENIRS divers.&lt;br /&gt;« Mon oeil, trouant le joncs, dardait chaque encolure&lt;br /&gt;» Immortelle, qui noie en l'onde sa brûlure&lt;br /&gt;» Avec un cri de rage au ciel de la forêt;&lt;br /&gt;» Et le splendide bain de cheveux disparaît&lt;br /&gt;» Dans les clartés et les frissons, ô pierreries!&lt;br /&gt;» J'accours; quand, à mes pieds, s'entrejoignent (meurtries&lt;br /&gt;» De la langueur goûtée à ce mal d'être deux)&lt;br /&gt;» Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux;&lt;br /&gt;» Je les ravis, sans les désenlacer, et vole&lt;br /&gt;» À ce massif, haï par l'ombrage frivole,&lt;br /&gt;» De roses tarissant tout parfum au soleil,&lt;br /&gt;» Où notre ébat au jour consumé soit pareil.&lt;br /&gt;Je t'adore, courroux des vierges, ô délice&lt;br /&gt;Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse&lt;br /&gt;Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair&lt;br /&gt;Tressaille! la frayeur secrète de la chair:&lt;br /&gt;Des pieds de l'inhumaine au coeur de la timide&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui délaisse à la fois une innocence, humide&lt;br /&gt;De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.&lt;br /&gt;« Mon crime, c'est d'avoir, gai de vaincre ces peurs&lt;br /&gt;» Traîtresses, divisé la touffe échevelée&lt;br /&gt;» De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée:&lt;br /&gt;» Car, à peine j'allais cacher un rire ardent&lt;br /&gt;» Sous les replis heureux d'une seule (gardant&lt;br /&gt;» Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume&lt;br /&gt;» Se teignît à l'émoi de sa soeur qui s'allume,&lt;br /&gt;» La petite, naïve et ne rougissant pas: )&lt;br /&gt;» Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,&lt;br /&gt;» Cette proie, à jamais ingrate se délivre&lt;br /&gt;» Sans pitié du sanglot dont j'étais encore ivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant pis! vers le bonheur d'autres m'entraîneront&lt;br /&gt;Par leur tresse nouée aux cornes de mon front:&lt;br /&gt;100 Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,&lt;br /&gt;Chaque grenade éclate et d'abeilles murmure;&lt;br /&gt;Et notre sang, épris de qui le va saisir,&lt;br /&gt;Coule pour tout l'essaim éternel du désir.&lt;br /&gt;À l'heure où ce bois d'or et de cendres se teinte&lt;br /&gt;Une fête s'exalte en la feuillée éteinte:&lt;br /&gt;Etna! c'est parmi toi visité de Vénus&lt;br /&gt;Sur ta lave posant tes talons ingénus,&lt;br /&gt;Quand tonne une somme triste ou s'épuise la flamme.&lt;br /&gt;Je tiens la reine!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O sûr châtiment...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, mais l'âme&lt;br /&gt;De paroles vacante et ce corps alourdi&lt;br /&gt;Tard succombent au fier silence de midi:&lt;br /&gt;Sans plus il faut dormir en l'oubli du blasphème,&lt;br /&gt;Sur le sable altéré gisant et comme j'aime&lt;br /&gt;Ouvrir ma bouche à l'astre efficace des vins!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Couple, adieu; je vais voir l'ombre que tu devins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3171390048516088622?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3171390048516088622/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3171390048516088622' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3171390048516088622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3171390048516088622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/lapres-midi-dun-faune-le-faune-ces.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8607919170802243133</id><published>2008-09-16T06:37:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T06:39:05.108-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La flûte&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;I&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour je vis s'asseoir au pied de ce grand arbre&lt;br /&gt;Un Pauvre qui posa sur ce vieux banc de marbre&lt;br /&gt;Son sac et son chapeau, s'empressa d'achever&lt;br /&gt;Uu morceau de pain noir, puis se mit à rêver.&lt;br /&gt;Il paraissait chercher dans les ongues allées&lt;br /&gt;Quelqu'un pour écouter ses chansons désolées ;&lt;br /&gt;Il suivait à regret la trace des passants&lt;br /&gt;Rares et qui, pressés, s'en allaient en tous sens.&lt;br /&gt;Avec eux s'enfuyait l'aumône disparue,&lt;br /&gt;Prix douteux d'un lit dur en quelque étroite rue&lt;br /&gt;Et d'un amer souper dans un logis malsain.&lt;br /&gt;Cependant il tirait lentement de son sein,&lt;br /&gt;Comme se préparait au martyre un apôtre,&lt;br /&gt;Les trois parts d'une Flûte et liait l'une à l'autre&lt;br /&gt;Essayait l'embouchure à son menton tremblant,&lt;br /&gt;Faisait mouvoir la clef, l'épurait en soufflant,&lt;br /&gt;Sur ses genoux ployés frottait le bois d'ébène,&lt;br /&gt;Puis jouait. - Mais son front en vain gonflait sa veine,&lt;br /&gt;Personne autour de lui pour entendre et juger&lt;br /&gt;L'humble acteur d'un public ingrat et passager.&lt;br /&gt;J'approchais une main du vieux chapeau d'artiste&lt;br /&gt;Sans attendre un regard de son oeil doux et triste&lt;br /&gt;En ce temps, de révolte et d'orgueil si rempli ;&lt;br /&gt;Mais, quoique pauvre, il fut modeste et très poli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me fit un tableau de sa pénible vie.&lt;br /&gt;Poussé par ce démon qui toujours nous convie,&lt;br /&gt;Ayant tout essayé, rien ne lui réussit,&lt;br /&gt;Et le chaos entier roulait dans son récit.&lt;br /&gt;Ce n'était qu'élan brusque et qu'ambitions folles,&lt;br /&gt;Qu'entreprise avortée et grandeur en paroles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord, à son départ, orgueil démesuré,&lt;br /&gt;Gigantesque écriteau sur un front assuré,&lt;br /&gt;Promené dans Paris d'une façon hautaine :&lt;br /&gt;Bonaparte et Byron, poète et capitaine,&lt;br /&gt;Législateur aussi, chef de religion&lt;br /&gt;(De tous les écoliers c'est la contagion),&lt;br /&gt;Père d'un panthéisme orné de plusieurs choses,&lt;br /&gt;De quelques âges d'or et des métempsychoses&lt;br /&gt;De Bouddha, qu'en son coeur il croyait inventer ;&lt;br /&gt;Il l'appliquait à tout, espérant importer&lt;br /&gt;Sa révolution dans sa philosophie ;&lt;br /&gt;Mais des contrebandiers notre âge se défie ;&lt;br /&gt;Bientôt par nos fleurets le défaut est trouvé ;&lt;br /&gt;D'un seul argument fin son ballon fut crevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour hisser sa nacelle il en gonfla bien d'autres&lt;br /&gt;Que le vent dispersa. Fatigué des apôtres,&lt;br /&gt;Il dépouilla leur froc. (Lui-même le premier&lt;br /&gt;Souriait tristement de cet air cavalier&lt;br /&gt;Dont sa marche, au début, avait été fardée&lt;br /&gt;Et, pour d'obscurs combats, si pesamment bardée ;&lt;br /&gt;Car, plus grave à présent, d'une double lueur&lt;br /&gt;Semblait se réchauffer et s'éclairer son coeur ;&lt;br /&gt;Le Bon Sens qui se voit, la Candeur qui l'avoue,&lt;br /&gt;Coloraient en parlant les pâleurs de sa joue.)&lt;br /&gt;Laissant donc les couvents, Panthéistes ou non,&lt;br /&gt;Sur la poupe d'un drame il inscrivit son nom&lt;br /&gt;Et vogua sur ces mers aux trompeuses étoiles ;&lt;br /&gt;Mais, faute de savoir, il sombra sous ses voiles&lt;br /&gt;Avant d'avoir montré son pavillon aux airs.&lt;br /&gt;Alors rien devant lui que flots noirs et déserts,&lt;br /&gt;L'océan du travail si chargé de tempêtes&lt;br /&gt;Où chaque vague emporte et brise mille têtes.&lt;br /&gt;Là, flottant quelques jours sans force et sans fanal,&lt;br /&gt;Son esprit surnagea dans les plis d'un journal,&lt;br /&gt;Radeau désespéré que trop souvent déploie&lt;br /&gt;L'équipage affamé qui se perd et se noie.&lt;br /&gt;Il s'y noya de même, et de même, ayant faim,&lt;br /&gt;Fit ce que fait tout homme invalide et sans pain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Je gémis, disait-il, d'avoir une pauvre âme&lt;br /&gt;Faible autant que serait l'âme de quelque femme,&lt;br /&gt;Qui ne peut accomplir ce qu'elle a commencé&lt;br /&gt;Et s'abat au départ sur tout chemin tracé.&lt;br /&gt;L'idée à l'horizon est à peine entrevue,&lt;br /&gt;Que sa lumière écrase et fait ployer ma vue.&lt;br /&gt;Je vois grossir l'obstacle en invincible amas,&lt;br /&gt;Je tombe ainsi que Paul en marchant vers Damas.&lt;br /&gt;- Pourquoi, me dit la voix qu'il faut aimer et craindre,&lt;br /&gt;Pourquoi me poursuis-tu, toi qui ne peux m'étreindre ?&lt;br /&gt;- Et le rayon me trouble et la voix m'étourdit,&lt;br /&gt;Et je demeure aveugle et je me sens maudit. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;III&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- " Non, criai-je en prenant ses deux mains dans les miennes,&lt;br /&gt;Ni dans les grandes lois des croyances anciennes,&lt;br /&gt;Ni dans nos dogmes froids, forgés à l'atelier,&lt;br /&gt;Entre le banc du maître et ceux de l'écolier,&lt;br /&gt;Ces faux Athéniens dépourvus d'Atticisme,&lt;br /&gt;Qui nous soufflent aux yeux des bulles de Sophisme,&lt;br /&gt;N'ont découvert un mot par qui fût condamné&lt;br /&gt;L'homme aveuglé d'esprit plus que l'aveugle-né.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est assez de souffrir sans se juger coupable&lt;br /&gt;Pour avoir entrepris et pour être incapable ;&lt;br /&gt;J'aime, autant que le fort, le faible courageux&lt;br /&gt;Qui lance un bras débile en des flots orageux,&lt;br /&gt;De la glace d'un lac plonge dans la fournaise&lt;br /&gt;Et d'un volcan profond va tourmenter la braise.&lt;br /&gt;Ce Sisyphe éternel est beau, seul, tout meurtri,&lt;br /&gt;Brûlé, précipité, sans jeter un seul cri,&lt;br /&gt;Et n'avouant jamais qu'il saigne et qu'il succombe&lt;br /&gt;A toujours ramasser son rocher qui retombe.&lt;br /&gt;Si, plus haut parvenus, de glorieux esprits&lt;br /&gt;Vous dédaignent jamais, méprisez leur mépris ;&lt;br /&gt;Car ce sommet de tout, dominant toute gloire,&lt;br /&gt;Ils n'y sont pas, ainsi que l'oeil pourrait le croire.&lt;br /&gt;On n'est jamais en haut. Les forts, devant leurs pas,&lt;br /&gt;Trouvent un nouveau mont inaperçu d'en bas.&lt;br /&gt;Tel que l'on croit complet et maître en toute chose&lt;br /&gt;Ne dit pas les savoirs qu'à tort on lui suppose,&lt;br /&gt;Et qu'il est tel grand but qu'en vain il entreprit.&lt;br /&gt;- Tout homme a vu le mur qui borne son esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du corps et non de l'âme accusons l'indigence.&lt;br /&gt;Des organes mauvais servent l'intelligence&lt;br /&gt;Et touchent, en tordant et tourmentant leur noeud,&lt;br /&gt;Ce qu'ils peuvent atteindre et non ce qu'elle veut.&lt;br /&gt;En traducteurs grossiers de quelque auteur céleste&lt;br /&gt;Ils parlent... Elle chante et désire le reste.&lt;br /&gt;Et, pour vous faire ici quelque comparaison,&lt;br /&gt;Regardez votre Flûte, écoutez-en le son.&lt;br /&gt;Est-ce bien celui-là que voulait faire entendre&lt;br /&gt;La lèvre ? Était-il pas ou moins rude ou moins tendre ?&lt;br /&gt;Eh bien, c'est au bois lourd que sont tous les défauts,&lt;br /&gt;Votre souffle était juste et votre chant est faux.&lt;br /&gt;Pour moi qui ne sais rien et vais du doute au rêve,&lt;br /&gt;Je crois qu'après la mort, quand l'union s'achève,&lt;br /&gt;L'âme retrouve alors la vue et la clarté,&lt;br /&gt;Et que, jugeant son oeuvre avec sérénité,&lt;br /&gt;Comprenant sans obstacle et s'expliquant sans peine,&lt;br /&gt;Comme ses soeurs du ciel elle est puissante et reine,&lt;br /&gt;Se mesure au vrai poids, connaît visiblement&lt;br /&gt;Que son souffle était faux par le faux instrument,&lt;br /&gt;N'était ni glorieux ni vil, n'étant pas libre ;&lt;br /&gt;Que le corps seulement empêchait l'équilibre ;&lt;br /&gt;Et, calme, elle reprend, dans l'idéal bonheur,&lt;br /&gt;La sainte égalité des esprits du Seigneur. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Pauvre alors rougit d'une joie imprévue,&lt;br /&gt;Et contempla sa Flûte avec une autre vue ;&lt;br /&gt;Puis, me connaissant mieux, sans craindre mon aspect,&lt;br /&gt;Il la baisa deux fois en signe de respect,&lt;br /&gt;Et joua, pour quitter ses airs anciens et tristes,&lt;br /&gt;Ce Salve Regina que chantent les Trappistes.&lt;br /&gt;Son regard attendri paraissait inspiré,&lt;br /&gt;La note était plus juste et le souffle assuré.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)&lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées) &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8607919170802243133?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8607919170802243133/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8607919170802243133' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8607919170802243133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8607919170802243133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-flte-i-un-jour-je-vis-sasseoir-au.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1667484275833743598</id><published>2008-09-16T06:33:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T06:42:13.535-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L'Esprit Pur&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Si l'orgueil prend ton coeur quand le peuple me nomme,&lt;br /&gt;Que de mes livres seuls te vienne ta fierté.&lt;br /&gt;J'ai mis sur le cimier doré du gentilhomme&lt;br /&gt;Une plume de fer qui n'est pas sans beauté.&lt;br /&gt;J'ai fait illustre un nom qu'on m'a transmis sans gloire.&lt;br /&gt;Qu'il soit ancien, qu'importe? il n'aura de mémoire&lt;br /&gt;Que du jour seulement où mon front l'a porté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le caveau des miens plongeant mes pas nocturnes,&lt;br /&gt;J'ai compté mes aïeux, suivant leur vieille loi,&lt;br /&gt;J'ouvris leurs parchemins, je fouillai dans leurs urnes&lt;br /&gt;Empreintes sur le flanc des sceaux de chaque roi.&lt;br /&gt;A peine une étincelle a relui dans leur cendre.&lt;br /&gt;C'est en vain que d'eux tous le sang m'a fait descendre;&lt;br /&gt;Si j'écris leur histoire, ils descendront de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils furent opulents, seigneurs de vastes terres,&lt;br /&gt;Grands chasseurs devant Dieu, comme Nemrod, jaloux&lt;br /&gt;Des beaux cerfs qu'ils lançaient des bois héréditaires&lt;br /&gt;Jusqu'où voulait la mort les livrer à leurs coups;&lt;br /&gt;Suivant leur forte meute à travers deux provinces,&lt;br /&gt;Coupant les chiens du roi, déroutant ceux des princes,&lt;br /&gt;Forçant les sangliers et détruisant les loups;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Galants guerriers sur terre et sur mer, se montrèrent&lt;br /&gt;Gens d'honneur en tout temps comme en tous lieux, cherchant&lt;br /&gt;De la Chine au Pérou les Anglais, qu'ils brûlèrent&lt;br /&gt;Sur l'eau qu'ils écumaient du levant au couchant;&lt;br /&gt;Puis, sur leur talon rouge, en quittant les batailles,&lt;br /&gt;Parfumés et blessés revenaient à Versailles&lt;br /&gt;Jaser à l'Oeil-de-boeuf avant de voir leur champ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les champs de la Beauce avaient leurs coeurs, leurs âmes,&lt;br /&gt;Leurs soins. Il les peuplaient d'innombrables garçons,&lt;br /&gt;De filles qu'ils donnaient aux chevaliers pour femmes,&lt;br /&gt;Dignes de suivre en tout l'exemple et les leçons;&lt;br /&gt;Simples et satisfaits si chacun de leur race&lt;br /&gt;Apposait saint Louis en croix sur sa cuirasse,&lt;br /&gt;Comme leurs vieux portraits qu'aux murs noirs nous plaçons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais aucun, au sortir d'une rude campagne,&lt;br /&gt;Ne sut se recueillir, quitter le destrier,&lt;br /&gt;Dételer pour un jour ses palefrois d'Espagne,&lt;br /&gt;Ni des coursiers de chasse enlever l'étrier&lt;br /&gt;Pour graver quelque page et dire en quelque livre&lt;br /&gt;Comme son temps vivait et comment il sut vivre,&lt;br /&gt;Dès qu'ils n'agissaient plus, se hâtant d'oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous sont morts en laissant leur nom sans auréole;&lt;br /&gt;Mais sur le disque d'or voilà qu'il est écrit,&lt;br /&gt;Disant : «Ici passaient deux races de la Gaule&lt;br /&gt;Dont le dernier vivant monte au temple et s'inscrit,&lt;br /&gt;Non sur l'obscur amas des vieux noms inutiles,&lt;br /&gt;Des orgueilleux méchants et des riches futiles,&lt;br /&gt;Mais sur le pur tableau des livres de l'ESPRIT.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ton règne est arrivé, PUR ESPRIT, roi du monde!&lt;br /&gt;Quand ton aile d'azur dans la nuit nous surprit,&lt;br /&gt;Déesse de nos moeurs, la guerre vagabonde&lt;br /&gt;Régnait sur nos aïeux. Aujourd'hui, c'est l'ةCRIT,&lt;br /&gt;L'ةCRIT UNIVERSEL, parfois impérissable,&lt;br /&gt;Que tu graves au marbre ou traces sur le sable,&lt;br /&gt;Colombe au bec d'airain! VISIBLE SAINT-ESPRIT!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seul et dernier anneau de deux chaînes brisées,&lt;br /&gt;Je reste. Et je soutiens encor dans les hauteurs,&lt;br /&gt;Parmi les maîtres purs de nos savants musées,&lt;br /&gt;L'IDةAL du poète et des graves penseurs.&lt;br /&gt;J'éprouve sa durée en vingt ans de silence,&lt;br /&gt;Et toujours, d'âge en âge encor, je vois la France&lt;br /&gt;Contempler mes tableaux et leur jeter des fleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeune postérité d'un vivant qui vous aime!&lt;br /&gt;Mes traits dans vos regards ne sont pas effacés;&lt;br /&gt;Je peux en ce miroir me connaître moi-même,&lt;br /&gt;Juge toujours nouveau de nos travaux passés!&lt;br /&gt;Flots d'amis renaissants! Puissent mes destinées&lt;br /&gt;Vous amener à moi, de dix en dix années,&lt;br /&gt;Attentifs à mon oeuvre, et pour moi c'est assez!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)  &lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées) &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1667484275833743598?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1667484275833743598/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1667484275833743598' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1667484275833743598'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1667484275833743598'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/lesprit-pur-si-lorgueil-prend-ton-coeur.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-2227737302706945469</id><published>2008-09-16T06:29:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T06:41:33.696-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La Colère de Samson&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le désert est muet, la tente est solitaire.&lt;br /&gt;Quel Pasteur courageux la dressa sur la terre&lt;br /&gt;Du sable et des lions? - La nuit n'a pas calmé&lt;br /&gt;La fournaise du jour dont l'air est enflammé.&lt;br /&gt;Un vent léger s'élève à l'horizon et ride&lt;br /&gt;Les flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide.&lt;br /&gt;Le lin blanc de la tente est bercé mollement ;&lt;br /&gt;L'oeuf d'autruche allumé veille paisiblement,&lt;br /&gt;Des voyageurs voilés intérieure étoile,&lt;br /&gt;Et jette longuement deux ombres sur la toile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'une est grande et superbe, et l'autre est à ses pieds :&lt;br /&gt;C'est Dalila, l'esclave, et ses bras sont liés&lt;br /&gt;Aux genoux réunis du maître jeune et grave&lt;br /&gt;Dont la force divine obéit à l'esclave.&lt;br /&gt;Comme un doux léopard elle est souple, et répand&lt;br /&gt;Ses cheveux dénoués aux pieds de son amant.&lt;br /&gt;Ses grands yeux, entr'ouverts comme s'ouvre l'amande,&lt;br /&gt;Sont brûlants du plaisir que son regard demande,&lt;br /&gt;Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs.&lt;br /&gt;Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs,&lt;br /&gt;Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle,&lt;br /&gt;Ses flancs plus élancés que ceux de la gazelle,&lt;br /&gt;Pressés de bracelets, d'anneaux, de boucles d'or,&lt;br /&gt;Sont bruns ; et, comme il sied aux filles de Hatsor,&lt;br /&gt;Ses deux seins, tout chargés d'amulettes anciennes,&lt;br /&gt;Sont chastement pressés d'étoffes syriennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les genoux de Samson fortement sont unis&lt;br /&gt;Comme les deux genoux du colosse Anubis.&lt;br /&gt;Elle s'endort sans force et riante et bercée&lt;br /&gt;Par la puissante main sous sa tête placée.&lt;br /&gt;Lui, murmure ce chant funèbre et douloureux&lt;br /&gt;Prononcé dans la gorge avec des mots hébreux.&lt;br /&gt;Elle ne comprend pas la parole étrangère,&lt;br /&gt;Mais le chant verse un somme en sa tête légère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu&lt;br /&gt;Se livre sur la terre, en présence de Dieu,&lt;br /&gt;Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme.&lt;br /&gt;Car la Femme est un être impur de corps et d'âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour,&lt;br /&gt;Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour,&lt;br /&gt;Et ce bras le premier l'engourdit, le balance&lt;br /&gt;Et lui donne un désir d'amour et d'indolence.&lt;br /&gt;Troublé dans l'action, troublé dans le dessein,&lt;br /&gt;Il rêvera partout à la chaleur du sein,&lt;br /&gt;Aux chansons de la nuit, aux baisers de l'aurore,&lt;br /&gt;A la lèvre de feu que sa lèvre dévore,&lt;br /&gt;Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front,&lt;br /&gt;Et les regrets du lit, en marchant, le suivront.&lt;br /&gt;Il ira dans la ville, et là les vierges folles&lt;br /&gt;Le prendront dans leurs lacs aux premières paroles.&lt;br /&gt;Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu,&lt;br /&gt;Car plus le fleuve est grand et plus il est ému.&lt;br /&gt;Quand le combat que Dieu fit pour la créature&lt;br /&gt;Et contre son semblable et contre la Nature&lt;br /&gt;Force l'Homme à chercher un sein où reposer,&lt;br /&gt;Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser.&lt;br /&gt;Mais il n'a pas encor fini toute sa tâche. -&lt;br /&gt;Vient un autre combat plus secret, traître et lâche ;&lt;br /&gt;Sous son bras, sous son coeur se livre celui-là,&lt;br /&gt;Et, plus ou moins, la Femme est toujours DALILA.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante,&lt;br /&gt;Au milieu de ses soeurs elle attend et se vante&lt;br /&gt;De ne rien éprouver des atteintes du feu.&lt;br /&gt;A sa plus belle amie elle en a fait l'aveu :&lt;br /&gt;« Elle se fait aimer sans aimer elle-même.&lt;br /&gt;« Un maître lui fait peur. C'est le plaisir qu'elle aime,&lt;br /&gt;« L'Homme est rude et le prend sans savoir le donner.&lt;br /&gt;« Un sacrifice illustre et fait pour étonner&lt;br /&gt;« Rehausse mieux que l'or, aux yeux de ses pareilles,&lt;br /&gt;« La beauté qui produit tant d'étranges merveilles&lt;br /&gt;« Et d'un sang précieux sait arroser ses pas. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« - Donc ce que j'ai voulu, Seigneur, n'existe pas. -&lt;br /&gt;Celle à qui va l'amour et de qui vient la vie,&lt;br /&gt;Celle-là, par Orgueil, se fait notre ennemie.&lt;br /&gt;La Femme est à présent pire que dans ces temps&lt;br /&gt;Où voyant les Humains Dieu dit : « Je me repens ! »&lt;br /&gt;Bientôt, se retirant dans un hideux royaume,&lt;br /&gt;La Femme aura Gomorrhe et l'Homme aura Sodome,&lt;br /&gt;Et, se jetant, de loin, un regard irrité,&lt;br /&gt;Les deux sexes mourront chacun de son côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Eternel ! Dieu des forts ! vous savez que mon âme&lt;br /&gt;N'avait pour aliment que l'amour d'une femme,&lt;br /&gt;Puisant dans l'amour seul plus de sainte vigueur&lt;br /&gt;Que mes cheveux divins n'en donnaient à mon coeur.&lt;br /&gt;- Jugez-nous. - La voilà sur mes pieds endormie.&lt;br /&gt;- Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie,&lt;br /&gt;Et trois fois a versé des pleurs fallacieux&lt;br /&gt;Qui n'ont pu me cacher a rage de ses yeux ;&lt;br /&gt;Honteuse qu'elle était plus encor qu'étonnée&lt;br /&gt;De se voir découverte ensemble et pardonnée.&lt;br /&gt;Car la bonté de l'Homme est forte, et sa douceur&lt;br /&gt;Ecrase, en l'absolvant, l'être faible et menteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mais enfin je suis las. - J'ai l'aine si pesante,&lt;br /&gt;Que mon corps gigantesque et ma tête puissante&lt;br /&gt;Qui soutiennent le poids des colonnes d'airain&lt;br /&gt;Ne la peuvent porter avec tout son chagrin.&lt;br /&gt;Toujours voir serpenter la vipère dorée&lt;br /&gt;Qui se traîne en sa fange et s'y croit ignorée ;&lt;br /&gt;Toujours ce compagnon dont le coeur n'est pas sûr,&lt;br /&gt;La Femme, enfant malade et douze fois impur !&lt;br /&gt;- Toujours mettre sa force à garder sa colère&lt;br /&gt;Dans son coeur offensé, comme en un sanctuaire&lt;br /&gt;D'où le feu s'échappant irait tout dévorer,&lt;br /&gt;Interdire à ses yeux de voir ou de pleurer,&lt;br /&gt;C'est trop ! - Dieu s'il le veut peut balayer ma cendre,&lt;br /&gt;J'ai donné mon secret ; Dalila va le vendre.&lt;br /&gt;- Qu'ils seront beaux, les pieds de celui qui viendra&lt;br /&gt;Pour m'annoncer la mort ! - Ce qui sera, sera ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il dit et s'endormit près d'elle jusqu'à l'heure&lt;br /&gt;Où les guerriers, tremblant d'être dans sa demeure,&lt;br /&gt;Payant au poids de l'or chacun de ses cheveux,&lt;br /&gt;Attachèrent ses mains et brûlèrent ses yeux,&lt;br /&gt;Le traînèrent sanglant et chargé d'une chaîne&lt;br /&gt;Que douze grands taureaux ne tiraient qu'avec peine,&lt;br /&gt;La placèrent debout, silencieusement,&lt;br /&gt;Devant Dagon leur Dieu qui gémit sourdement&lt;br /&gt;Et deux fois, en tournant, recula sur sa base&lt;br /&gt;Et fit pâlir deux fois ses prêtres en extase ;&lt;br /&gt;Allumèrent l'encens ; dressèrent un festin&lt;br /&gt;Dont le bruit s'entendait du mont le plus lointain,&lt;br /&gt;Et près de la génisse aux pieds du Dieu tuée&lt;br /&gt;Placèrent Dalila, pâle prostituée,&lt;br /&gt;Couronnée, adorée et reine du repas,&lt;br /&gt;Mais tremblante et disant : « IL NE ME VERRA PAS ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Terre et Ciel ! avez-vous tressailli d'allégresse&lt;br /&gt;Lorsque vous avez vu la menteuse maîtresse&lt;br /&gt;Suivie d'un oeil hagard les yeux tachés de sang&lt;br /&gt;Qui cherchaient le soleil d'un regard impuissant ?&lt;br /&gt;Et quand enfin Samson secouant les colonnes&lt;br /&gt;Qui faisaient le soutien des immenses Pylônes&lt;br /&gt;Ecrasant d'un seul coup sous les débris mortels&lt;br /&gt;Ses trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels ? -&lt;br /&gt;Terre et Ciel ! punissez par de telles justices&lt;br /&gt;La trahison ourdie en ces amours factices,&lt;br /&gt;Et la délation du secret de nos coeurs&lt;br /&gt;Arraché dans nos bras par des baisers menteurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)  &lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées) &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-2227737302706945469?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/2227737302706945469/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=2227737302706945469' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2227737302706945469'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/2227737302706945469'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-colre-de-samson-le-dsert-est-muet-la.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8898947013434289556</id><published>2008-09-16T06:25:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T06:41:04.544-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La Sauvage&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;I&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Solitudes que Dieu fit pour le Nouveau Monde,&lt;br /&gt;Forêts, vierges encor, dont la voûte profonde&lt;br /&gt;A d'éternelles nuits que les brûlants soleils&lt;br /&gt;N'éclairent qu'en tremblant par deux rayons vermeils&lt;br /&gt;(Car le couchant peut seul et seule peut ltaurore&lt;br /&gt;Glisser obliquement au pied du sycomore),&lt;br /&gt;Pour qui, dans l'abandon, soupirent vos cyprès?&lt;br /&gt;Pour qui sont épaissis ces joncs luisants et frais?&lt;br /&gt;Quels pas attendez-vous pour fouler vos prairies?&lt;br /&gt;De quels peuples éteints étiez-vous les patries?&lt;br /&gt;Les pieds de vos grands pins, si jeunes et si forts,&lt;br /&gt;Sont-ils entrelacés sur la tête des morts?&lt;br /&gt;Et vos gémissements sortent-ils de ces urnes&lt;br /&gt;Que trouve l'Indien sous ses pas taciturnes?&lt;br /&gt;Et ces bruits du désert, dans la plaine entendus,&lt;br /&gt;Est-ce un soupir dernier des royaumes perdus?&lt;br /&gt;Votre nuit est bien sombre et le vent seul murmure.&lt;br /&gt;Une peur inconnue accable la nature,&lt;br /&gt;Les oiseaux sont cachés dans le creux des pins noirs,&lt;br /&gt;Et tous les animaux ferment leurs reposoirs&lt;br /&gt;Sous l'écorce, ou la mousse, ou parmi les racines,&lt;br /&gt;Ou dans le creux profond des vieux troncs en ruines.&lt;br /&gt;- L'orage sonne au loin, le bois va se courber,&lt;br /&gt;De larges gouttes d'eau commencent à tomber;&lt;br /&gt;Le combat se pré are et l'immense ravage&lt;br /&gt;Entre la nue ardente et la forêt sauvage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui donc cherche sa route en ces bois ténébreux?&lt;br /&gt;Une pauvre indienne au visage fiévreux,&lt;br /&gt;Pâle et portant au sein un faible enfant qui pleure.&lt;br /&gt;Sur un sapin tombé, pont tremblant qu'elle effleure,&lt;br /&gt;Elle passe, et sa main tient sur l'épaule un poids&lt;br /&gt;Qu'elle baise : autre enfant pendu comme un carquois.&lt;br /&gt;Malgré sa volonté, sa jeunesse et sa force,&lt;br /&gt;Elle frissonne encor sous le pagne d'écorce&lt;br /&gt;Et tient sur ses deux fils la laine aux plis épais,&lt;br /&gt;Sa tunique et son lit dans la guerre et la paix.&lt;br /&gt;- Après avoir longtemps examiné les herbes&lt;br /&gt;Et la trace des pieds sur leurs épaisses gerbes&lt;br /&gt;Ou sur le sable fin des ruisseaux abondants,&lt;br /&gt;Elle s'arrête et cherche avec des yeux ardents&lt;br /&gt;Quel chemin a suivi, dans les feuilles froissées,&lt;br /&gt;L'homme de la Peau-Rouge aux guerres insensées.&lt;br /&gt;Comme la lice errante, affamée et chassant,&lt;br /&gt;Elle flaire l'odeur du sauvage passant,&lt;br /&gt;Indien, ennemi de sa race indienne,&lt;br /&gt;Et de qui la famille a massacré la sienne.&lt;br /&gt;Elle écoute, regarde et respire à la fois&lt;br /&gt;La marche des Hurons sur les feuilles des bois;&lt;br /&gt;Un cri lointain l'effraie, et dans la forêt verte&lt;br /&gt;Elle s'enfonce enfin par une route ouverte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sait que les blancs, par le fer et le feu,&lt;br /&gt;Ont troué ces grands bois semés des mains de Dieu,&lt;br /&gt;Et, promenant au loin la flamme qui calcine,&lt;br /&gt;Pour labourer la terre ont brûlé la racine,&lt;br /&gt;L'arbre et les joncs touffus que le fleuve arrosait.&lt;br /&gt;Ces Anglais qu'autrefois sa tribu méprisait&lt;br /&gt;Sont maîtres sur sa terre, et l'Osage indocile&lt;br /&gt;Va chercher leur foyer pour demander asile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;III&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle entre en une allée où d'abord elle voit&lt;br /&gt;La barrière d'un parc. - Un chemin large et droit&lt;br /&gt;Conduit à la maison de forme britannique,&lt;br /&gt;Où le bois est cloué dans les angles de brique,&lt;br /&gt;Où le toit invisible entre un double rempart&lt;br /&gt;S'enfonce, où le charbon fume de toute part,&lt;br /&gt;Où tout est clos et sain, où vient blanche et luisante&lt;br /&gt;S'unir à l'ordre froid la propreté décente.&lt;br /&gt;Fermée à l'ennemi, la maison s'ouvre au jour,&lt;br /&gt;Légère comme un kiosk, forte comme une tour.&lt;br /&gt;Le chien de Terre-Neuve y hurle près des portes,&lt;br /&gt;Et des blonds serviteurs les agiles cohortes&lt;br /&gt;S'empressent en silence aux travaux familiers,&lt;br /&gt;Et, les plateaux en main, montent les escaliers.&lt;br /&gt;Deux filles de six ans aux lèvres ingénues&lt;br /&gt;Attachaient des rubans sur leurs épaules nues;&lt;br /&gt;Mais, voyant l'Indienne, elles courent; leur main&lt;br /&gt;L'appelle et l'introduit par le large chemin&lt;br /&gt;Dont elles ont ouvert, à deux bras, la barrière;&lt;br /&gt;Et caressant déjà la pâle aventurière :&lt;br /&gt;« As-tu de beaux colliers d'azaléa pour nous?&lt;br /&gt;Ces mocassins musqués, si jolis et si doux,&lt;br /&gt;Que ma mère à ses pieds ne veut d'autre chaussure?&lt;br /&gt;Et les peaux de castor, les a-t-on sans morsure?&lt;br /&gt;Vends-tu le lait des noix et la sagamité?&lt;br /&gt;Le pain anglais n'a pas tant de suavité.&lt;br /&gt;C'est Noël aujourd'hui, Noël est notre fête,&lt;br /&gt;A nous, enfants; vois-tu? la Bible est déjà prête;&lt;br /&gt;Devant l'orgue ma mère et nos soeurs vont s'asseoir,&lt;br /&gt;Mon frère est sur la porte et mon père au parloir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Indienne aux grands yeux leur sourit sans répondre,&lt;br /&gt;Regarde tristement cette maison de Londre&lt;br /&gt;Que le vent malfaiteur apporta dans ses bois,&lt;br /&gt;Au lieu d'y balancer le hamac d'autrefois.&lt;br /&gt;Mais elle entre à grands pas, de cet air calme et grave&lt;br /&gt;Près duquel tout regard est un regard d'esclave.&lt;br /&gt;Le parloir est ouvert, un pupitre au milieu;&lt;br /&gt;Le père y lit la Bible à tous les gens du lieu,&lt;br /&gt;Sa femme et ses enfants sont debout et l'écoutent,&lt;br /&gt;Et des chasseurs de daims, que les Hurons redoutent,&lt;br /&gt;Défricheurs de forêts et tueurs de bison,&lt;br /&gt;Valets et laboureurs, composent la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître est jeune et blond, vêtu de noir, sévère&lt;br /&gt;D'aspect, et d'un maintien qui veut qu'on le révère.&lt;br /&gt;L'Anglais-Américain, nomade et protestant,&lt;br /&gt;Pontife en sa maison, y porte, en l'habitant,&lt;br /&gt;Un seul livre, et partout où, pour l'heure, il réside,&lt;br /&gt;De toute question sa papauté décide;&lt;br /&gt;Sa famille est croyante, et, sans autels, il sert,&lt;br /&gt;Prêtre et père à la fois, son Dieu dans un désert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui règne ici d'une façon hautaine&lt;br /&gt;N'a point voulu parer sa maison puritaine,&lt;br /&gt;Mais l'oeil trouve un miroir sur les aciers brunis,&lt;br /&gt;La main se réfléchit sur les meubles vernis;&lt;br /&gt;Nul tableau sur les murs ne fait briller l'image&lt;br /&gt;D'un pays merveilleux, d'un grand homme ou d'un sage,&lt;br /&gt;Mais, sous un cristal pur, orné d'un noir feston,&lt;br /&gt;Un billet en dix mots qu'écrivit Washington,&lt;br /&gt;Quelques livres rangés, dont le premier, Shakespeare&lt;br /&gt;(Car des deux bords anglais ses deux pieds ont l'empire),&lt;br /&gt;Attendent dans un angle, à leur taille ajusté,&lt;br /&gt;Les lectures du soir et les heures du thé.&lt;br /&gt;Tout est prêt et rangé dans sa juste mesure,&lt;br /&gt;Et la maîtresse, assise au coin d'une embrasure,&lt;br /&gt;D'un sourire angélique et d'un doigt gracieux&lt;br /&gt;Fait signe à ses enfants de baisser leurs beaux yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;IV&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La Sauvage Indienne au milieu d'eux s'avance :&lt;br /&gt;« Salut, Maître. Moi, femme et seule en ta présence,&lt;br /&gt;Je te viens demander asile en ta maison;&lt;br /&gt;Nourris mes deux enfants; tiens-moi, dans ta prison,&lt;br /&gt;Esclave de tes fils et de tes filles blanches,&lt;br /&gt;Car ma tribu n'est plus, et ses dernières branches&lt;br /&gt;Sont mortes. Les Hurons, cette nuit, ont scalpé&lt;br /&gt;Mes frères; mon mari ne s'est point échappé;&lt;br /&gt;Nos hameaux sont brûlés comme aussi la prairie.&lt;br /&gt;J'ai sauvé mes deux fils à travers la tuerie;&lt;br /&gt;Je n'ai plus de hamac, je n'ai plus de maïs,&lt;br /&gt;Je n'ai plus de parents, je n'ai plus de pays. »&lt;br /&gt;- Elle dit sans pleurer et sur le seuil se pose,&lt;br /&gt;Sans que sa ferme voix ajoute aucune chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître, d'un regard intelligent, humain,&lt;br /&gt;Interroge sa femme en lui serrant la main.&lt;br /&gt;« Ma soeur, dit-il ensuite, entre dans ma famille;&lt;br /&gt;Tes pères ne sont plus que leur dernière fille&lt;br /&gt;Soit sous mon toit solide accueillie, et chez moi&lt;br /&gt;Tes enfants grandiront innocents comme toi;&lt;br /&gt;Ils apprendront de nous, travailleurs, que la terre&lt;br /&gt;Est sacrée et confère un droit héréditaire&lt;br /&gt;A celui qui la sert de son bras endurci,&lt;br /&gt;Caïn le laboureur a sa revanche ici,&lt;br /&gt;Et le chasseur Abel va, dans ses forêts vides,&lt;br /&gt;Voir errer et mourir ses familles livides,&lt;br /&gt;Comme des loups perdus qui se mordent entre eux,&lt;br /&gt;Aveuglés par la rage, affamés, malheureux,&lt;br /&gt;Sauvages animaux sans but, sans loi, sans âme,&lt;br /&gt;Pour avoir dédaigné le Travail et la Femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Hommes à la peau rouge! Enfants, qu'avez-vous fait?&lt;br /&gt;Dans l'air d'une maison votre coeur étouffait,&lt;br /&gt;Vous haïssiez la paix, l'ordre et les lois civiles,&lt;br /&gt;Et la Sainte union des peuples dans les villes,&lt;br /&gt;Et vous voilà cernés dans l'anneau grandissant.&lt;br /&gt;C'est la Loi qui, sur vous, s'avance en vous pressant.&lt;br /&gt;La Loi d'Europe est lourde, impassible et robuste,&lt;br /&gt;Mais son cercle est divin, car au centre est le Juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Sur les deux bords des mers vois-tu de tout côté&lt;br /&gt;S'établir lentement cette grave beauté?&lt;br /&gt;Prudente fée, elle a, dans sa marche cyclique,&lt;br /&gt;Sur chacun de ses pas mis une République.&lt;br /&gt;Elle dit, en fondant chaque neuve cité&lt;br /&gt;« Vous m'appelez la Loi, je suis la Liberté. »&lt;br /&gt;Sur le haut des grands monts, sur toutes les collines,&lt;br /&gt;De la Louisiane aux deux soeurs Carolines,&lt;br /&gt;L'oeil de l'Européen qui l'aime et la connaît&lt;br /&gt;Sait voir planer, de loin, sa pique et son bonnet,&lt;br /&gt;Son bonnet phrygien, cette pourpre où s'attache,&lt;br /&gt;Pour abattre les bois, une puissante hache.&lt;br /&gt;Moi, simple pionnier, au nom de la raison,&lt;br /&gt;J'ai planté cette pique au seuil de ma maison,&lt;br /&gt;Et j'ai, tout au milieu des forets inconnues,&lt;br /&gt;Avec ce fer de hache ouvert des avenues;&lt;br /&gt;Mes fils, puis, après eux, leurs fils et leurs neveux,&lt;br /&gt;Faucheront tout le reste, avec leurs bras nerveux,&lt;br /&gt;Et la terre où je suis doit être aussi leur terre&lt;br /&gt;Car de la sainte Loi tel est le caractère&lt;br /&gt;Qu'elle a de la Nature interprété les cris.&lt;br /&gt;Tourne sur tes enfants tes grands yeux attendris,&lt;br /&gt;Ma soeur, et sur ton sein. Cherche bien si la vie&lt;br /&gt;Y coule pour toi seule. Es-tu donc assouvie&lt;br /&gt;Quand brille la santé sur ton front triomphant?&lt;br /&gt;Que dit le Sein fécond de la mère à l'enfant?&lt;br /&gt;Que disent, en tombant des veines azurées,&lt;br /&gt;Que disent, en courant, les gouttes épurées?&lt;br /&gt;Que dit le coeur qui bat et les pousse à grands flots?&lt;br /&gt;- Ah! le sein et le coeur, dans les divins sanglots&lt;br /&gt;Où les soupirs d'amour aux douleurs se confondent,&lt;br /&gt;Aux morsures d'enfant le coeur, le sein répondent :&lt;br /&gt;« A toi mon âme, à toi ma vie, à toi mon sang&lt;br /&gt;« Qui du coeur de ma mère au fond du tien descend,&lt;br /&gt;« Et n'a passé par moi, par les chastes mamelles,&lt;br /&gt;« Qu'issu du philtre pur des sources maternelles;&lt;br /&gt;« Que tout ce qui fut mien soit tien, ainsi que lui! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Oui! » dit la blonde Anglaise en l'interrompant. - « Oui! »&lt;br /&gt;Répéta l'Indienne en offrant le breuvage&lt;br /&gt;De son sein nu et brun à son enfant sauvage,&lt;br /&gt;Tandis que l'autre fils lui tendait les deux bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Sois donc notre convive, avec nous tu vivras,&lt;br /&gt;Poursuivit le jeune homme, et peut-être, chrétienne&lt;br /&gt;Un jour, ma forte loi, femme, sera la tienne,&lt;br /&gt;Et tu célébreras avec nous, tes amis,&lt;br /&gt;La fête de Noël au foyer de tes fils. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)  &lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées) &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8898947013434289556?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8898947013434289556/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8898947013434289556' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8898947013434289556'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8898947013434289556'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-sauvage-i-solitudes-que-dieu-fit.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4498976528076155123</id><published>2008-09-16T06:18:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T06:40:38.796-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Les Oracles&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Destinée d'un roi&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;I&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ainsi je t'appelais au port et, sur la terre,&lt;br /&gt;Fille de l'Océan, je te montrais mes bois.&lt;br /&gt;J'y roulais la Maison errante et solitaire.&lt;br /&gt;- Des dogmes révoltés j'entendais les abois.&lt;br /&gt;- Je voyais, au sommet des longues galeries,&lt;br /&gt;L'anonyme drapeau des vieilles Tuileries&lt;br /&gt;Déchiré sur le front du dernier des vieux Rois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'oracle est à présent dans l'air et dans la rue.&lt;br /&gt;Le passant au passant montre au ciel tout point noir.&lt;br /&gt;Nous-même en mon désert nous lisions dans la nue,&lt;br /&gt;Quatre ans avant l'éclair fatal. - Mais le Pouvoir&lt;br /&gt;S'enferme en sa Doctrine et, dans l'ombre, il calcule&lt;br /&gt;Les problèmes sournois du jeu de sa bascule,&lt;br /&gt;N'entend rien, ne sait rien et ne veut rien savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;III&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C 'était l'an du Seigneur où les songes livides&lt;br /&gt;Ecrivaient sur les murs les trois mots flamboyants;&lt;br /&gt;Et l'heure où les sultans, seuls sur leurs trônes vides,&lt;br /&gt;Disent au ciel muet : " Où sont mes vrais croyants? "&lt;br /&gt;- Le temps était venu des sept maigres génisses.&lt;br /&gt;Mais en vain tous les yeux lisaient dans les auspices;&lt;br /&gt;L'aveugle Pharaon dédaignait les Voyants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ulysse avait connu les hommes et les villes,&lt;br /&gt;Sondé le lac de sang des Révolutions,&lt;br /&gt;Des saints et des héros les coeurs faux et serviles&lt;br /&gt;Et le sable mouvant des Constitutions.&lt;br /&gt;- Et pourtant, un matin, des royales demeures,&lt;br /&gt;Comme un autre en trois jours, il tombait en trois heures,&lt;br /&gt;Sous le vent empesté des déclamations,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;V&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Parlements jouaient aux tréteaux populaires,&lt;br /&gt;A l'assaut du Pouvoir par l'applaudissement.&lt;br /&gt;Leur tribune savait, par de feintes colères,&lt;br /&gt;Terrasser la Raison sous le raisonnement.&lt;br /&gt;Mais leurs coups secouaient la poutre et le cordage,&lt;br /&gt;Et le frêle tréteau de leur échafaudage&lt;br /&gt;Un jour vint à crier et croula lourdement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;VI&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Doctrines croisaient leurs glaives de Chimères&lt;br /&gt;Devant des spectateurs gravement assoupis&lt;br /&gt;Quand les lambris tombaient sur eux, ces gens austères&lt;br /&gt;Ferraillaient comme Hamlet, sous la table accroupis.&lt;br /&gt;Poursuivant, comme un rat, l'argument en détresse,&lt;br /&gt;Ces fous, qui distillaient et vendaient la sagesse,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;VII&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O de tous les grands coeurs Déesses souveraines,&lt;br /&gt;Qu'avez-vous dit alors, ô Justice! ô Raison!&lt;br /&gt;Quand, par ce long travail des ruses souterraines,&lt;br /&gt;Sur le maître étonné s'effondra la maison,&lt;br /&gt;Sous le trône écrasant le Divan doctrinaire&lt;br /&gt;Et l'écu d'Orléans, qu'on croyait populaire&lt;br /&gt;Parce qu'il n'avait plus fleur de lys ni blason?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;VIII&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reines de mes pensers, ô Raison! ô Justice!&lt;br /&gt;Vous avez déployé vos balances d'acier&lt;br /&gt;Pour peser ces Esprits d'audace et d'artifice&lt;br /&gt;Que le Destin venait enfin d'humilier,&lt;br /&gt;Quand son glaive, en coupant le fuseau des intrigues,&lt;br /&gt;Trancha le noeud gardien des tortueuses ligues&lt;br /&gt;Que leurs ongles savaient lier et délier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;IX &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous avez dit alors, de votre voix sévère :&lt;br /&gt;" Malheur à vos amis, comme à vos alliés,&lt;br /&gt;Sophistes qui parlez d'un ton de sermonnaire!&lt;br /&gt;Il a croulé, ce sol qui tremblait sorts vos pieds.&lt;br /&gt;Mais tomber est trop doux pour l'homme à tous funeste;&lt;br /&gt;De la punition vous subirez le reste,&lt;br /&gt;Corrupteurs! Vos délits furent mal expiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;X&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Maîtres en longs discours à flots intarissables!&lt;br /&gt;Vous qui tout enseignez, n'aviez-vous rien appris?&lt;br /&gt;Toute Démocratie est un désert de sables&lt;br /&gt;Il y fallait bâtir, Si vous l'eussiez Compris.&lt;br /&gt;Ce n'était pas assez d'y dresser quelques tentes&lt;br /&gt;Pour un tournoi d'intrigue et de manoeuvres lentes&lt;br /&gt;Que le souffle de flamme un matin a surpris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;XI&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Vous avez conservé vos vanités, vos haines&lt;br /&gt;Au fond du grand abîme où vous êtes couchés,&lt;br /&gt;Comme les corps trouvés sous les cendres romaines,&lt;br /&gt;Debout sous les caveaux de Pompéia cachés,&lt;br /&gt;L'oeil fixe, lèvre ouverte et la main étendue,&lt;br /&gt;Cherchant encor dans l'air leur parole perdue,&lt;br /&gt;Et s'évanouissant sitôt qu'ils sont touchés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;XII&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Partout où vous irez, froids, importants et fourbes,&lt;br /&gt;Vous porterez le trouble. En des sentiers étroits&lt;br /&gt;Des coalitions suivant les lignes courbes,&lt;br /&gt;Traçant de faux Devoirs et frappant de vrais Droits,&lt;br /&gt;Gonflés d'orgueil mondain et d 'ambitions folles,&lt;br /&gt;Imposant par le poids de vos âpres paroles&lt;br /&gt;A l'humble courageux la plus lourde des croix,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;XIII&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Peuple et Rois ont connu quels conseillers vous êtes,&lt;br /&gt;Quand sous votre ombre en vain votre Prince abrité,&lt;br /&gt;Aux murs du grand banquet et des funestes fêtes&lt;br /&gt;Cherchant quelque lumière en votre obscurité,&lt;br /&gt;Lut ces mots que nos mains gravèrent sur la pierre,&lt;br /&gt;Comme autrefois Cromwell sur sa rouge bannière :&lt;br /&gt;Et nunc, Reges mundi, nunc intelligite! "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;24 février 1862. &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;POST-SCRIPTUM&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;I &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pourquoi de leur cendre évoquer ces journées&lt;br /&gt;Que les dédains publics effacent en passant?&lt;br /&gt;Entre elles et ce jour ont marché douze années :&lt;br /&gt;Oublions et la faute et la fuite et le sang,&lt;br /&gt;Et les corruptions des pâles adversaires&lt;br /&gt;-Non. Dans l'histoire il est de noirs anniversaires&lt;br /&gt;Dont le spectre revient pour troubler le présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;II&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il revient quand l'orgueil des obstinés coupables&lt;br /&gt;Sort du limon confus des Révolutions&lt;br /&gt;Où pêle-mêle on voit tomber les incapables,&lt;br /&gt;Pour nous montrer encor ses vieilles passions&lt;br /&gt;Et hurler à grands cris quelque sombre horoscope&lt;br /&gt;. -En observant la vase aux feux d'un microscope,&lt;br /&gt;On voit dans les serpents ces agitations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;III&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'agiter et blesser est l'instinct des vipères;&lt;br /&gt;L'homme ainsi contre l'homme a son instinct fatal :&lt;br /&gt;Il retourne ses dards et nourrit ses colères&lt;br /&gt;Au réservoir caché de son poison natal.&lt;br /&gt;Dans quelque cercle obscur qu'on les ait vus descendre,&lt;br /&gt;Homme ou serpent, blottis sous le verre ou la cendre,&lt;br /&gt;Mordront le diamant ou mordront le cristal&lt;br /&gt;.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;IV &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cristal, c'est la vue et la clarté du JUSTE,&lt;br /&gt;Du principe éternel de toute vérité,&lt;br /&gt;L'examen de soi-même au tribunal auguste&lt;br /&gt;Où la Raison, l'Honneur, la Bonté, l'Equité,&lt;br /&gt;La Prévoyance à l'oeil rapide et la Science&lt;br /&gt;Délibèrent en paix devant la Conscience&lt;br /&gt;Qui, jugeant l'action, régit la Liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;V&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours sur ce Cristal, rempart des grandes âmes,&lt;br /&gt;La langue du sophiste ira heurter son dard.&lt;br /&gt;Qu'il se morde lui-même en ses détours infâmes,&lt;br /&gt;Qu'il rampe aveugle et sourd dans l'éternel brouillard.&lt;br /&gt;Oublié, méprisé, qu'il conspire et se torde,&lt;br /&gt;Ignorant le vrai Beau, qu'il le souille et qu'il morde&lt;br /&gt;Ce Diamant que cherche en vain son faux regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;VI&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Diamant? c'est l'art des choses idéales,&lt;br /&gt;Et ses rayons d'argent, d'or, de pourpre et d'azur&lt;br /&gt;Ne cessent de lancer les deux lueurs égales&lt;br /&gt;Des pensers les plus beaux, de l'amour le plus pur.&lt;br /&gt;Il porte du Génie et transmet les empreintes.&lt;br /&gt;Oui, de ce qui survit aux Nations éteintes&lt;br /&gt;C'est lui le plus brillant trésor et le plus dur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)  &lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées) &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4498976528076155123?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4498976528076155123/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4498976528076155123' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4498976528076155123'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4498976528076155123'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/les-oracles-destine-dun-roi-i-ainsi-je.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1093553091633406077</id><published>2008-09-16T06:08:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T06:40:12.933-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Les Destinées&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le premier jour de la création,&lt;br /&gt;Les pieds lourds et puissants de chaque Destinée&lt;br /&gt;Pesaient sur chaque tête et sur toute action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque front se courbait et traçait sa journée,&lt;br /&gt;Comme le front d'un boeuf creuse un sillon profond&lt;br /&gt;Sans dépasser la pierre où sa ligne est bornée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces froides déités liaient le joug de plomb&lt;br /&gt;Sur le crâne et les yeux des Hommes leurs esclaves,&lt;br /&gt;Tous errant, sans étoile, en un désert sans fond ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Levant avec effort leurs pieds chargés d'entraves ;&lt;br /&gt;Suivant le doigt d'airain dans le cercle fatal,&lt;br /&gt;Le doigt des Volontés inflexibles et graves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tristes divinités du monde oriental,&lt;br /&gt;Femmes au voile blanc, immuables statues,&lt;br /&gt;Elles nous écrasaient de leur poids colossal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un vol de vautours sur le sol abattues,&lt;br /&gt;Dans un ordre éternel, toujours en nombre égal&lt;br /&gt;Aux têtes des mortels sur la terre épandues,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles avaient posé leur ongle sans pitié&lt;br /&gt;Sur les cheveux dressés des races éperdues,&lt;br /&gt;Traînant la femme en pleurs et l'homme humilié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir il arriva que l'antique planète&lt;br /&gt;Secoua sa poussière. - Il se fit un grand cri :&lt;br /&gt;« Le Sauveur est venu, voici le jeune athlète;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a le front sanglant et le côté meurtri,&lt;br /&gt;Mais la Fatalité meurt au pied du Prophète,&lt;br /&gt;La Croix monte et s'étend sur nous comme un abri ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant l'heure où, jadis, ces choses arrivèrent,&lt;br /&gt;Tout Homme allait courbé, le front pâle et flétri.&lt;br /&gt;Quand ce cri fut jeté, tous ils se relevèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Détachant les noeuds lourds du joug de plomb du Sort,&lt;br /&gt;Toutes les Nations à la fois s'écrièrent :&lt;br /&gt;" O Seigneur ! est-il vrai ? le Destin est-il mort ? "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'on vit remonter vers le ciel, par volées,&lt;br /&gt;Les filles du Destin, ouvrant avec effort&lt;br /&gt;Leurs ongles qui pressaient nos races désolées ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous leur robe aux longs plis voilant leurs pieds d'airain,&lt;br /&gt;Leur main inexorable et leur face inflexible ;&lt;br /&gt;Montant avec lenteur en innombrable essaim,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un vol inaperçu, sans ailes, insensible,&lt;br /&gt;Comme apparaît au soir, vers l'horizon lointain,&lt;br /&gt;D'un nuage orageux l'ascension paisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Un soupir de bonheur sortit du coeur humain.&lt;br /&gt;La terre frissonna dans son orbite immense,&lt;br /&gt;Comme un cheval frémit délivré de son frein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les astres émus restèrent en silence,&lt;br /&gt;Attendant avec l'Homme, en la même stupeur,&lt;br /&gt;Le suprême décret de la Toute-Puissance,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand ces filles du Ciel, retournant au Seigneur,&lt;br /&gt;Comme ayant retrouvé leurs régions natales,&lt;br /&gt;Autour de Jéhovah se rangèrent en choeur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un mouvement pareil levant leurs mains fatales,&lt;br /&gt;Puis chantant d'une voix leur hymne de douleur&lt;br /&gt;Et baissant à la fois leurs fronts calmes et pâles :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Nous venons demander la Loi de l'avenir.&lt;br /&gt;Nous sommes, ô Seigneur, les froides Destinées&lt;br /&gt;Dont l'antique pouvoir ne devait point faillir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous roulions sous nos doigts les jours et les années ;&lt;br /&gt;Devons-nous vivre encore ou devons-nous finir,&lt;br /&gt;Des Puissances du ciel, nous, les fortes aînées ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous détruisez d'un coup le grand piège du Sort&lt;br /&gt;Où tombaient tour à tour les races consternées,&lt;br /&gt;Faut-il combler la fosse et briser le ressort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne mènerons-nous plus ce troupeau faible et morne,&lt;br /&gt;Ces hommes d'un moment, ces condamnés à mort&lt;br /&gt;Jusqu'au bout du chemin dont nous posions la borne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le moule de la vie était creusé par nous.&lt;br /&gt;Toutes les passions y répandaient leur lave,&lt;br /&gt;Et les événements venaient s'y fondre tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur les tables d'airain où notre loi se grave,&lt;br /&gt;Vous effacez le nom de la FATALITE,&lt;br /&gt;Vous déliez les pieds de l'Homme notre esclave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui va porter le poids dont s'est épouvanté&lt;br /&gt;Tout ce qui fut créé ? ce poids sur la pensée,&lt;br /&gt;Dont le nom est en bas : RESPONSABILITE ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se fit un silence, et la Terre affaissée&lt;br /&gt;S'arrêta comme fait la barque sans rameurs&lt;br /&gt;Sur les flots orageux, dans la nuit balancée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une voix descendit, venant de ces hauteurs&lt;br /&gt;Où s'engendrent sans fin les mondes dans l'espace ;&lt;br /&gt;Cette voix, de la terre emplit les profondeurs :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Retournez en mon nom, Reines, je suis la Grâce.&lt;br /&gt;L'Homme sera toujours un nageur incertain&lt;br /&gt;Dans les ondes du temps qui se mesure et passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous toucherez son front, ô filles du Destin !&lt;br /&gt;Son bras ouvrira l'eau, qu'elle soit haute ou basse,&lt;br /&gt;Voulant trouver sa place et deviner sa fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sera plus heureux, se croyant maître et libre&lt;br /&gt;Et luttant contre vous dans un combat mauvais&lt;br /&gt;Où moi seule d'en haut je tiendrai l'équilibre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De moi naîtra son souffle et sa force à jamais.&lt;br /&gt;Son mérite est le mien, sa loi perpétuelle :&lt;br /&gt;Faire ce que je veux pour venir OÙ JE SAIS. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le choeur descendit vers sa proie éternelle&lt;br /&gt;Afin d'y ressaisir sa domination&lt;br /&gt;Sur la race timide, incomplète et rebelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On entendit venir la sombre Légion&lt;br /&gt;Et retomber les pieds des femmes inflexibles,&lt;br /&gt;Comme sur nos caveaux tombe un cercueil de plomb.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacune prit chaque homme en ses mains invisibles.&lt;br /&gt;- Mais, plus forte à présent, dans ce sombre duel,&lt;br /&gt;Notre âme en deuil combat ces Esprits impassibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous soulevons parfois leur doigt faux et cruel.&lt;br /&gt;La Volonté transporte à des hauteurs sublimes&lt;br /&gt;Notre front éclairé par un rayon du ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant sur nos caps, sur nos rocs, sur nos cimes,&lt;br /&gt;Leur doigt rude et fatal se pose devant nous,&lt;br /&gt;Et, d'un coup, nous renverse au fond des noirs abîmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh ! dans quel désespoir nous sommes encor tous !&lt;br /&gt;Vous avez élargi le COLLIER qui nous lie,&lt;br /&gt;Mais qui donc tient la chaîne ? - Ah ! Dieu juste, est-ce vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arbitre libre et fier des actes de sa vie,&lt;br /&gt;Si notre coeur s'entr'ouvre au parfum des vertus,&lt;br /&gt;S'il s'embrase à l'amour, s'il s'élève au génie,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que l'ombre des Destins, Seigneur, n'oppose plus&lt;br /&gt;A nos belles ardeurs une immuable entrave,&lt;br /&gt;A nos efforts sans fin des coups inattendus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O sujet d'épouvante à troubler le plus brave !&lt;br /&gt;Questions sans réponse où vos Saints se sont tus !&lt;br /&gt;O mystère ! ô tourment de l'âme forte et grave !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre mot éternel est-il : C'ÉTAIT ECRIT ?&lt;br /&gt;- SUR LE LIVRE DE DIEU, dit l'Orient esclave ;&lt;br /&gt;Et l'Occident répond : - SUR LE LIVRE DU CHRIST.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)&lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées) &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1093553091633406077?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1093553091633406077/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1093553091633406077' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1093553091633406077'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1093553091633406077'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/les-destines-depuis-le-premier-jour-de.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5176112033263683304</id><published>2008-09-16T04:34:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T04:42:38.969-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La Bouteille à la mer&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;I&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Courage, ô faible enfant de qui ma solitude&lt;br /&gt;Reçoit ces chants plaintifs, sans nom, que vous jetez&lt;br /&gt;Sous mes yeux ombragés du camail de l'étude,&lt;br /&gt;Oubliez les enfants par la mort arrêtés ;&lt;br /&gt;Oubliez Chatterton, Gilbert et Malfilâtre ;&lt;br /&gt;De l'œuvre d'avenir saintement idolâtre,&lt;br /&gt;Enfin, oubliez l'homme en vous-même. - Écoutez :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand un grave marin voit que le vent l'emporte&lt;br /&gt;Et que les mâts brisés pendent tous sur le pont,&lt;br /&gt;Que dans son grand duel la mer est la plus forte&lt;br /&gt;Et que par des calculs l'esprit en vain répond;&lt;br /&gt;Que le courant l'écrase et le roule en sa course,&lt;br /&gt;Qu'il est sans gouvernail, et, partant, sans ressource,&lt;br /&gt;Il se croise les bras dans un calme profond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il voit les masses d'eau, les toise et les mesure,&lt;br /&gt;Les méprise en sachant qu'il en est écrasé,&lt;br /&gt;Soumet son âme au poids de la matière impure&lt;br /&gt;Et se sent mort ainsi que son vaisseau rasé.&lt;br /&gt;- A de certains moments, l'âme est sans résistance ;&lt;br /&gt;Mais le penseur s'isole et n'attend d'assistance&lt;br /&gt;Que de la forte foi dont il est embrasé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les heures du soir, le jeune Capitaine&lt;br /&gt;A fait ce qu'il a pu pour le salut des siens.&lt;br /&gt;Nul vaisseau n'apparaît sur la vague lointaine,&lt;br /&gt;La nuit tombe, et le brick court aux rocs indiens.&lt;br /&gt;- Il se résigne, il prie ; il se recueille, il pense&lt;br /&gt;A celui qui soutient les pôles et balance&lt;br /&gt;L'équateur hérissé des longs méridiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son sacrifice est fait ; mais il faut que la terre&lt;br /&gt;Recueille du travail le pieux monument.&lt;br /&gt;C'est le journal savant, le calcul solitaire,&lt;br /&gt;Plus rare que la perle et que le diamant ;&lt;br /&gt;C'est la carte des flots faite dans la tempête,&lt;br /&gt;La carte de l'écueil qui va briser sa tête :&lt;br /&gt;Aux voyageurs futurs sublime testament.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il écrit : "Aujourd'hui, le courant nous entraîne,&lt;br /&gt;Désemparés, perdus, sur la Terre-de-Feu.&lt;br /&gt;Le courant porte à l'est. Notre morte est certaine :&lt;br /&gt;Il faut cingler au nord pour bien passer ce lieu.&lt;br /&gt;- Ci-joint est mon journal, portant quelques études&lt;br /&gt;Des constellations des hautes latitudes.&lt;br /&gt;Qu'il aborde, si c'est la volonté de Dieu !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, immobile et froid, comme le cap des brumes&lt;br /&gt;Qui sert de sentinelle au détroit Magellan,&lt;br /&gt;Sombre comme ces rocs au front chargé d'écumes,&lt;br /&gt;Ces pics noirs dont chacun porte un deuil castillan,&lt;br /&gt;Il ouvre une bouteille et la choisit très forte,&lt;br /&gt;Tandis que son vaisseau que le courant emporte&lt;br /&gt;Tourne en un cercle étroit comme un vol de milan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il tient dans une main cette vieille compagne,&lt;br /&gt;Ferme, de l'autre main, son flanc noir et terni.&lt;br /&gt;Le cachet porte encor le blason de Champagne :&lt;br /&gt;De la mousse de Reims son col vert est jauni.&lt;br /&gt;D'un regard, le marin en soi-même rappelle&lt;br /&gt;Quel jour il assembla l'équipage autour d'elle,&lt;br /&gt;Pour porter un grand toste au pavillon béni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On avait mis en panne, et c'était grande fête ;&lt;br /&gt;Chaque homme sur son mât tenait le verre en main ;&lt;br /&gt;Chacun à son signal se découvrit la tête,&lt;br /&gt;Et répondit d'en haut par un hourra soudain.&lt;br /&gt;Le soleil souriant dorait les voiles blanches;&lt;br /&gt;L'air ému répétait ces voix mâles et franches,&lt;br /&gt;Ce noble appel de l'homme à son pays lointain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le cri de tous, chacun rêve en silence.&lt;br /&gt;Dans la mousse d'Aï luit l'éclair d'un bonheur;&lt;br /&gt;Tout au fond de son verre il aperçoit la France.&lt;br /&gt;La France est pour chacun ce qu'y laissa son coeur :&lt;br /&gt;L'un y voit son vieux père assis au coin de l'âtre,&lt;br /&gt;Comptant ses jours d'absence ; à la table du pâtre,&lt;br /&gt;Il voit sa chaise vide à côté de sa sœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre y voit Paris, où sa fille penchée&lt;br /&gt;Marque avec les compas tous les souffles de l'air,&lt;br /&gt;Ternit de pleurs la glace où l'aiguille est cachée,&lt;br /&gt;Et cherche à ramener l'aimant avec le fer.&lt;br /&gt;Un autre y voit Marseille. Une femme se lève,&lt;br /&gt;Court au port et lui tend un mouchoir de la grève,&lt;br /&gt;Et ne sent pas ses pieds enfoncés dans la mer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O superstition des amours ineffables,&lt;br /&gt;Murmures de nos cœurs qui nous semblez des voix,&lt;br /&gt;Calculs de la science, ô décevantes fables !&lt;br /&gt;Pourquoi nous apparaître en un jour tant de fois ?&lt;br /&gt;Pourquoi vers l'horizon nous tendre ainsi des pièges ?&lt;br /&gt;Espérances roulant comme roulent les neiges ;&lt;br /&gt;Globes toujours pétris et fondus sous nos doigts !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où sont-ils à présent ? où sont ces trois cents braves ?&lt;br /&gt;Renversés par le vent dans les courants maudits,&lt;br /&gt;Aux harpons indiens ils portent pour épaves&lt;br /&gt;Leurs habits déchirés sur leurs corps refroidis,&lt;br /&gt;Les savants officiers, la hache à la ceinture,&lt;br /&gt;Ont péri les premiers en coupant la mâture :&lt;br /&gt;Ainsi, de ces trois cents il n'en reste que dix !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le capitaine encor jette un regard au pôle&lt;br /&gt;Dont il vient d'explorer les détroits inconnus.&lt;br /&gt;L'eau monte à ses genoux et frappe son épaule ;&lt;br /&gt;Il peut lever au ciel l'un de ses deux bras nus.&lt;br /&gt;Son navire est coulé, sa vie est révolue:&lt;br /&gt;Il lance la Bouteille à la mer, et salue&lt;br /&gt;Les jours de l'avenir qui pour lui sont venus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit en songeant que ce fragile verre&lt;br /&gt;Portera sa pensée et son nom jusqu'au port ;&lt;br /&gt;Que d'une île inconnue il agrandit la terre;&lt;br /&gt;Qu'il marque un nouvel astre et le confie au sort :&lt;br /&gt;Que Dieu peut bien permettre à des eaux insensées&lt;br /&gt;De perdre des vaisseaux, mais non pas des pensées ;&lt;br /&gt;Et qu'avec un flacon il a vaincu la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est dit. A présent, que Dieu lui soit en aide !&lt;br /&gt;Sur le brick englouti l'onde a pris son niveau.&lt;br /&gt;Au large flot de l'est le flot de l'ouest succède,&lt;br /&gt;Et la Bouteille y roule en son vaste berceau.&lt;br /&gt;Seule dans l'Océan la frêle passagère&lt;br /&gt;N'a pas pour se guider une brise légère ;&lt;br /&gt;Mais elle vient de l'arche et porte le rameau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les courants l'emportaient, les glaçons la retiennent&lt;br /&gt;Et la couvrent des plis d'un épais manteau blanc.&lt;br /&gt;Les noirs chevaux de mer la heurtent, puis reviennent&lt;br /&gt;La flairer avec crainte, et passent en soufflant.&lt;br /&gt;Elle attend que l'été, changeant ses destinées,&lt;br /&gt;Vienne ouvrir le rempart des glaces obstinées,&lt;br /&gt;Et vers la ligne ardente elle monte en roulant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, tout était calme et la mer Pacifique,&lt;br /&gt;Par ses vagues d'azur, d'or et de diamant,&lt;br /&gt;Renvoyait ses splendeurs au soleil du tropique.&lt;br /&gt;Un navire y passait majestueusement;&lt;br /&gt;Il a vu la Bouteille aux gens de mer sacrée :&lt;br /&gt;Il couvre de signaux sa flamme diaprée,&lt;br /&gt;Lance un canot en mer et s'arrête un moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais on entend au loin le canon des Corsaires ;&lt;br /&gt;Le Négrier va fuir s'il peut prendre le vent.&lt;br /&gt;Alerte! et coulez bas ces sombres adversaires !&lt;br /&gt;Noyez or et bourreaux du couchant au levant !&lt;br /&gt;La frégate reprend ses canots et les jette&lt;br /&gt;En son sein, comme fait la sarigue inquiète,&lt;br /&gt;Et par voile et vapeur vole et roule en avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule dans l'Océan, seule toujours ! - Perdue&lt;br /&gt;Comme un point invisible en un mouvant désert,&lt;br /&gt;L'aventurière passe errant dans l'étendue,&lt;br /&gt;Et voit tel cap secret qui n'est pas découvert.&lt;br /&gt;Tremblante voyageuse à flotter condamnée,&lt;br /&gt;Elle sent sur son col que depuis une année&lt;br /&gt;L'algue et les goémons lui font un manteau vert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir enfin, les vents qui soufflent des Florides&lt;br /&gt;L'entraînent vers la France et ses bords pluvieux.&lt;br /&gt;Un pêcheur accroupi sous des rochers arides&lt;br /&gt;Tire dans ses filets le flacon précieux.&lt;br /&gt;Il court, cherche un savant et lui montre sa prise,&lt;br /&gt;Et, sans l'oser ouvrir, demande qu'on lui dise&lt;br /&gt;Quel est cet élixir noir et mystérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est cet élixir ? Pêcheur, c'est la science,&lt;br /&gt;C'est l'élixir divin que boivent les esprits,&lt;br /&gt;Trésor de la pensée et de l'expérience;&lt;br /&gt;Et si tes lourds filets, ô pêcheur, avaient pris&lt;br /&gt;L'or qui toujours serpente aux veines du Mexique,&lt;br /&gt;Les diamants de l'Inde et les perles d'Afrique,&lt;br /&gt;Ton labeur de ce jour aurait eu moins de prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regarde. - Quelle joie ardente et sérieuse !&lt;br /&gt;Une gloire de plus luit dans la nation.&lt;br /&gt;Le canon tout-puissant et la cloche pieuse&lt;br /&gt;Font sur les toits tremblants bondir l'émotion.&lt;br /&gt;Aux héros du savoir plus qu'à ceux des batailles&lt;br /&gt;On va faire aujourd'hui de grandes funérailles.&lt;br /&gt;Lis ce mot sur les murs : "commémoration !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvenir éternel ! gloire à la découverte&lt;br /&gt;Dans l'homme ou la nature, égaux en profondeur,&lt;br /&gt;Dans le Juste et le Bien, source à peine entr'ouverte.&lt;br /&gt;Dans l'Art inépuisable, abîme de splendeur !&lt;br /&gt;Qu'importe oubli, morsure, injustice insensée,&lt;br /&gt;Glaces et tourbillons de notre traversée ?&lt;br /&gt;Sur la pierre des morts croît l'arbre de grandeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet arbre est le plus beau de la terre promise,&lt;br /&gt;C'est votre phare à tous, Penseurs laborieux !&lt;br /&gt;Voguez sans jamais craindre ou les flots ou la brise&lt;br /&gt;Pour tout trésor scellé du cachet précieux.&lt;br /&gt;L'or pur doit surnager, et sa gloire est certaine :&lt;br /&gt;Dites en souriant comme ce capitaine:&lt;br /&gt;"Qu'il aborde, si c'est la volonté des dieux !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vrai Dieu, le Dieu fort, est le Dieu des idées.&lt;br /&gt;Sur nos fronts où le germe est jeté par le sort,&lt;br /&gt;Répandons le Savoir en fécondes ondées ;&lt;br /&gt;Puis, recueillant le fruit tel que de l'âme il sort,&lt;br /&gt;Tout empreint du parfum des saintes solitudes,&lt;br /&gt;Jetons œuvre à la mer, la mer des multitudes:&lt;br /&gt;- Dieu la prendra du doigt pour la conduire au port.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;LES DESTINEES : LA BOUTEILLE A LA MER (1847)&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5176112033263683304?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5176112033263683304/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5176112033263683304' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5176112033263683304'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5176112033263683304'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-bouteille-la-mer-i-courage-faible.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5854060391945452877</id><published>2008-09-16T04:31:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T04:41:46.060-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Le Mont des Oliviers&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;I&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors il était nuit et Jésus marchait seul,&lt;br /&gt;Vêtu de blanc ainsi qu'un mort de son linceul ;&lt;br /&gt;Les disciples dormaient au pied de la colline.&lt;br /&gt;Parmi les oliviers qu'un vent sinistre incline&lt;br /&gt;Jésus marche à grands pas en frissonnant comme eux ;&lt;br /&gt;Triste jusqu'à la mort ; l'oeil sombre et ténébreux,&lt;br /&gt;Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robe&lt;br /&gt;Comme un voleur de nuit cachant ce qu'il dérobe ;&lt;br /&gt;Connaissant les rochers mieux qu'un sentier uni,&lt;br /&gt;Il s'arrête en un lieu nommé Gethsémani :&lt;br /&gt;Il se courbe, à genoux, le front contre la terre,&lt;br /&gt;Puis regarde le ciel en appelant : Mon Père !&lt;br /&gt;- Mais le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas.&lt;br /&gt;Il se lève étonné, marche encore à grands pas,&lt;br /&gt;Froissant les oliviers qui tremblent. Froide et lente&lt;br /&gt;Découle de sa tête une sueur sanglante.&lt;br /&gt;Il recule, il descend, il crie avec effroi :&lt;br /&gt;Ne pouviez-vous prier et veiller avec moi !&lt;br /&gt;Mais un sommeil de mort accable les apôtres,&lt;br /&gt;Pierre à la voix du maître est sourd comme les autres.&lt;br /&gt;Le fils de l'homme alors remonte lentement.&lt;br /&gt;Comme un pasteur d'Egypte il cherche au firmament&lt;br /&gt;Si l'Ange ne luit pas au fond de quelque étoile.&lt;br /&gt;Mais un nuage en deuil s'étend comme le voile&lt;br /&gt;D'une veuve et ses plis entourent le désert.&lt;br /&gt;Jésus, se rappelant ce qu'il avait souffert&lt;br /&gt;Depuis trente-trois ans, devint homme, et la crainte&lt;br /&gt;Serra son coeur mortel d'une invincible étreinte.&lt;br /&gt;Il eut froid. Vainement il appela trois fois :&lt;br /&gt;MON PÈRE ! - Le vent seul répondit à sa voix..&lt;br /&gt;Il tomba sur le sable assis et, dans sa peine,&lt;br /&gt;Eut sur le monde et l'homme une pensée humaine.&lt;br /&gt;- Et la Terre trembla, sentant la pesanteur&lt;br /&gt;Du Sauveur qui tombait aux pieds du créateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jésus disait : " 0 Père, encor laisse-moi vivre !&lt;br /&gt;Avant le dernier mot ne ferme pas mon livre !&lt;br /&gt;Ne sens-tu pas le monde et tout le genre humain&lt;br /&gt;Qui souffre avec ma chair et frémit dans ta main ?&lt;br /&gt;C'est que la Terre a peur de rester seule et veuve,&lt;br /&gt;Quand meurt celui qui dit une parole neuve ;&lt;br /&gt;Et que tu n'as laissé dans son sein desséché&lt;br /&gt;Tomber qu'un mot du ciel par ma bouche épanché.&lt;br /&gt;Mais ce mot est si pur, et sa douceur est telle,&lt;br /&gt;Qu'il a comme enivré la famille mortelle&lt;br /&gt;D'une goutte de vie et de Divinité,&lt;br /&gt;Lorsqu'en ouvrant les bras j'ai dit : FRATERNITE !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Père, oh ! si j'ai rempli mon douloureux message,&lt;br /&gt;Si j'ai caché le Dieu sous la face du Sage,&lt;br /&gt;Du Sacrifice humain si j'ai changé le prix,&lt;br /&gt;Pour l'offrande des corps recevant les esprits,&lt;br /&gt;Substituant partout aux choses le Symbole,&lt;br /&gt;La parole au combat, comme au trésor l'obole,&lt;br /&gt;Aux flots rouges du Sang les flots vermeils du vin,&lt;br /&gt;Aux membres de la chair le pain blanc sans levain ;&lt;br /&gt;Si j'ai coupé les temps en deux parts, l'une esclave&lt;br /&gt;Et l'autre libre ; - au nom du Passé que je lave&lt;br /&gt;Par le sang de mon corps qui souffre et va finir :&lt;br /&gt;Versons-en la moitié pour laver l'avenir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Père Libérateur ! jette aujourd'hui, d'avance,&lt;br /&gt;La moitié de ce Sang d'amour et d'innocence&lt;br /&gt;Sur la tête de ceux qui viendront en disant :&lt;br /&gt;"Il est permis pour tous de tuer l'innocent."&lt;br /&gt;Nous savons qu'il naîtra, dans le lointain des âges,&lt;br /&gt;Des dominateurs durs escortés de faux Sages&lt;br /&gt;Qui troubleront l'esprit de chaque nation&lt;br /&gt;En donnant un faux sens à ma rédemption.&lt;br /&gt;Hélas ! je parle encor que déjà ma parole&lt;br /&gt;Est tournée en poison dans chaque parabole ;&lt;br /&gt;Eloigne ce calice impur et plus amer&lt;br /&gt;Que le fiel, ou l'absinthe, ou les eaux de la mer.&lt;br /&gt;Les verges qui viendront, la couronne d'épine,&lt;br /&gt;Les clous des mains, la lance au fond de ma poitrine,&lt;br /&gt;Enfin toute la croix qui se dresse et m'attend,&lt;br /&gt;N'ont rien, mon Père, oh ! rien qui m'épouvante autant !&lt;br /&gt;- Quand les Dieux veulent bien s'abattre sur les mondes,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et n'y doivent laisser que des traces profondes,&lt;br /&gt;Et si j'ai mis le pied sur ce globe incomplet&lt;br /&gt;Dont le gémissement sans repos m'appelait,&lt;br /&gt;C'était pour y laisser deux anges à ma place&lt;br /&gt;De qui la race humaine aurait baisé la trace,&lt;br /&gt;La Certitude heureuse et l'Espoir confiant&lt;br /&gt;Qui dans le Paradis marchent en souriant.&lt;br /&gt;Mais je vais la quitter, cette indigente terre,&lt;br /&gt;N'ayant que soulevé ce manteau de misère&lt;br /&gt;Qui l'entoure à grands plis, drap lugubre et fatal,&lt;br /&gt;Que d'un bout tient le Doute et de l'autre le Mal.&lt;br /&gt;Mal et Doute ! En un mot je puis les mettre en poudre ;&lt;br /&gt;Vous les aviez prévus, laissez-moi vous absoudre&lt;br /&gt;De les avoir permis. - C'est l'accusation&lt;br /&gt;Qui pèse de partout sur la Création !&lt;br /&gt;- Sur son tombeau désert faisons monter Lazare.&lt;br /&gt;Du grand secret des morts qu'il ne soit plus avare&lt;br /&gt;Et de ce qu'il a vu donnons-lui souvenir,&lt;br /&gt;Qu'il parle. - Ce qui dure et ce qui doit finir ;&lt;br /&gt;Ce qu'a mis le Seigneur au coeur de la Nature,&lt;br /&gt;Ce qu'elle prend et donne à toute créature ;&lt;br /&gt;Quels sont, avec le Ciel, ses muets entretiens,&lt;br /&gt;Son amour ineffable et ses chastes liens ;&lt;br /&gt;Comment tout s'y détruit et tout s'y renouvelle&lt;br /&gt;Pourquoi ce qui s'y cache et ce qui s'y révèle ;&lt;br /&gt;Si les astres des cieux tour à tour éprouvés&lt;br /&gt;Sont comme celui-ci coupables et sauvés ;&lt;br /&gt;Si la Terre est pour eux ou s'ils sont pour la Terre ;&lt;br /&gt;Ce qu'a de vrai la fable et de clair le mystère,&lt;br /&gt;D'ignorant le savoir et de faux la raison ;&lt;br /&gt;Pourquoi l'âme est liée en sa faible prison ;&lt;br /&gt;Et pourquoi nul sentier entre deux larges voies,&lt;br /&gt;Entre l'ennui du calme et des paisibles joies&lt;br /&gt;Et la rage sans fin des vagues passions,&lt;br /&gt;Entre la Léthargie et les Convulsions ;&lt;br /&gt;Et pourquoi pend la Mort comme une sombre épée&lt;br /&gt;Attristant la Nature à tout moment frappée ;&lt;br /&gt;- Si le Juste et le Bien, si l'Injuste et le Mal&lt;br /&gt;Sont de vils accidents en un cercle fatal&lt;br /&gt;Ou si de l'univers ils sont les deux grands pôles,&lt;br /&gt;Soutenant Terre et Cieux sur leurs vastes épaules ;&lt;br /&gt;Et pourquoi les Esprits du Mal sont triomphants&lt;br /&gt;Des maux immérités, de la mort des enfants ;&lt;br /&gt;- Et si les Nations sont des femmes guidées&lt;br /&gt;Par les étoiles d'or des divines idées&lt;br /&gt;Ou de folles enfants sans lampes dans la nuit,&lt;br /&gt;Se heurtant et pleurant et que rien ne conduit ;&lt;br /&gt;- Et si, lorsque des temps l'horloge périssable&lt;br /&gt;Aura jusqu'au dernier versé ses grains de sable,&lt;br /&gt;Un regard de vos yeux, un cri de votre voix,&lt;br /&gt;Un soupir de mon coeur, un signe de ma croix,&lt;br /&gt;Pourra faire ouvrir l'ongle aux Peines Eternelles,&lt;br /&gt;Lâcher leur proie humaine et reployer leurs ailes ;&lt;br /&gt;- Tout sera révélé dés que l'homme saura&lt;br /&gt;De quels lieux il arrive et dans quels il ira. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;III&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi le divin fils parlait au divin Père.&lt;br /&gt;Il se prosterne encore, il attend, il espère,&lt;br /&gt;Mais il renonce et dit : Que votre Volonté&lt;br /&gt;Soit faite et non la mienne et pour l'Eternité.&lt;br /&gt;Une terreur profonde, une angoisse infinie&lt;br /&gt;Redoublent sa torture et sa lente agonie.&lt;br /&gt;Il regarde longtemps, longtemps cherche sans voir.&lt;br /&gt;Comme un marbre de deuil tout le ciel était noir.&lt;br /&gt;La Terre sans clartés, sans astre et sans aurore,&lt;br /&gt;Et sans clartés de l'âme ainsi qu'elle est encore,&lt;br /&gt;Frémissait. - Dans le bois il entendit des pas,&lt;br /&gt;Et puis il vit rôder la torche de Judas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il est vrai qu'au Jardin sacré des Ecritures,&lt;br /&gt;Le Fils de l'Homme ait dit ce qu'on voit rapporté ;&lt;br /&gt;Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,&lt;br /&gt;Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,&lt;br /&gt;Le juste opposera le dédain à l'absence&lt;br /&gt;Et ne répondra plus que par un froid silence&lt;br /&gt;Au silence éternel de la Divinité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alfred de VIGNY&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;LES DESTINEES : LE MONT DES OLIVIERS (1839-1843) &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5854060391945452877?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5854060391945452877/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5854060391945452877' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5854060391945452877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5854060391945452877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/le-mont-des-oliviers-i-alors-il-tait.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4451869947026994065</id><published>2008-09-16T04:25:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T04:41:02.243-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;La Maison du Berger&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;A Eva&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;I&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ton coeur, gémissant du poids de notre vie,&lt;br /&gt;Se traîne et se débat comme un aigle blessé,&lt;br /&gt;Portant comme le mien, sur son aile asservie,&lt;br /&gt;Tout un monde fatal, écrasant et glacé ;&lt;br /&gt;S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle,&lt;br /&gt;S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,&lt;br /&gt;Eclairer pour lui seul l'horizon effacé ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ton âme enchaînée, ainsi que l'est mon âme,&lt;br /&gt;Lasse de son boulet et de son pain amer,&lt;br /&gt;Sur sa galère en deuil laisse tomber la rame,&lt;br /&gt;Penche sa tête pâle et pleure sur la mer,&lt;br /&gt;Et, cherchant dans les flots une route inconnue,&lt;br /&gt;Y voit, en frissonnant, sur son épaule nue&lt;br /&gt;La lettre sociale écrite avec le fer ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ton corps frémissant des passions secrètes,&lt;br /&gt;S'indigne des regards, timide et palpitant ;&lt;br /&gt;S'il cherche à sa beauté de profondes retraites&lt;br /&gt;Pour la mieux dérober au profane insultant ;&lt;br /&gt;Si ta lèvre se sèche au poison des mensonges,&lt;br /&gt;Si ton beau front rougit de passer dans les songes&lt;br /&gt;D'un impur inconnu qui te voit et t'entend,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pars courageusement, laisse toutes les villes ;&lt;br /&gt;Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin&lt;br /&gt;Du haut de nos pensers vois les cités serviles&lt;br /&gt;Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.&lt;br /&gt;Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,&lt;br /&gt;Libres comme la mer autour des sombres îles.&lt;br /&gt;Marche à travers les champs une fleur à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Nature t'attend dans un silence austère ;&lt;br /&gt;L'herbe élève à tes pieds son nuage des soirs,&lt;br /&gt;Et le soupir d'adieu du soleil à la terre&lt;br /&gt;Balance les beaux lys comme des encensoirs.&lt;br /&gt;La forêt a voilé ses colonnes profondes,&lt;br /&gt;La montagne se cache, et sur les pâles ondes&lt;br /&gt;Le saule a suspendu ses chastes reposoirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le crépuscule ami s'endort dans la vallée,&lt;br /&gt;Sur l'herbe d'émeraude et sur l'or du gazon,&lt;br /&gt;Sous les timides joncs de la source isolée&lt;br /&gt;Et sous le bois rêveur qui tremble à l'horizon,&lt;br /&gt;Se balance en fuyant dans les grappes sauvages,&lt;br /&gt;Jette son manteau gris sur le bord des rivages,&lt;br /&gt;Et des fleurs de la nuit entrouvre la prison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est sur ma montagne une épaisse bruyère&lt;br /&gt;Où les pas du chasseur ont peine à se plonger,&lt;br /&gt;Qui plus haut que nos fronts lève sa tête altière,&lt;br /&gt;Et garde dans la nuit le pâtre et l'étranger.&lt;br /&gt;Viens y cacher l'amour et ta divine faute ;&lt;br /&gt;Si l'herbe est agitée ou n'est pas assez haute,&lt;br /&gt;J'y roulerai pour toi la Maison du Berger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle va doucement avec ses quatre roues,&lt;br /&gt;Son toit n'est pas plus haut que ton front et tes yeux&lt;br /&gt;La couleur du corail et celle de tes joues&lt;br /&gt;Teignent le char nocturne et ses muets essieux.&lt;br /&gt;Le seuil est parfumé, l'alcôve est large et sombre,&lt;br /&gt;Et là, parmi les fleurs, nous trouverons dans l'ombre,&lt;br /&gt;Pour nos cheveux unis, un lit silencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je verrai, si tu veux, les pays de la neige,&lt;br /&gt;Ceux où l'astre amoureux dévore et resplendit,&lt;br /&gt;Ceux que heurtent les vents, ceux que la mer assiège,&lt;br /&gt;Ceux où le pôle obscur sous sa glace est maudit.&lt;br /&gt;Nous suivrons du hasard la course vagabonde.&lt;br /&gt;Que m'importe le jour ? que m'importe le monde ?&lt;br /&gt;Je dirai qu'ils sont beaux quand tes yeux l'auront dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que Dieu guide à son but la vapeur foudroyante&lt;br /&gt;Sur le fer des chemins qui traversent les monts,&lt;br /&gt;Qu'un Ange soit debout sur sa forge bruyante,&lt;br /&gt;Quand elle va sous terre ou fait trembler les ponts&lt;br /&gt;Et, de ses dents de feu, dévorant ses chaudières,&lt;br /&gt;Transperce les cités et saute les rivières,&lt;br /&gt;Plus vite que le cerf dans l'ardeur de ses bonds&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, si l'Ange aux yeux bleus ne veille sur sa route,&lt;br /&gt;Et le glaive à la main ne plane et la défend,&lt;br /&gt;S'il n'a compté les coups du levier, s'il n'écoute&lt;br /&gt;Chaque tour de la roue en son cours triomphant,&lt;br /&gt;S'il n'a l'oeil sur les eaux et la main sur la braise&lt;br /&gt;Pour jeter en éclats la magique fournaise,&lt;br /&gt;Il suffira toujours du caillou d'un enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle,&lt;br /&gt;L'homme a monté trop tôt. Nul ne connaît encor&lt;br /&gt;Quels orages en lui porte ce rude aveugle,&lt;br /&gt;Et le gai voyageur lui livre son trésor,&lt;br /&gt;Son vieux père et ses fils, il les jette en otage&lt;br /&gt;Dans le ventre brûlant du taureau de Carthage,&lt;br /&gt;Qui les rejette en cendre aux pieds du Dieu de l'or.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faut triompher du temps et de l'espace,&lt;br /&gt;Arriver ou mourir. Les marchands sont jaloux.&lt;br /&gt;L'or pleut sous les chardons de la vapeur qui passe,&lt;br /&gt;Le moment et le but sont l'univers pour nous.&lt;br /&gt;Tous se sont dit : " Allons ! " Mais aucun n'est le maître&lt;br /&gt;Du dragon mugissant qu'un savant a fait naître ;&lt;br /&gt;Nous nous sommes joués à plus fort que nous tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien ! que tout circule et que les grandes causes&lt;br /&gt;Sur des ailes de feu lancent les actions,&lt;br /&gt;Pourvu qu'ouverts toujours aux généreuses choses,&lt;br /&gt;Les chemins du vendeur servent les passions.&lt;br /&gt;Béni soit le Commerce au hardi caducée,&lt;br /&gt;Si l'Amour que tourmente une sombre pensée&lt;br /&gt;Peut franchir en un jour deux grandes nations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, à moins qu'un ami menacé dans sa vie&lt;br /&gt;Ne jette, en appelant, le cri du désespoir,&lt;br /&gt;Ou qu'avec son clairon la France nous convie&lt;br /&gt;Aux fêtes du combat, aux luttes du savoir ;&lt;br /&gt;A moins qu'au lit de mort une mère éplorée&lt;br /&gt;Ne veuille encor poser sur sa race adorée&lt;br /&gt;Ces yeux tristes et doux qu'on ne doit plus revoir,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evitons ces chemins. - Leur voyage est sans grâces,&lt;br /&gt;Puisqu'il est aussi prompt, sur ses lignes de fer,&lt;br /&gt;Que la flèche lancée à travers les espaces&lt;br /&gt;Qui va de l'arc au but en faisant siffler l'air.&lt;br /&gt;Ainsi jetée au loin, l'humaine créature&lt;br /&gt;Ne respire et ne voit, dans toute la nature,&lt;br /&gt;Qu'un brouillard étouffant que traverse un éclair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n'entendra jamais piaffer sur une route&lt;br /&gt;Le pied vif du cheval sur les pavés en feu ;&lt;br /&gt;Adieu, voyages lents, bruits lointains qu'on écoute,&lt;br /&gt;Le rire du passant, les retards de l'essieu,&lt;br /&gt;Les détours imprévus des pentes variées,&lt;br /&gt;Un ami rencontré, les heures oubliées&lt;br /&gt;L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La distance et le temps sont vaincus. La science&lt;br /&gt;Trace autour de la terre un chemin triste et droit.&lt;br /&gt;Le Monde est rétréci par notre expérience&lt;br /&gt;Et l'équateur n'est plus qu'un anneau trop étroit.&lt;br /&gt;Plus de hasard. Chacun glissera sur sa ligne,&lt;br /&gt;Immobile au seul rang que le départ assigne,&lt;br /&gt;Plongé dans un calcul silencieux et froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais la Rêverie amoureuse et paisible&lt;br /&gt;N'y verra sans horreur son pied blanc attaché ;&lt;br /&gt;Car il faut que ses yeux sur chaque objet visible&lt;br /&gt;Versent un long regard, comme un fleuve épanché ;&lt;br /&gt;Qu'elle interroge tout avec inquiétude,&lt;br /&gt;Et, des secrets divins se faisant une étude,&lt;br /&gt;Marche, s'arrête et marche avec le col penché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;II&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poésie ! ô trésor ! perle de la pensée !&lt;br /&gt;Les tumultes du coeur, comme ceux de la mer,&lt;br /&gt;Ne sauraient empêcher ta robe nuancée&lt;br /&gt;D'amasser les couleurs qui doivent te former.&lt;br /&gt;Mais sitôt qu'il te voit briller sur un front mâle,&lt;br /&gt;Troublé de ta lueur mystérieuse et pâle,&lt;br /&gt;Le vulgaire effrayé commence à blasphémer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pur enthousiasme est craint des faibles âmes&lt;br /&gt;Qui ne sauraient porter son ardeur ni son poids.&lt;br /&gt;Pourquoi le fuir ? - La vie est double dans les flammes.&lt;br /&gt;D'autres flambeaux divins nous brûlent quelquefois :&lt;br /&gt;C'est le Soleil du ciel, c'est l'amour, c'est la Vie ;&lt;br /&gt;Mais qui de les éteindre a jamais eu l'envie ?&lt;br /&gt;Tout en les maudissant, on les chérit tous trois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Muse a mérité les insolents sourires&lt;br /&gt;Et les soupçons moqueurs qu'éveille son aspect.&lt;br /&gt;Dès que son oeil chercha le regard des Satyres,&lt;br /&gt;Sa parole trembla, son serment fut suspect,&lt;br /&gt;Il lui fut interdit d'enseigner la Sagesse.&lt;br /&gt;Au passant du chemin elle criait : Largesse !&lt;br /&gt;Le passant lui donna sans crainte et sans respect.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ! Fille sans pudeur ! Fille du Saint Orphée,&lt;br /&gt;Que n'as-tu conservé ta belle gravité !&lt;br /&gt;Tu n'irais pas ainsi, d'une voix étouffée,&lt;br /&gt;Chanter aux carrefours impurs de la cité,&lt;br /&gt;Tu n'aurais pas collé sur le coin de ta bouche&lt;br /&gt;Le coquet madrigal, piquant comme une mouche,&lt;br /&gt;Et, près de ton oeil bleu, l'équivoque effronté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu tombas dès l'enfance, et, dans la folle Grèce,&lt;br /&gt;Un vieillard, t'enivrant de son baiser jaloux,&lt;br /&gt;Releva le premier ta robe de prêtresse,&lt;br /&gt;Et, parmi les garçons, t'assit sur ses genoux.&lt;br /&gt;De ce baiser mordant ton front porte la trace ;&lt;br /&gt;Tu chantas en buvant dans les banquets d'Horace,&lt;br /&gt;Et Voltaire à la cour te traîna devant nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vestale aux feux éteints ! les hommes les plus graves&lt;br /&gt;Ne posent qu'à demi ta couronne à leur front ;&lt;br /&gt;Ils se croient arrêtés, marchant dans tes entraves,&lt;br /&gt;Et n'être que poète est pour eux un affront.&lt;br /&gt;Ils jettent leurs pensers aux vents de la tribune,&lt;br /&gt;Et ces vents, aveuglés comme l'est la Fortune,&lt;br /&gt;Les rouleront comme elle et les emporteront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont fiers et hautains dans leur fausse attitude ;&lt;br /&gt;Mais le sol tremble aux pieds de ces tribuns romains.&lt;br /&gt;Leurs discours passagers flattent avec étude&lt;br /&gt;La foule qui les presse et qui leur bat des mains&lt;br /&gt;Toujours renouvelé sous ses étroits portiques,&lt;br /&gt;Ce parterre ne jette aux acteurs politiques&lt;br /&gt;Que des fleurs sans parfums, souvent sans lendemains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont pour horizon leur salle de spectacle ;&lt;br /&gt;La chambre où ces élus donnent leurs faux combats&lt;br /&gt;Jette en vain, dans son temple, un incertain oracle,&lt;br /&gt;Le peuple entend de loin le bruit de leurs débats&lt;br /&gt;Mais il regarde encor le jeu des assemblées&lt;br /&gt;De l'oeil dont ses enfants et ses femmes troublées&lt;br /&gt;Voient le terrible essai des vapeurs aux cent bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ombrageux paysan gronde à voir qu'on dételle,&lt;br /&gt;Et que pour le scrutin on quitte le labour.&lt;br /&gt;Cependant le dédain de la chose immortelle&lt;br /&gt;Tient jusqu'au fond du coeur quelque avocat d'un jour.&lt;br /&gt;Lui qui doute de l'âme, il croit à ses paroles.&lt;br /&gt;Poésie, il se rit de tes graves symboles.&lt;br /&gt;Ô toi des vrais penseurs impérissable amour !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment se garderaient les profondes pensées&lt;br /&gt;Sans rassembler leurs feux dans ton diamant pur&lt;br /&gt;Qui conserve si bien leurs splendeurs condensées ?&lt;br /&gt;Ce fin miroir solide, étincelant et dur ;&lt;br /&gt;Reste des nations mortes, durable pierre ;&lt;br /&gt;Qu'on trouve sous ses pieds lorsque dans la poussière&lt;br /&gt;On cherche les cités sans en voir un seul mur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diamant sans rival, que tes feux illuminent&lt;br /&gt;Les pas lents et tardifs de l'humaine raison !&lt;br /&gt;Il faut, pour voir de loin les Peuples qui cheminent,&lt;br /&gt;Que le Berger t'enchâsse au toit de sa Maison.&lt;br /&gt;Le jour n'est pas levé. - Nous en sommes encore&lt;br /&gt;Au premier rayon blanc qui précède l'aurore&lt;br /&gt;Et dessine la terre aux bords de l'horizon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les peuples tout enfants à peine se découvrent&lt;br /&gt;Par-dessus les buissons nés pendant leur sommeil,&lt;br /&gt;Et leur main, à travers les ronces qu'ils entr'ouvrent,&lt;br /&gt;Met aux coups mutuels le premier appareil.&lt;br /&gt;La barbarie encor tient nos pieds dans sa gaîne.&lt;br /&gt;Le marbre des vieux temps jusqu'aux reins nous enchaîne,&lt;br /&gt;Et tout homme énergique au dieu Terme est pareil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais notre esprit rapide en mouvements abonde,&lt;br /&gt;Ouvrons tout l'arsenal de ses puissants ressorts.&lt;br /&gt;L'invisible est réel. Les âmes ont leur monde&lt;br /&gt;Où sont accumulés d'impalpables trésors.&lt;br /&gt;Le Seigneur contient tout dans m deux bras immenses,&lt;br /&gt;Son Verbe est le séjour de nos intelligences,&lt;br /&gt;Comme ici-bas l'espace est celui de nos corps.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;III&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eva, qui donc es-tu ? Sais-tu bien ta nature ?&lt;br /&gt;Sais-tu quel est ici ton but et ton devoir ?&lt;br /&gt;Sais-tu que, pour punit l'homme, sa créature,&lt;br /&gt;D'avoir porté la main sur l'arbre du savoir,&lt;br /&gt;Dieu permit qu'avant tout, de l'amour de soi-même&lt;br /&gt;En tout temps, à tout âge, il fît son bien suprême,&lt;br /&gt;Tourmenté de s'aimer, tourmenté de se voir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si Dieu près de lui t'a voulu mettre, ô femme !&lt;br /&gt;Compagne délicate ! Eva ! Sais-tu pourquoi ?&lt;br /&gt;C'est pour qu'il se regarde au miroir d'une autre âme,&lt;br /&gt;Qu'il entende ce chant qui ne vient que de toi&lt;br /&gt;- L'enthousiasme pur dans une voix suave. -&lt;br /&gt;C'est afin que tu sois son juge et son esclave&lt;br /&gt;Et règnes sur sa vie en vivant sous sa loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ta parole joyeuse a des mots despotiques ;&lt;br /&gt;Tes yeux sont si puissants, ton aspect est si fort,&lt;br /&gt;Que les rois d'Orient ont dit dans leurs cantiques&lt;br /&gt;Ton regard redoutable à l'égal de la mort ;&lt;br /&gt;Chacun cherche à fléchir tes jugements rapides...&lt;br /&gt;- Mais ton coeur, qui dément tes formes intrépides,&lt;br /&gt;Cède sans coup férir aux rudesses du sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ta Pensée a des bonds comme ceux des gazelles,&lt;br /&gt;Mais ne saurait marcher sans guide et sans appui.&lt;br /&gt;Le sol meurtrit ses pieds, l'air fatigue ses ailes,&lt;br /&gt;Son oeil se ferme au jour dès que le jour a lui ;&lt;br /&gt;Parfois sur les hauts lieux d'un seul élan posée,&lt;br /&gt;Troublée au bruit des vents, ta mobile pensée&lt;br /&gt;Ne peut seule y vérifier sans crainte et sans ennui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais aussi tu n'as rien de nos lâches prudences,&lt;br /&gt;Ton coeur vibre et résonne au cri de l'opprimé,&lt;br /&gt;Comme dans une église aux austères silences&lt;br /&gt;L'orgue entend un soupir et soupire alarmé.&lt;br /&gt;Tes paroles de feu meuvent les multitudes,&lt;br /&gt;Tes pleurs lavent l'injure et les ingratitudes,&lt;br /&gt;Tu poussin par le bras l'homme ; il se lève armé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est à toi qu'il convient d'Ouïr les grandes plaintes&lt;br /&gt;Que l'humanité triste exhale sourdement.&lt;br /&gt;Quand le coeur est gonflé d'indignations saintes,&lt;br /&gt;L'air des cités l'étouffe à chaque battement.&lt;br /&gt;Mais de loin les soupirs des tourmentes civiles,&lt;br /&gt;S'unissant au-dessus du charbon noir des villes,&lt;br /&gt;Ne forment qu'un grand mot qu'on entend clairement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viens donc ! le ciel pour moi n'est plus qu'une auréole&lt;br /&gt;Qui t'entoure d'azur, t'éclaire et te défend ;&lt;br /&gt;La montagne est ton temple et le bois sa coupole ;&lt;br /&gt;L'oiseau n'est sur la fleur balancé par le vent,&lt;br /&gt;Et la fleur ne parfume et l'oiseau ne soupire&lt;br /&gt;Que pour mieux enchanter l'air que ton sein respire ;&lt;br /&gt;La terre est le tapis de tes beaux pieds d'enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Éva, j'aimerai tout dans les choses créées,&lt;br /&gt;Je les contemplerai dans ton regard rêveur&lt;br /&gt;Qui partout répandra ses flammes colorées,&lt;br /&gt;Son repos gracieux, sa magique saveur :&lt;br /&gt;Sur mon coeur déchiré viens poser ta main pure,&lt;br /&gt;Ne me laisse jamais seul avec la Nature ;&lt;br /&gt;Car je la connais trop pour n'en pas avoir peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me dit : "Je suis l'impassible théâtre&lt;br /&gt;Que ne peut remuer le pied de ses acteurs ;&lt;br /&gt;Mes marches d'émeraude et mes parvis d'albâtre,&lt;br /&gt;Mes colonnes de marbre ont les dieux pour sculpteurs.&lt;br /&gt;Je n'entends ni vos cris ni vos soupirs ; à peine&lt;br /&gt;Je sens passer sur moi la comédie humaine&lt;br /&gt;Qui cherche en vain au ciel ses muets spectateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je roule avec dédain, sans voir et sans entendre,&lt;br /&gt;A côté des fourmis les populations ;&lt;br /&gt;Je ne distingue pas leur terrier de leur cendre,&lt;br /&gt;J'ignore en les portant les noms des nations.&lt;br /&gt;On me dit une mère et je suis une tombe.&lt;br /&gt;Mon hiver prend vos morts comme son hécatombe,&lt;br /&gt;Mon printemps ne sent pas vos adorations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Avant vous j'étais belle et toujours parfumée,&lt;br /&gt;J'abandonnais au vent mes cheveux tout entiers,&lt;br /&gt;Je suivais dans les cieux ma route accoutumée,&lt;br /&gt;Sur l'axe harmonieux des divins balanciers.&lt;br /&gt;Après vous, traversant l'espace où tout s'élance,&lt;br /&gt;J'irai seule et sereine, en un chaste silence&lt;br /&gt;Je fendrai l'air du front et de mes seins altiers."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là ce que me dit sa voix triste et superbe,&lt;br /&gt;Et dans mon coeur alors je la hais, et je vois&lt;br /&gt;Notre sang dans son onde et nos morts sous son herbe&lt;br /&gt;Nourrissant de leurs sucs la racine des bois.&lt;br /&gt;Et je dis à mes yeux qui lui trouvaient des charmes :&lt;br /&gt;"Ailleurs tous vos regards, ailleurs toutes vos larmes,&lt;br /&gt;Aimez ce que jamais on ne verra deux fois."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh ! qui verra deux fois ta grâce et ta tendresse,&lt;br /&gt;Ange doux et plaintif qui parle en soupirant ?&lt;br /&gt;Qui naîtra comme toi portant une caresse&lt;br /&gt;Dans chaque éclair tombé de ton regard mourant,&lt;br /&gt;Dans les balancements de ta tête penchée,&lt;br /&gt;Dans ta taille indolente et mollement couchée,&lt;br /&gt;Et dans ton pur sourire amoureux, et souffrant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivez, froide Nature, et revivez sans cesse&lt;br /&gt;Sous nos pieds, sur nos fronts, puisque c'est votre loi&lt;br /&gt;Vivez, et dédaignez, si vous êtes déesse,&lt;br /&gt;L'homme, humble passager, qui dut vous être un roi&lt;br /&gt;Plus que tout votre - règne et que ses splendeurs vaines,&lt;br /&gt;J'aime la majesté des souffrances humaines,&lt;br /&gt;Vous ne recevrez pas un cri d'amour de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente,&lt;br /&gt;Rêver sur mon épaule, en y posant ton front ?&lt;br /&gt;Viens du paisible seuil de la maison roulante&lt;br /&gt;Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront.&lt;br /&gt;Tous les tableaux humains qu'un Esprit pur m'apporte&lt;br /&gt;S'animeront pour toi, quand, devant notre porte,&lt;br /&gt;Les grands pays muets longuement s'étendront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous marcherons ainsi, ne laissant que notre ombre&lt;br /&gt;Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;&lt;br /&gt;Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre,&lt;br /&gt;Où tu te plais à suivre un chemin effacé,&lt;br /&gt;A rêver, appuyée aux branches incertaines,&lt;br /&gt;Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines,&lt;br /&gt;Ton amour taciturne et toujours menac&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alfred de VIGNY&lt;br /&gt;&lt;em&gt;LES DESTINEES : LA MAISON DU BERGER (1840-1844)&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4451869947026994065?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4451869947026994065/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4451869947026994065' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4451869947026994065'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4451869947026994065'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-maison-du-berger-eva-i-si-ton-coeur.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3979417453244128716</id><published>2008-09-16T04:13:00.001-07:00</published><updated>2008-09-16T04:13:49.905-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;La lune s'attristait...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs&lt;br /&gt;Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs&lt;br /&gt;Vaporeuses, tiraient de mourantes violes&lt;br /&gt;De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.&lt;br /&gt;C'était le jour béni de ton premier baiser.&lt;br /&gt;Ma songerie aimant à me martyriser&lt;br /&gt;S'enivrait savamment du parfum de tristesse&lt;br /&gt;Que même sans regret et sans déboire laisse&lt;br /&gt;La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.&lt;br /&gt;J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli&lt;br /&gt;Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue&lt;br /&gt;Et dans le soir, tu m'es en riant apparue&lt;br /&gt;Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté&lt;br /&gt;Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gaté&lt;br /&gt;Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées&lt;br /&gt;Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3979417453244128716?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3979417453244128716/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3979417453244128716' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3979417453244128716'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3979417453244128716'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-lune-sattristait.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3799457664705276504</id><published>2008-09-16T04:11:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T04:12:49.542-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Brise Marine&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.&lt;br /&gt;Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres&lt;br /&gt;D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !&lt;br /&gt;Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux&lt;br /&gt;Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe&lt;br /&gt;Ô nuits! ni la clarté déserte de ma lampe&lt;br /&gt;Sur le vide papier que la blancheur défend&lt;br /&gt;Et ni la jeune femme allaitant son enfant.&lt;br /&gt;Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,&lt;br /&gt;Lève l'ancre pour une exotique nature!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,&lt;br /&gt;Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !&lt;br /&gt;Et, peut-être, les mâts, invitant les orages&lt;br /&gt;Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages&lt;br /&gt;Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...&lt;br /&gt;Mais, Ô mon coeur, entends le chant des matelots !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Stéphane Mallarmé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3799457664705276504?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3799457664705276504/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3799457664705276504' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3799457664705276504'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3799457664705276504'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/brise-marine-la-chair-est-triste-hlas.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-8879602383600151341</id><published>2008-09-16T03:19:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T03:21:00.697-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Le cor&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime le son du cor, le soir au fond des bois,&lt;br /&gt;Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,&lt;br /&gt;Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille&lt;br /&gt;Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que de fois seul dans l'ombre à minuit demeuré,&lt;br /&gt;J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré!&lt;br /&gt;Car je croyais ouïr de ses bruits prophétiques&lt;br /&gt;qui précédaient la mort des paladins antiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O montagne d'azur! o pays adoré,&lt;br /&gt;Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,&lt;br /&gt;Cascades qui tombez des neiges entraînées;&lt;br /&gt;Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,&lt;br /&gt;Dont le front est de glace et le pied de gazon!&lt;br /&gt;C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre&lt;br /&gt;Les airs lointains d'un cor mélancolique et tendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,&lt;br /&gt;De cette voix d'airain fait retentir la nuit;&lt;br /&gt;A ses chants cadencés autour de lui se mêle&lt;br /&gt;L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une biche attentive, au lieu de se cacher,&lt;br /&gt;Se suspend immobile au milieu du rocher,&lt;br /&gt;Et la cascade unit dans une chute immense&lt;br /&gt;Son éternelle plainte aux chants de la romance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Âmes des chevaliers, revenez-vous encor?&lt;br /&gt;Est-ce vous qui parlez avec la voix du cor?&lt;br /&gt;Roncevaux! Roncevaux! dans ta sombre vallée,&lt;br /&gt;L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée?&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Alfred de Vigny&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-8879602383600151341?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/8879602383600151341/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=8879602383600151341' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8879602383600151341'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/8879602383600151341'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/le-cor-jaime-le-son-du-cor-le-soir-au.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5528286722268981261</id><published>2008-09-16T03:13:00.000-07:00</published><updated>2008-09-16T03:16:58.078-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;La mort du loup&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;I &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nuages couraient sur la lune enflammée&lt;br /&gt;Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,&lt;br /&gt;Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.&lt;br /&gt;Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,&lt;br /&gt;Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,&lt;br /&gt;Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,&lt;br /&gt;Nous avons aperçu les grands ongles marqués&lt;br /&gt;Par les loups voyageurs que nous avions traqués.&lt;br /&gt;Nous avons écouté, retenant notre haleine&lt;br /&gt;Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine&lt;br /&gt;Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement&lt;br /&gt;La girouette en deuil criait au firmament ;&lt;br /&gt;Car le vent élevé bien au dessus des terres,&lt;br /&gt;N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,&lt;br /&gt;Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,&lt;br /&gt;Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.&lt;br /&gt;Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,&lt;br /&gt;Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête&lt;br /&gt;A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,&lt;br /&gt;Lui que jamais ici on ne vit en défaut,&lt;br /&gt;A déclaré tout bas que ces marques récentes&lt;br /&gt;Annonçait la démarche et les griffes puissantes&lt;br /&gt;De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.&lt;br /&gt;Nous avons tous alors préparé nos couteaux,&lt;br /&gt;Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,&lt;br /&gt;Nous allions pas à pas en écartant les branches.&lt;br /&gt;Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,&lt;br /&gt;J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,&lt;br /&gt;Et je vois au delà quatre formes légères&lt;br /&gt;Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,&lt;br /&gt;Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,&lt;br /&gt;Quand le maître revient, les lévriers joyeux.&lt;br /&gt;Leur forme était semblable et semblable la danse ;&lt;br /&gt;Mais les enfants du loup se jouaient en silence,&lt;br /&gt;Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,&lt;br /&gt;Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.&lt;br /&gt;Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,&lt;br /&gt;Sa louve reposait comme celle de marbre&lt;br /&gt;Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus&lt;br /&gt;Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.&lt;br /&gt;Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées&lt;br /&gt;Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.&lt;br /&gt;Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,&lt;br /&gt;Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;&lt;br /&gt;Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,&lt;br /&gt;Du chien le plus hardi la gorge pantelante&lt;br /&gt;Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,&lt;br /&gt;Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair&lt;br /&gt;Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,&lt;br /&gt;Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,&lt;br /&gt;Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,&lt;br /&gt;Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.&lt;br /&gt;Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.&lt;br /&gt;Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,&lt;br /&gt;Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;&lt;br /&gt;Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.&lt;br /&gt;Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,&lt;br /&gt;Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,&lt;br /&gt;Et, sans daigner savoir comment il a péri,&lt;br /&gt;Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,&lt;br /&gt;Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre&lt;br /&gt;A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,&lt;br /&gt;Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,&lt;br /&gt;Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve&lt;br /&gt;Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;&lt;br /&gt;Mais son devoir était de les sauver, afin&lt;br /&gt;De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,&lt;br /&gt;A ne jamais entrer dans le pacte des villes&lt;br /&gt;Que l'homme a fait avec les animaux serviles&lt;br /&gt;Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,&lt;br /&gt;Les premiers possesseurs du bois et du rocher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,&lt;br /&gt;Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !&lt;br /&gt;Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,&lt;br /&gt;C'est vous qui le savez, sublimes animaux !&lt;br /&gt;A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse&lt;br /&gt;Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.&lt;br /&gt;- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,&lt;br /&gt;Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !&lt;br /&gt;Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,&lt;br /&gt;A force de rester studieuse et pensive,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté&lt;br /&gt;Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.&lt;br /&gt;Gémir, pleurer, prier est également lâche.&lt;br /&gt;Fais énergiquement ta longue et lourde tâche&lt;br /&gt;Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,&lt;br /&gt;Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)&lt;br /&gt;(Recueil : Les Destinées)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5528286722268981261?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5528286722268981261/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5528286722268981261' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5528286722268981261'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5528286722268981261'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-mort-du-loup-i-les-nuages-couraient.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4565849540983823841</id><published>2008-09-13T10:09:00.000-07:00</published><updated>2008-09-13T10:11:32.020-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Chant de Suzanne au bain&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'époux bien-aimé n'entends-je pas la voix ?&lt;br /&gt;Oui, pareil au chevreuil, le voici, je le vois.&lt;br /&gt;Il reparaît joyeux sur le haut des montagnes,&lt;br /&gt;Bondit sur la colline et passe les campagnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O fortifiez-moi ! mêlez des fruits aux fleurs !&lt;br /&gt;Car je languis d'amour et j'ai versé des pleurs.&lt;br /&gt;J'ai cherché dans les nuits, à l'aide de la flamme,&lt;br /&gt;Celui qui fait ma joie et que chérit mon âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O ! comment à ma couche est-il donc enlevé !&lt;br /&gt;Je l'ai cherché partout et ne l'ai pas trouvé.&lt;br /&gt;Mon époux est pour moi comme un collier de myrrhe ;&lt;br /&gt;Qu'il dorme sur mon sein, je l'aime et je l'admire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est blanc entre mille et brille le premier ;&lt;br /&gt;Ses cheveux sont pareils aux rameaux du palmier ;&lt;br /&gt;A l'ombre du palmier je me suis reposée,&lt;br /&gt;Et d'un nard précieux ma tête est arrosée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je préfère sa bouche aux grappes d'Engaddi,&lt;br /&gt;Qui tempèrent, dans l'or, le soleil de midi.&lt;br /&gt;Qu'à m'entourer d'amour son bras gauche s'apprête,&lt;br /&gt;Et que de sa main droite il soutienne ma tête !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand son cœur sur le mien bat dans un doux transport,&lt;br /&gt;Je me meurs, car l'amour est fort comme la mort.&lt;br /&gt;Si mes cheveux sont noirs, moi je suis blanche et belle,&lt;br /&gt;Et jamais à sa voix mon âme n'est rebelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que la sagesse est plus que la beauté,&lt;br /&gt;Je sais que le sourire est plein de vanité,&lt;br /&gt;Je sais la femme forte et veux suivre sa voie !&lt;br /&gt;" Elle a cherché la laine, et le lin, et la soie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Ses doigts ingénieux ont travaillé longtemps ;&lt;br /&gt;" Elle partage à tous et l'ouvrage et le temps ;&lt;br /&gt;" Ses fuseaux ont tissu la toile d'Idumée,&lt;br /&gt;" Le passant dans la nuit voit sa lampe allumée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Sa main est pleine d'or et s'ouvre à l'indigent ;&lt;br /&gt;" Elle a de la bonté le langage indulgent ;&lt;br /&gt;" Ses fils l'ont dite heureuse et de force douée,&lt;br /&gt;" Ils se sont levés tous, et tous ils l'ont louée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Sa bouche sourira lors de son dernier jour. "&lt;br /&gt;Lorsque j'ai dit ces mots, plein d'un nouvel amour,&lt;br /&gt;De ses bras parfumés mon époux m'environne,&lt;br /&gt;Il m'appelle sa sœur, sa gloire et sa couronne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Alfred de VIGNY (1797-1863)&lt;br /&gt;(Recueil : Autres poèmes) &lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4565849540983823841?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4565849540983823841/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4565849540983823841' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4565849540983823841'/><link rel='self' 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s'est levé devant mes yeux débiles,&lt;br /&gt;La lumière s'est faite et j'ai vu ses splendeurs ;&lt;br /&gt;J'ai compris nos destins par ces ombres mobiles&lt;br /&gt;Qui se peignaient en noir sur de vives couleurs.&lt;br /&gt;Ces feux, de ta pensée étaient les lueurs pures,&lt;br /&gt;Ces ombres, du passé les magiques figures,&lt;br /&gt;J'ai tressailli de joie en voyant nos grandeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc vrai que l'homme est monté par lui-même&lt;br /&gt;Jusqu'aux sommets glacés de sa vaste raison,&lt;br /&gt;Qu'il y peut vivre en paix sans plainte et sans blasphème,&lt;br /&gt;Et mesurer le monde et sonder l'horizon.&lt;br /&gt;Il sait que l'univers l'écrase et le dévore ;&lt;br /&gt;Plus grand que l'univers qu'il juge et qui l'ignore,&lt;br /&gt;Le Berger a lui-même éclairé sa maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;( Alfred de Vigny )&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-541972552560916990?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/541972552560916990/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=541972552560916990' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/541972552560916990'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/541972552560916990'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/lge-dor-de-lavenir-le-rideau-sest-lev.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1776818945046910627</id><published>2008-09-11T23:03:00.000-07:00</published><updated>2008-09-11T23:04:27.243-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;Calme intérieur&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est calme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant l'hiver&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au soir quand ma lampe s'allume&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À travers la fenêtre où on la voit courir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le tapis des mains qui dansent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une ombre au plafond se balance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On parle plus bas pour finir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au jardin les arbres sont morts&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le feu brille&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quelqu'un s'endort&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des lumières contre le mur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la terre une feuille glisse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit c'est le nouveau décor&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des drames sans témoin qui se passent dehors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;[Pierre Reverdy (1889-1959), Les ardoises du toit, 1918, in&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1776818945046910627?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1776818945046910627/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1776818945046910627' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1776818945046910627'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1776818945046910627'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/calme-intrieur-tout-est-calme-pendant.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-5542363530157113065</id><published>2008-09-11T22:59:00.000-07:00</published><updated>2008-09-11T23:00:41.345-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;La neige tombe&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La neige tombe&lt;br /&gt;Et le ciel gris&lt;br /&gt;Sur ma tête où le toit est pris&lt;br /&gt;La nuit&lt;br /&gt;Où ira l'ombre qui me suit&lt;br /&gt;À qui est-elle&lt;br /&gt;Une étoile ou une hirondelle&lt;br /&gt;Au coin de la fenêtre&lt;br /&gt;La lune&lt;br /&gt;Et une femme brune&lt;br /&gt;C'est là&lt;br /&gt;Quelqu'un passe et ne me voit pas&lt;br /&gt;Je regarde tourner la grille&lt;br /&gt;Et le feu presque éteint qui brille&lt;br /&gt;Pour moi seul&lt;br /&gt;Mais là où je m'en vais il fait un froid mortel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;[Pierre Reverdy (1889-1959), Poème, extrait de Sources du vent, 1929 (recueil composé à Solesmes)]&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-5542363530157113065?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/5542363530157113065/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=5542363530157113065' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5542363530157113065'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/5542363530157113065'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/la-neige-tombe-la-neige-tombe-et-le.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-4980521779818077929</id><published>2008-09-11T22:55:00.000-07:00</published><updated>2008-09-11T22:57:09.635-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;D'un autre ciel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que veux-tu que je devienne&lt;br /&gt;Je me sens mourir&lt;br /&gt;Secours-moi&lt;br /&gt;Ah Paris... le Pont Neuf&lt;br /&gt;Je reconnais la ville&lt;br /&gt;Un peu jouir&lt;br /&gt;Un peu pleurer&lt;br /&gt;Ma vie&lt;br /&gt;Est-ce vraiment la peine d'en parler&lt;br /&gt;Tout le monde en dirait autant&lt;br /&gt;Et comment voudriez-vous que l'on passât son temps&lt;br /&gt;Je pense à quelqu'autre paysage&lt;br /&gt;Un ami oublié me montre son visage&lt;br /&gt;Un lieu obscur&lt;br /&gt;Un ciel déteint&lt;br /&gt;Pays natal qui me revient tous les matins&lt;br /&gt;Le voyage fut long&lt;br /&gt;J'y laissai quelques plumes&lt;br /&gt;Et mes illusions tombèrent une à une&lt;br /&gt;Pourtant j'étais encore au milieu du printemps&lt;br /&gt;Presque un enfant&lt;br /&gt;J'avançais&lt;br /&gt;Un train bruyant me transportait&lt;br /&gt;Peu à peu j'oubliais la nature&lt;br /&gt;La gare était tout près&lt;br /&gt;On changeait de voiture&lt;br /&gt;Et sur le quai personne n'attendait&lt;br /&gt;La ville morte et squelettique&lt;br /&gt;Là-bas dresse ses hauts fourneaux&lt;br /&gt;Que vais-je devenir&lt;br /&gt;Quelqu'un touche mon front d'une ombre fantastique&lt;br /&gt;Une main&lt;br /&gt;Mais ce que j'ai cru voir c'est la fumée du train&lt;br /&gt;Je suis seul&lt;br /&gt;Oui tout seul&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne n'est venu me prendre par la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;(Pierre Reverdy)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-4980521779818077929?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/4980521779818077929/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=4980521779818077929' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4980521779818077929'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/4980521779818077929'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/dun-autre-ciel-que-veux-tu-que-je.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-1876189272323343327</id><published>2008-09-11T22:52:00.000-07:00</published><updated>2008-09-11T22:54:00.891-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Saint-Alban&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'eau dans les prés de la montagne&lt;br /&gt;Continue à nos pieds de chanter mollement&lt;br /&gt;Il fait frais le soir tombe et nous réunissons&lt;br /&gt;Nos yeux sur le chemin que nous savons par cœur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos jeunes amis nous attendent&lt;br /&gt;Il fait bon vivre à la campagne&lt;br /&gt;Nos feuilles vont regagner l'arbre&lt;br /&gt;Notre herbe retrouver la nuit de sa croissance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir il y aura des rires quelques larmes&lt;br /&gt;S'y mêleront l'amour baptisera la nuit&lt;br /&gt;De noms nouveaux à la couleur de nos corps nus&lt;br /&gt;Rose mettra son bonnet rouge&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blanche perdra son bonnet noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;(Paul Éluard)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-1876189272323343327?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/1876189272323343327/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=1876189272323343327' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1876189272323343327'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/1876189272323343327'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/saint-alban-leau-dans-les-prs-de-la.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5444632781013113709.post-3133450231599003473</id><published>2008-09-11T22:44:00.000-07:00</published><updated>2008-09-11T22:50:15.862-07:00</updated><title type='text'>Les mystères douloureux</title><content type='html'>... Le poète agonise. Il a soif, il a faim,&lt;br /&gt;sa passion lui tend du fiel et du vinaigre.&lt;br /&gt;Et les seuls fruits offerts au naufragé par Dieu,&lt;br /&gt;ce sont les fruits des cinq mystères douloureux :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Agonie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par le petit garçon qui meurt près de sa mère&lt;br /&gt;tandis que des enfants s'amusent au parterre,&lt;br /&gt;et par l'oiseau blessé, qui ne sait pas comment&lt;br /&gt;son aile tout-à-coup s'ensanglante et descend ;&lt;br /&gt;par la soif et la faim et le délire ardent :&lt;br /&gt;Je vous salue, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Flagellation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par les gosses battus,&lt;br /&gt;par l'ivrogne qui rentre,&lt;br /&gt;par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre,&lt;br /&gt;et par l'humiliation de l'innocent châtié ;&lt;br /&gt;par la vierge vendue qu'on a déshabillée,&lt;br /&gt;par le fils dont la mère a été insultée :&lt;br /&gt;Je vous salue, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Couronnement d'épines&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par le mendiant qui n'eut d'autre couronne&lt;br /&gt;que le vol des frelons, amis des vergers jaunes ;&lt;br /&gt;et d'autre sceptre qu'un bâton contre les chiens ;&lt;br /&gt;par le poète dont saigne le front qui est ceint&lt;br /&gt;des ronces des désirs que jamais il n'atteint :&lt;br /&gt;Je vous salue, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Portement de croix&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids&lt;br /&gt;s'écrie : "Mon Dieu !" ; par le malheureux dont les bras&lt;br /&gt;ne purent s'appuyer sur une amour humaine ;&lt;br /&gt;comme la croix du Fils sur Simon de Cyrène&lt;br /&gt;par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne :&lt;br /&gt;Je vous salue, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Crucifiement&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par les quatre horizons qui crucifient le monde,&lt;br /&gt;par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,&lt;br /&gt;par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains ;&lt;br /&gt;par le malade que l'on opère et qui geint,&lt;br /&gt;et par le juste mis au rang des assassins :&lt;br /&gt;Je vous salue, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;Ajout G. Brassens :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Par la mère apprenant que son fils est guéri,&lt;br /&gt;par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid,&lt;br /&gt;par l'herbe qui a soif, et recueille l'ondée ;&lt;br /&gt;par le baiser perdu, par l'amour redonné,&lt;br /&gt;et par le mendiant retrouvant sa monnaie :&lt;br /&gt;Je vous salue, Marie.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;Francis Jammes,&lt;/span&gt; extrait de l'Eglise habillée de feuilles, 1905).&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5444632781013113709-3133450231599003473?l=toppoemazadunifr.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/feeds/3133450231599003473/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5444632781013113709&amp;postID=3133450231599003473' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3133450231599003473'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5444632781013113709/posts/default/3133450231599003473'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toppoemazadunifr.blogspot.com/2008/09/les-mystres-douloureux.html' title='Les mystères douloureux'/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
